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Poésie

Posts Tagged ‘graduel’

Tous mes sens sont dardés (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
Tous mes sens
sont dardés
et sonores comme
une lentille de microphone.

Je ressens la pesanteur
graduelle
du crépuscule en dépression.

Je capte les piqûres sucrées
de ces parfums
à la pointe de mes doigts,
au tranchant ouvert de mes nerfs.

Il est vrai aussi que je t’aime.

(Norge)

 

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Le coeur inlassable (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
le coeur inlassable

soulever ton silence
gagner sur ton épaule
la fleur qui brûle sa chance

cette défection de tendresse
cette solitude d’orchidée
et le fardeau penché du visage

la durée qui s’y entrepose
et que n’offusque aucun voile ni
le bord du vent endormi sur ta bouche

sous la poussée d’une furieuse aurore
le pouvoir d’une absence prolifique
s’arrogeant ton nom et le mien

et t’entourer de cette persuasion
de cette dure lampe qui creuse
une rumeur de vent

dans une graduelle chaleur
polie par le désespoir

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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Graduel (Jude Stéfan)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Graduel

mon enfant,
fais le signe de croix
peigne tes cheveux
coupe tes ongles
ne fends pas le pain
fuis les femmes
(songe à ta mère)
fuis l’ivresse
(songe à ton oncle)
essuie bien tes pieds
appâte les oiseaux
dédaigne les fleurs
ne ris pas à table
ne joue qu’au cerceau
n’apprends rien
attends le soir
attends le pire
remercie le Vide

(Jude Stéfan)


Illustration

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Quand j’ai un peu trop pensé à toi (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    
quand j’ai un peu trop pensé à
toi et suis simplement complètement
plein de Désir… devine un graduel mouvement
de muscle se mettant à,et ce qu’il me fera
avant de se replier… je comprends
que je t’aime… sentant ton corps qui soudain
m’atteint à la vitesse de blanches paroles

(le simple instant de la parfaite faim
Oui)
combien nage magnifiquement
le monde bouffon dans mes vastes sangs,
fissurant les cerveaux Une lumière vite énorme
—et furieusement perplexe en de,prismatiques,caprices,
le moi bavard aperçoit pris d’une frayeur folle

un têtard comique frétillant dans la boue avec délice

***

when i have thought of you somewhat too
much and am become perfectly and
simply Lustful….sense a gradual stir
of beginning muscle,and what it will do
to me before shutting….understand
i love you….feel your suddenly body reach
for me with a speed of white speech

(the simple instant of perfect hunger
Yes)
how beautifully swims
the fooling world in my huge blood,
cracking brains A swiftlyenormous light
—and furiously puzzling through,prismatic,whims,
the chattering self perceives with hysterical fright

a comic tadpole wriggling in delicious mud

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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