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Poésie

Posts Tagged ‘gourmand’

Digitale (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Illustration
    
Digitale

Ses longs épis
pourpres
tubulaires
s’ouvrent
à l’insecte gourmand.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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À mains gourmandes (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



    

À mains gourmandes, coeur comblé.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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L’irréparable (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



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L’irréparable

Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s’agite et se tortille,
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille ?
Pouvons-nous étouffer l’implacable Remords ?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,
Noierons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi ?
Dans quel philtre ? – dans quel vin ? – dans quelle tisane ?

Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais,
A cet esprit comblé d’angoisse
Et pareil au mourant qu’écrasent les blessés,
Que le sabot du cheval froisse,
Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais,

A cet agonisant que le loup déjà flaire
Et que surveille le corbeau,
A ce soldat brisé ! s’il faut qu’il désespère
D’avoir sa croix et son tombeau ;
Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire !

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres ?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ?

L’Espérance qui brille aux carreaux de l’Auberge
Est soufflée, est morte à jamais !
Sans lune et sans rayons, trouver où l’on héberge
Les martyrs d’un chemin mauvais !
Le Diable a tout éteint aux carreaux de l’Auberge !

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?
Dis, connais-tu l’irrémissible ?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre coeur sert de cible ?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?

L’Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, piteux monument,
Et souvent il attaque, ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L’Irréparable ronge avec sa dent maudite !

– J’ai vu parfois, au fond d’un théâtre banal
Qu’enflammait l’orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore ;
J’ai vu parfois au fond d’un théâtre banal

Un être, qui n’était que lumière, or et gaze,
Terrasser l’énorme Satan ;
Mais mon coeur, que jamais ne visite l’extase,
Est un théâtre où l’on attend
Toujours, toujours en vain, l’Être aux ailes de gaze !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Salvador Dali

 

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À SEXTE (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



    

À SEXTE
Je suis à toi. Sauve-moi.
Ps. 118-94. (Office de Sexte.)

Hélas ! hélas ! je suis dans le trouble verger
Où les fleurs et les fruits m’entourent de danger.
Les oiseaux sont muets, les arbres n’ont pas d’ombre,
Des crapauds haletants se collent au puits sombre.

Je tourne dans le cercle enflammé des iris.
Hélas ! dans le soleil ma chair brûle et les lis
De leur bouquet pesant d’essences déréglées
Me provoquent sans fin tout le long des allées.

Sans fin à chaque bord des sentiers continus
Des oeillets jaillissants agacent mes pieds nus
Et les roses d’hier trop vite épanouies
Se renversent pâmant sur mes mains éblouies.

Et ce jardin d’embûche où je vais sans secours
Est plein de vigne folle et de cerisiers lourds,
De seringas ardents d’où s’échappent des fièvres
Et de framboises aussi douces que des lèvres.

Et je voudrais manger à la branche qui pend,
À pleine bouche ainsi qu’un animal gourmand,
Les cerises, sang mûr, d’une avide sucée,
Ivre et de vermillon la face éclaboussée ;

Je voudrais arracher aux rosiers palpitants,
Comme on plume un oiseau sans y mettre le temps,
À pleine main leurs pétales et, la main pleine,
Les écraser sur ma poitrine hors d’haleine ;

Je voudrais me rouler sur la terre au sein chaud,
Les yeux brouillés d’azur éclatant, vaste, haut ;
Je voudrais… qui m’allume ainsi qu’une fournaise ?…
Des femmes au cou nu s’en vont cueillir la fraise…

Alarme ! éveille-toi, pauvre moine engourdi !
C’est le vieux guet-apens du démon de Midi.
Fuis sans rouvrir les yeux, fuis, piétine la vie
Qui voudrait être et ne doit pas être assouvie.

Fuis ! Mais où fuir ? Où donc ? Où ? J’ai les pieds trop las.
Où donc ?… La mauvaise herbe est haute sous mes pas,
Derrière et devant moi partout la Bête rôde
Sous les fleurs, sur le ciel, dans la broussaille chaude,

Et je sens, comme un fruit où chemine le ver,
Un serpent doux et chaud qui me suce la chair
Et chaque battement de mon coeur me torture…
Par où t’échapperai je, ô maudite Nature ?

Quelle verge d’épine ou quels charbons ardents
Me guérira du mal dont je grince les dents ?
Quel fouet aux noeuds de plomb, quelle source glacée
Me guérira du mal que j’ai dans la pensée ?

Faut-il me laisser choir à mon dam entraîné,
Comme un oiseau par un reptile fasciné
Ou me débattre encor bien qu’à bout de courage ?…
Mais Seigneur, c’est à Vous de faire votre ouvrage.

Je suis votre brebis, Vous êtes mon berger.
Comme un agneau perdu me laisserez-vous manger ?
À l’aide ! Poursuivez ce loup qui me menace,
Courez et jetez-lui des pierres à la face ;

Car si vous me laissiez périr à l’abandon,
Ce Vous serait, Seigneur, un bien piteux renom
De mauvais pâtre et pour le soin de votre gloire
À personne, ô mon Dieu, ne le donnez à croire.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA GEÔLIÈRE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration
    
LA GEÔLIÈRE

« Je suis le méchant garde-chiourme
qui des braves gens est honni
je suis gourmand, je suis gourmet
de la douleur des prisonniers.

-Je suis l’indulgent garde-chiourme
ces garçons-là… des assassins ?
Non ! des jeunes qui jettent leur gourme
ou des tempéraments malsains! »

Mais toi, que je tiens en volière
ma juge, amante et vraie geôlière
m’aimes-tu blanc, m’aimes-tu vert ?
(Oeil, avant-garde de l’enfer,
m’aimes-tu pour son goût pervers ?
Ou seulement pour te distraire ?

(Max Jacob)

 

Recueil: Actualités éternelles
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le crépuscule est doux (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017




    
Le crépuscule est doux
à celle qui attend
à travers le grillage
le bonheur de deux yeux.

Et voici qu’ils s’en viennent.

Elle sent son parfum
glisser ses fleurs en elle,
s’épanouir au coeur
la grande rose charnelle.

Et son baiser est loin
qu’il peut donner à d’autres,
à toutes les passantes, vacarme de la rue,
qui sont tentées d’amour par sa blondeur d’avoine.
A peine si son doigt
peut toucher ce soleil,
mais son regard avide
languit sur cette peau,
plus difficile à prendre
qu’une image au miroir,
ô ce lointain reflet
dont elle est amoureuse,
ce tournoi de lumières
qui vient pour l’aveugler !

Il voit à sa fenêtre
la pâle suppliciée
et lui dédie son coeur
dont il n’a rien écrit.

Puis il va dans sa vie.
gourmand de belles lèvres,
mordre un sang qui soit libre,

et la nuit tombe en elle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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A pleine main à pleine bouche (Patricia Cottron-Daubigné)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



 

mures

A pleine main à pleine bouche
comme on mange les plaisirs gourmands
sur un chemin buissonnier, des fruits rouges,
avec des aubépines leur éclat dans le retour nouveau des jours
on mêle les saisons
tout se gorge de salive
qui coule dans les mots
ô les mots comme les beaux jours
ça fait le corps plus grand
et de grands repos dedans.

(Patricia Cottron-Daubigné)

Illustration

 

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Les noisettes (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2016



Les noisettes

Trois noisettes dans le bois
Tout au bout d’une brindille
Dansaient la capucine vivement au vent
En virant ainsi que filles De roi.
Un escargot vint à passer :
« Mon beau monsieur, emmenez-moi
Dans votre carrosse,
Je serai votre fiancée »
Disaient-elles toutes trois.

Mais le vieux sire sourd et fatigué,
Le sire aux quatre cornes sous les feuilles
Ne s’est point arrêté,
Et, c’est l’ogre de la forêt, je crois,
C’est le jeune ogre rouge, gourmand et fûté,
Monseigneur l’écureuil,
Qui les a croquées

(Tristan Klingsor)

 

 

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LE FEU (Gilberte Garrigue)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2015



LE FEU

Feu de papier
Je jette l’encrier.
Feu de paille
Plus de semailles.
Feu de sarments
Passe mon tourment.
Voici mes mains
Beau feu gourmand,
Emmène-moi dans ton jardin
Je cueillerai la rose et le jasmin
Près de l’eau claire de ta fontaine,
Et doucement sur mon rêve serein
Tu jetteras tes pétales de satin
Et tu m’enflammeras jusqu’au matin.

(Gilberte Garrigue)

 

 

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Je suis gourmand de toi (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015


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Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Acide et sucre
Ma truite vive
Qu’on croque crue
Ma chair chaude
Pulpe et sang

Je suis gourmand de toi
Hanche de colline mûre
Bouche de ruisseau gorgé
Ventre de fauve repus

Je suis gourmand de toi
Printemps fondant
Eté croquant
Automne pulpeux
Hiver savoureux

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Ma truite vive
Ma chair chaude

Par delà toute aurore
Par delà toute vie
Je suis gourmand de toi
De toi

(anonyme eskimo)

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