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Poésie

Posts Tagged ‘gourmandise’

AU BONHEUR DU JOUR (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
AU BONHEUR DU JOUR

Doyenne de gourmandise
je vous laissais parler
votre sourire était sucré

Mais votre arbre était si loin
si ténébreux sans entaille
qu’il déchaînait autour de nous
les marronniers bleus du désir

J’étais chaste en ce temps de grives
je mettais si haut l’amour
comment m’auriez-vous choisi
moi qui n’étais que plaie vive

Vous êtes partie
vous avez semé
des chardons épais

Et le soleil a jauni.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Crépuscule au bord des fenêtres (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
Crépuscule au bord
des fenêtres, fleurs
fidèles, corolles
chaleureuses, puis la nuit

avec ses légendes, ses
miroirs sous l’obscurité,
la nuit refermée sur
les gestes humains,

la nuit paisible — et
la gourmandise du silence
lorsqu’un chat, avec
sa tiédeur, se glisse
contre toi pour
réparer le monde.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le parfum (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le parfum

Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d’encens qui remplit une église,
Ou d’un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l’amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l’alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

(Charles Baudelaire)

 

 

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On peut rire (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Illustration: Raphaelle Zecchiero
    
on peut rire au bord
de ce qui nous manque
aimer l’heure creuse

caresser la porte
qui donne sur rien
la vie est si lente

pas de détriment
pas de réticences
mais la gourmandise

à quoi bon le doute
l’air toujours nouveau
pousse la fenêtre

la peau qui désire
fait tomber déjà
toutes les ceintures

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Vers qui va notre désir ? (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    

Vers qui va notre désir ?

Vers celles qui, en écartant leurs cuisses
vont créer un évènement.

Soit qu’elles révèleront une gourmandise cachée,
soit que l’intimité rendra moins distante leur beauté ou,
au contraire, plus étrangère leur camaraderie.

Peu de mystère, rien que ce télescopage du connu et du voilé;
mais avec tout l’éclat de deux transparences soudain confrontées.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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LE GOINFRE D’AMOUR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Gérard de Lairesse
    
LE GOINFRE D’AMOUR

Non, non, l’amour vivant, quoi que toi-même en dises,
N’est pas un délicat épris de gourmandises
Qui grignote du bout des dents, plein de dégoûts,
Réglant son estomac, buvant à petits coups,

Craignant les larges plats et la grande rasade,
Et restant sur sa faim pour n’être pas malade.
C’est un goinfre attablé qui, plus que de raison
Enivré de vin pur, gavé de venaison,

Ote le ceinturon qui lui gêne la taille
Et, sans peur d’avoir mal au ventre, fait ripaille.
Il ne sait si demain sera jour de gala
Et veut manger de tout pendant que tout est là.

[…]

Affamés et grinçant des dents comme les loups.
Vous aurez des remords, et vous serez jaloux
De ceux qui se seront gaîment garni la panse.
Mais vous aurez beau faire et vous mettre en dépense,
Et chercher autre part un semblable repas ;
Ces beaux festins d’amour ne se retrouvent pas.

[…]

A la table divine où l’on doit manger vite
La jeunesse prodigue en passant vous invite.
Il faut mettre à profit cet hôte hasardeux,
Qui reçoit une fois les gens, mais jamais deux.

Maîtresse, c’est pourquoi je bois à perdre haleine,
Pourquoi je veux avoir toujours la bouche pleine,
Pourquoi mes appétits, sans paraître apaisés,
Font si large bombance au banquet des baisers.

(Jean Richepin)

 

 

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Même en hiver (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits – seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.

C’était dans les Aurès…

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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L’enfer est à nos trousses (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



 

Fidel Garcia  10411

L’enfer est à nos trousses

L’enfer nous poursuit chacun tous les jours.
Même le prêtre le plus saint a l’enfer à ses trousses.

La colère nous mord les talons.
La paresse est pareille à du plomb sur les mains.

La gourmandise nous griffe l’estomac.
L’orgueil est pareil à de l’air dans la tête.

La luxure palpite dans les entrailles.
La haine est pareille à de l’eau de mer dans les poumons.

On ne peut échapper à l’enfer en fuyant.
L’amour seul peut le tuer.

(Pensées celtiques)

Illustration: Fidel Garcia

 

 

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Dès l’aube la pluie (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Dès l’aube la pluie sa lenteur
ronronnante sur les toits
qui gardent encore un peu de lune

Les notes graves d’une gouttière
Le ciel bas pendu aux grilles

Obstinée et secrète
la gourmandise des herbes

(Georges Bonnet)

 

 

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Ta gorge a l’éclat de la mer (Théodore Hannon)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Ta gorge a l’éclat de la mer :
Tes seins forment la blanche houle
Où ma tête ardente se roule
Et vient noyer le spleen amer.

Toi dont la pulpe épanouie
Dans une insolente santé
Vient offrir son régal vanté
À ma gourmandise éblouie,

Je t’aime d’une passion
Où le cœur n’a point sa réplique,
Et d’un culte que ne complique
Nulle idéalisation.

J’aime en toi la seule matière :
Le parfum, le son, la couleur,
Le rythme, la forme en sa fleur,
Voilà ma passion entière !

(Théodore Hannon)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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