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RONDEAU DE L’HOMME LAS DE PENSER (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



    

RONDEAU DE L’HOMME LAS DE PENSER

Combien de temps, tête sempiternelle,
Te faudra-t-il penser et repenser,
Tel l’aiguilleur reclus dans sa tourelle,
Guetteur raidi du train qui va passer ?
Au roulement des rapides idées
Ouvrant ou non les disques lumineux,
Combien de temps, leviers vertigineux,
Dois-je mouvoir vos tiges recoudées?
Combien de temps?

Combien de temps, radoteuse cervelle,
Dois-je sentir ta roue en moi tourner,
Virer au vent et voleter ton aile,
Et sous ta meule un grain dur s’enfourner?
Combien de temps, machine tyrannique,
De ton tiquant, de ton taquant moulin,
Où toujours entre et d’où sort un sac plein,
Me faudra-t-il servir la mécanique?
Combien de temps?

Combien de temps,
Dans la guérite où je
Me faudra-t-il garder
Tenace Esprit qui ne
nocturne sentinelle,
dois m’enfermer,
ta citadelle,
veux désarmer?
Le poing toujours sur le pommeau du glaive,
Prêt à jeter l’anxieux Qui va là,
Combien de temps, dans le trou que voilà,
Me faudra-t-il attendre la relève?
Combien de temps?

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Les grains de sable s’amalgament (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
les grains de sable
s’amalgament
forment des cristaux

Les mots sont pleins
de courants d’air

novembre
la mince épaisseur
de la veste
les feuilles mortes

je me recroqueville
un peu plus
au coin du chat

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nuit
Traduction:
Revue: Ce qui reste

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Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur coeur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

***

Restore to them what they have no longer.
They will see again the harvest grain enclosed in the stalk and swaying on the
grass.
Teach them, from the fall to the soaring, the twelve months of their face,
They will cherish their emptiness until their heart’s next desire;
For nothing is shipwrecked or delights in ashes;
And for the one who can see the earth’s fruitful end,
Failure is of no moment, even if all is lost.

(René Char)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: Peyton Sawyer

 

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Chaque jour en des instants semblables quelqu’un, quelque chose (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
QUELQU’UN, QUELQUE CHOSE

chaque jour
en des instants semblables
quelqu’un, quelque chose, sous quelle forme?
me rejoint — chaque jour — me rejoint –
m’enfonce le visage dans un sac et là, me terrorise et me fait mal
mêlé au grain, dans l’odeur d’écurie
ou
d’étable — chaque jour — me terrorise et me fait mal
c’est
c’est sa fonction, son rôle
voici exactement ce qui se passe, ce qu’il advient de moi au présent
lorsque
la chose approche, m’empêche — tête dans le sac — de respirer
c’est pour
c’est pour t’apprendre l’humilité
me dit une voix que je puis qualifier encore d’humaine
c’est pour cela
que
chaque jour, en des instants semblables,
la vie
se rétracte un peu plus encore
plus pénible
voici

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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BENEDICITE ROS DOMINO (Martial de Brives)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



BENEDICITE ROS DOMINO

Grains de Cristal, pures Rosées
Dont la Marjolaine et le Thym
Pendant leur fête du matin
Ont leurs Couronnes composées :
Liquides Perles d’Orient,
Pleurs du Ciel qui rendez riant
L’émail mourant de nos Prairies ;
Bénissez Dieu qui par les Pleurs
Redonne à nos Ames flétries
De leur éclat perdu les premières couleurs.

(Martial de Brives)

 

 

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Seul le grain de chaque objet nourrit (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Seul le grain de chaque objet nourrit;
Où est celui qui arrache la cosse pour toi et moi?
Où est celui qui déjoue stratagèmes et enveloppes pour toi et moi?

(Walt Whitman)

 

 

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PRODIGUE NUIT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




Illustration: ArbreaPhotos Saint Jean Pied de Port – Roncevaux
    

PRODIGUE NUIT
Rater dan

Au bout du chemin le jour s’éteint,
l’heure du chant se meurt que voici —
que te reste-t-il pour passer la nuit ?

Elle n’est point stérile la nuit,
elle qui dans l’obscurité fait éclore
la fleur aux regards dérobée,
celle qui sous l’âpre feu du jour
ne put s’épanouir,

celle dont le grain de miel
fut au coeur du bois si enfoui
que l’abeille de ton jardin
lasse d’en requérir vainement
la grâce s’en fut par le ciel
il y a longtemps.

La fleur dans les ténèbres éclose
ne se porte pas à la chambre
ni ne sera tressée en couronne ;
seulement à la faveur de sa fragrance
elle me rend sensible au coeur
le regard que jadis je perdis
parmi l’épaisse foule du jour,
les mots sombrés dans le silence.

Elle n’apporte que le nom
de ce que je ne pus saisir,
que l’éperdue souvenance
de ce qui pût advenir.

La brassée d’étoiles lointaines
de mon rêve que portait la nuit
jamais ne se fit prendre.
La fleur de nuit me parlera
dans mon recueillement du distant,
me fera ressentir l’insaisissable
accomplissement des choses.

Ce don ultime du chemin
don hors visibilité hors atteinte
te comblera à l’heure du départ.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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La bonne nouvelle était là (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Edwin Church  Aurores boréales _500

La bonne nouvelle était là.
Elle était là comme un grain de soleil est sur le grain de blé
comme un pan de ciel bleu à travers l’échancrure des grands nuages bas s’étalant dans le ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Edwin Church

 

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Sentir les derniers grains (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
Sentir les derniers grains
de la poignée de sable

Avoir ce privilège.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Poussière d’étoile (James Noël)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



Illustration
    
Poussière d’étoile

Mille fois
plus que mille fois
vaut mieux être une luciole
rien qu’une luciole
pour élucider dans la nuit
l’éloquence fine d’un grain de poussière
qui attend sa révolution de jour
avec le vent qui arrive
à bout de souffle
charriant dans la gueule
son champ de paraboles du semeur

mille fois
vaut mieux être une luciole
qu’une étoile filante
fiancée à sa chute

(James Noël)

 

Recueil: Des poings chauffés à blanc
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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