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Posts Tagged ‘gouverner’

RONDEAU DU MOI SECRET (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Fanny Verne
    
RONDEAU DU MOI SECRET

For de mon for, tréfonds le plus intime
De mon bas être à l’erreur condamné,
Secrètement t’habite un Moi sublime,
Clos au dehors, du dedans gouverné.
Indifférente aux intérêts du monde,
Sans vanité, sans soif de chair ni d’or,
Ainsi tiens-tu ma Personne Seconde,
For de mon for.

Pour quel haut fait, quelle oeuvre magnanime
Ce Moi de Moi dans ton antre est-il né?
Pilier du ciel, rédimeur du vieux crime,
Quel abdal est-ce, ou Christ prédestiné
Tel du magnan sous la quenouille blonde
Le papillon qui vit sans aile encor,
Prêt à briser sa coquille féconde,
For de mon for,

Ainsi végète, ainsi déjà s’anime
Dans ton cocon de soie environné,
Le grain vivant, la chrysalide infime
De l’ange immense en ma chair confiné.
Mais, de l’abîme où n’atteint point la sonde,
Pour prendre aux cieux un droit et libre essor,
Comment sortir de ta geôle profonde,
For de mon for

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Les gardiens (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



Que sagement le rectangle
gouverne nos villes
et nos vies

qu’il protège nos songes
des cercles où s’égare
le ciel

aux courbes appartiennent
nos épouses et c’est bien

dehors les gardiens
du gel pur de nos pensées

arpentent aveuglés
les terrasses de nos sens

(Werner Lambersy)


Illustration

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La beauté du feuillage amer (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020




La beauté du feuillage amer
et des oiseaux à gorge rouge
devant les mots humains
que gouvernait une syntaxe éprouvée
resplendissait.

(Jean Follain)

 

 

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Tous, frêle roi, oblique fou, ou bien reine (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020




    
Tous, frêle roi, oblique fou, ou bien reine
Opiniâtre, tour verticale et pions madrés,
Sur le parcours en noir et blanc de leur chemin
Recherchent et livrent une bataille rangée.

Ils ne savent pas que la singulière main
Du joueur qui les tient gouverne leur destin,
Ils ne savent pas qu’une rigueur de diamant
Asservit leur vouloir mais aussi leur parcours.
Le joueur, à son tour, se trouve prisonnier
(D’Omar est la sentence) d’un tout autre échiquier
Bâti de noires nuits et de blanches journées.

Dieu pousse le joueur et le joueur la pièce.
Quel dieu, derrière Dieu, débute cette trame
De poussière et de temps, de rêve et d’agonies ?

(Jorge Luis Borges)

 

Recueil: Les échecs
Traduction:
Editions: Seuil

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Je naquis au bord d’une mer (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Je naquis au bord d’une mer dont la couleur passe
En douceur le saphir oriental. Des lys
Y poussent dans le sable, ah, n’est-ce ta face
Triste, les pâles lys de la mer natale ;

N’est-ce ton corps délié, la tige allongée
Des lys de la mer natale !

Ô amour, tu n’eusses souffert qu’un désir joyeux
Nous gouvernât; ah, n’est-ce tes yeux,
Le tremblement de la mer natale !

(Jean Moréas)

 

 

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D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J’éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi je suis vivant.

Demi désespéré je jure en me levant
D’arracher cet objet à mon âme insensée,
Et soudain de ses voeux ma raison offensée
Se dédit et me laisse aussi fol que devant.

Je sais bien que la mort suit de près ma folie,
Mais je vois tant d’appas en ma mélancolie
Que mon esprit ne peut souffrir sa guérison.

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme,
Mytridate autrefois a vécu de poison,
Les Lestrigons de sang, et moi je vis de flamme.

(Théophile de Viau)

Illustration

 

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ATTENTE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
ATTENTE

Tu restes toujours présent
À la lisière de mes chants,
Mes mélodies sont à Tes pieds
Sans que je puisse T’atteindre.
Le vent supplie avec insistance :
« Ne laisse pas ton rafiot amarré ! »
Gouverne vite pour parvenir
Au centre de mon cœur.

Avec Toi le jeu de mes chants
Est un jeu venant de loin,
Sa flûte émet des notes chagrines
Tout le long du jour.
T’emparant de ma flûte donc, quand voudras-tu
La remplir de Ton souffle,
Dans la dense obscurité
Par une nuit joyeuse et muette ?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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LA PAIX RÈGNE DANS L’ÉTRAVE BOUILLONNANTE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



LA PAIX RÈGNE DANS L’ÉTRAVE BOUILLONNANTE

Un matin d’hiver, je sentis combien cette terre
avance en roulant. Un souffle d’air
venu des tréfonds crépitait
aux murs de la maison.

Baignée par le mouvement : la tente du silence.
Et le gouvernail secret d’une nuée d’oiseaux migrateurs.
Le trémolo des instruments
cachés montait

de l’ombre de l’hiver. Comme lorsque nous voici
sous le grand tilleul de l’été, avec le vrombissement
de dizaines de milliers
d’ailes d’insectes au-dessus de nous.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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UNE FEMME A SON AMANT (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
UNE FEMME A SON AMANT

Je suis le feu
Calmé, devenu l’eau,

Une vague
Se dressant de l’abîme.

Dans mes veines
La marée gouvernée par la lune
S’élève, arbre de fleurs
Qui s’envolent en écume.

Je suis l’air
Pris dans un filet,

L’oiseau prophétique
Qui chante dans le reflet d’un ciel,

Je suis un rêve avant le néant.
Je suis une couronne d’étoiles,
Je suis le moyen de mourir.

***

WOMAN TO LOVER

I am fire
Stilled to water,

A wave
Lifting from the abyss.

In mi veins
The moon-drawn tide rires
Into a tree of flowers
Scattered in sea-foam.

I am air
Caught in a net,

The prophetic bird
That sings in a refiected sky,

I am a dream before nothingness,
I am a crown of stars,
I am the ive to die.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Le désir (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Illustration: Jean-Auguste-Dominique Ingres

    

Le désir de sentir qu’une main très habile
gouverne l’économie du poème,
ce désir-là est délié, ailé.
Il grandit.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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