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Poésie

Posts Tagged ‘goutte’

Larme du Christ (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    

Larme du Christ, enfermée en une pierre précieuse dans la cathédrale de Vendôme :

Cette bizarrerie ne fera rire que ceux qui n’ont jamais pleuré de beauté,
de reconnaissance et de ferveur.

Les mystiques qui ont connu la grâce des larmes,
les amants qui s’étreignent en pleurant
et tous ceux qui ont le cœur endeuillé
savent bien que ces gouttes d’eau apparemment banales
recèlent le plus précieux d’une existence humaine
parce que c’est une eau d’amour.

Si « tout coule » comme l’assurait le philosophe d’Ephèse,
rien ne demeure stable,
mais seul survit ce qui se joint au flot,
ce qui se baigne dans le fleuve jusqu’à s’y fondre.

Il reste à se faire larme pour devenir océan.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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LA PLUIE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




LA PLUIE

Le nuage court ventre à terre
la goutte d’eau fait l’équerre

(Raymond Queneau)

Illustration

 

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Une ombre, une rose (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017


danse_bretonne

 

Goutte de crapaud sanglote
Des étoiles plein les toits.
Comme lui, donne ta note
Sans jamais forcer la voix.

Et sauve une ombre, une rose,
La caresse d’un tambour,
Les plaines noyées de songe,
Les danses du temps jadis.

(Maurice Fombeure)

Illustration

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Lèvres (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Oui, des lèvres aussi, des lèvres savoureuses,
Mais d’une chair plus tendre et plus fragile encor,
Des rêves de chair rose à l’ombre des poils d’or
Qui palpitent légers sous les mains amoureuses.

Des fleurs aussi, des fleurs molles,
des fleurs de nuit,
Pétales délicats alourdis de rosée
Qui fléchissent, pliés sur la fleur épuisée
Et pleurent le désir, goutte à goutte, sans bruit.

Ô lèvres, versez-moi les divines salives,
La volupté du sang, la chaleur des gencives
Et les frémissements enflammés du baiser !

Ô fleurs troublantes, fleurs mystiques,
fleurs divines,
Balancez vers mon cœur, sans jamais l’apaiser,
L’encens mystérieux des senteurs féminines !

(Pierre Louÿs)


Illustration

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Aimée (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




Illustration: Josephine Wall
    
aimée

moissonne la coulée en toi

aimée d’un plus-que-souffle
la veine bat sur l’aurore

c’est toi-même à fleur de soi

à l’envers dans le temps
à l’envers dans le blanc

aimée d’un toujours-ciel

disparue sitôt surgie
disparue

ouvre le visage
qui meurt de vie
qui meurt de nuit

stations du lointain souffert
tes mains s’offrent

pour trouver
les pierres de monde

aimée
projette l’ombre
du paradis

où finit le ciel
c’est ta prière qui voit
c’est ton bleu
qui se noie

aimée
tu pleus toute parole
en gouttes de nuit

quelque chose
on ne sait où
sans répit sans repos
dans la pulpe du je t’aime

aimée de pur désert noir
ta nuit vient
plus vive que neige

meurs l’oubli
tiens la foudre
en haleine

laisse le temps
s’effondrer
dans ta blessure

aimée
moissonne le monde en nous

éveille les noms
qui s’agrippent aux étoiles
au feu qui forge la joie

l’ébloui n’est pas oubli
la chute tremble de vie

enroulée
dans la signature du vide
en attente pure

nul fond nulle fin
quand saigne la présence

(Zéno Bianu)

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Une voix (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017


 


 

Temple_de_l'Amour_sur_Île_de_la_Jatte

Une voix

Un signal une voix opiacée
tombes
sans fleurs.
J’ai touché le fer noir
et l’acier
des carrosses aux chevaux
suspendus.
Paris ne se réveille pas
de cette nuit
où je t’ai attendu…
enchaîné à des gouttes de pluie
suspendu à l’oeil fixe
d’un pigeon.

(Balbino)

 

 

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A la lumière de l’éclair (Reizei Tamehide)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017




    
à la lumière
de l’éclair
qui peu demeure
j’ai compté le nombre
des gouttes de pluie sur les feuilles

(Reizei Tamehide)

 

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Comptine (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    

Comptine
(Voix d’enfant; zézaiement recommandé.)

J’avais une vache
elle est au salon

j’avais une rose
elle est en chemise
et en pantalon

j’avais un cheval
il cuit dans la soupe
dans le court-bouillon

j’avais une lampe
le ciel me l’a prise
pour les nuits sans lune

j’avais un soleil
il n’a plus de feu
je n’y vois plus goutte
je cherche ma route
comme un malheureux.

(Jean Tardieu)

 

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Dans son silence (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



dans son silence

comme du temps mis de côté
deux gouttes d’eau
persistent sur la vitre
soutenant le regard d’un enfant
parti déjà très loin
dans son silence
vers un monde plus spacieux

(Hédi Kaddour)

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Dans la nuit du coeur (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




Dans la nuit du coeur
la lente goutte de ton nom
glisse et tombe et brise et déploie
en silence son eau.

Légère sa blessure exige quelque chose
et sa déférence courte et infinie,
comme le pas d’un être qui s’égare
soudain entendu.

Soudain, soudain perçu
et dans le coeur répandu
avec l’insistance triste et le déploiement
d’un rêve froid d’automne.

La roue épaisse de la terre
fait rouler sa jante humide d’oubli
coupant le temps
en d’inaccessibles moitiés.

Ses dures voûtes couvrent ton âme
répandue dans la terre froide
avec ses pauvres étincelles bleues
volant dans la voix de la pluie.

(Pablo Neruda)

 

 

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