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Poésie

Posts Tagged ‘gracieuse’

Testament d’un moribond (Khaïr-Eddine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Ah : C’est elle…
Elle est en moi,
elle s’insinue en moi,

elle me ronge le sang et les os…
et elle sourit et s’illumine…
elle brille…

c’est donc qu’elle ne ressemble pas
à cette image vulgaire qu’on en fait…
elle est plutôt gracieuse et attirante …

Ca y est je pars …

(Khaïr-Eddine)

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LE REGRET DES JOUJOUX (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



LE REGRET DES JOUJOUX

Toujours je garde en moi la tristesse profonde
Qu’y grava l’amitié d’une adorable enfant,
Pour qui la mort sonna le fatal olifant,
Parce qu’elle était belle et gracieuse et blonde.

Or, depuis je me sens muré contre le monde,
Tel un prince du Nord que son Kremlin défend,
Et, navré du regret dont je suis étouffant,
L’Amour comme à sept ans ne verse plus son onde.

Où donc a fui le jour des joujoux enfantins,
Lorsque Lucile et moi nous jouions aux pantins
Et courions tous les deux dans nos robes fripées ?

La petite est montée au fond des cieux latents,
Et j’ai perdu l’orgueil d’habiller ses poupées…
Ah ! de franchir si tôt le portail des vingt ans!

(Emile Nelligan)


Illustration

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Il y a de la tendresse dans l’air (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



il y a de la tendresse dans l’air
malgré les bombardements

il y des fumées gracieuses
qui s’élèvent des bâtiments

il y a des pressentiments
qui ont la saveur des fruits

il y a des murmures doux
dans les chambres aux lits détruits

il y a des enfants rêveurs
au seuil de l’ultime nuit

(Jean-Claude Pirotte)

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POUR TOI (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017




POUR TOI

Je réalisais pour toi des miracles
Elucidais des secrets bien cachés
Et dessinais sur des papiers
Des silhouettes qui dansaient

Je peignais le vent dans tes cheveux
La pluie sur tes joues
La neige sur tes seins
Et la lumière dans tes yeux

Je faisais voguer sur le vert de la vague
Le vivant vaisseau de nos rêves
Qui virait dans le vent
Loin du rivage des contraintes

Nous naviguions sur des rivières joyeuses
Et quittions ces tristes rivages
Pour des îles rieuses
Sur des mers gaies
Nos chants accompagnaient
Le bruit lourd des vagues

Le vent soulevait cette gracieuse poussière
Sur la route de notre campagne
Où le papillon s’accouplait avec la fleur
Les ailes et les pétales mêlant

La fièvre de leurs couleurs
Chassés de leurs nids les oiseaux
Secouaient la fatigue de leur vol sur les toits

Pour toi
Je ramassais les cailloux du soleil
Et faisais des ricochets de lumière
Sur l’eau trouble de l’étang

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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À la porte Occidentale de la ville (Tsao Chang Ling)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



 

estampe chinoise

À la porte Occidentale de la ville,
rient des jeunes filles
onduleuses et légères
comme de nuages de printemps.
Mais je dédaigne leur charme.
Puisque, dans sa robe blanche,
et sous son voile épais
mon amie est plus gracieuse.

À la porte Orientale de la ville,
rêvent des jeunes filles
éclatantes et jolies
comme des fleurs de printemps.
Mais je dédaigne leurs parfums,
puisque, dans sa robe blanche
et sous son voile épais,
mon amie est plus odorante.

(Tsao Chang Ling)

 

 

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La gazelle (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Elle gagne à mourir du credo
roux du jour Gracieuse un peu
naïve entre deux avènements
Proie du faucon cruel don
d’amour du nomade Dans ses
yeux clos tressés le rêve se balance
soleil dans son hamac

(Edmond Jabès)

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Tu seras nue… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Tu seras nue dans le salon aux vieilles choses,
fine comme un fuseau de roseau de lumière,
et, les jambes croisées, auprès du feu rose,
tu écouteras l’hiver.

À tes pieds, je prendrai dans mes bras tes genoux.
Tu souriras, plus gracieuse qu’une branche d’osier,
et, posant mes cheveux à ta hanche douce,
je pleurerai que tu sois si douce.

Nos regards orgueilleux se feront bons pour nous,
et, quand je baiserai ta gorge, tu baisseras
les yeux en souriant vers moi et laisseras
fléchir ta nuque douce.

Puis, quand viendra la vieille servante malade et fidèle
frapper à la porte en nous disant : le dîner est servi,
tu auras un sursaut rougissant, et ta main frêle
préparera ta robe grise.

Et tandis que le vent passera sous la porte,
que la pendule usée sonnera mal,
tu mettras tes jambes au parfum d’ivoire
dans leurs petits étuis noirs.

(Francis Jammes)

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ESPRESSO (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016




ESPRESSO

Le café noir du service en terrasse
aux tables et aux chaises aussi gracieuses que des insectes.

Ces gouttes précieuses et captées
ont le même pouvoir qu’un Oui ou un Non.

On les sort du fond de bistrots obscurs
et elles fixent le soleil sans ciller.

Dans la lumière du jour, un point d’une noirceur bienfaitrice
qui se répand très vite dans un hôte blafard.

Il rappelle ces gouttes de noire clairvoyance
que l’esprit happe parfois et

qui nous donnent une bourrade salutaire : vas-y !
Une exhortation à ouvrir les yeux.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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CANZONE : SUR L’ENCENS (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




CANZONE : SUR L’ENCENS

Votre gracieuse aisance,
Ô Dame de mon coeur,
A jeté sur ma pensée un charme sacré.
Comme les flambeaux d’ambre quand d’étranges chevaliers
Avancent légèrement sous le bouclier damassé de la nuit,
S’élèvent de l’acier fuyant venu se refléter,
De même, sur ma pensée cuirassée qui vous accompagne,
Le chemin serait-il noir, tombe le charme sacré.

II
L’encensoir se balance,
Et les charbons ardents doivent
Libérer ce que l’oliban tenait avant serré,
Jusqu’à ce que, sur les fermes de l’est, l’été
Trouble les sens et rêve dans la lumière,
Comme la mémoire, corrigée par l’amour qui naît,
Avec la saveur que seul un nouvel amour connaît,
Par des chemins subtils, se rappelle le passé caché.

III
Les jours d’absence,
Lorsque, à l’écart, j’ai
Médité sur votre immense charme,
J’ai vu, sous le charme d’une musique ailée
Le silence qui vous crée. Ô rare délice!
Sons clairs modulés de la mélodie
Assourdis quand votre présence enveloppait le mépris,
Dans un accord de notes tremblantes qui jamais n’a faibli.

IV
Incandescence,
Qui, des flèches du soleil
A vêtu d’or tours et mâts dominants,
La flamme safran, feu qui ne blesse pas
Cache la perle du Khédive et la puissance du saphir
Des vagues lisses, devant sa porte rassemblée.
Ce manteau de grâce qui, autour de vous, rougeoie,
Cache la chose que vous êtes, ainsi décrite.

V
Toutes les choses méritant louange,
Qui vers le marché du Khédive
Venues de si loin, ont traversé maints périls,
Santal, myrrhe et nard qui désarment
La brusque colère du léopard, tout cela n’est rien
A côté de vos merveilles, Khédive! Protégé seulement

Par son immense grâce qui se reflète en lui,
Mon chant s’envole et implore merci.

VI
Ô Encensoir de la pensée qui brille,
Sois lumineux devant elle à la tombée de la nuit.

VII
Sois fragrant comme le champ nouveau qu’on moissonne,
Ô mon chant qui à « Elle » demande merci.

(Ezra Pound)

 

 

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