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Poésie

Posts Tagged ‘grand’

L’espace (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Illustration: Alain Bozetti   
    
L’espace
Est composé par le multiple et grand
Silence entre les corps.

(Jean Tortel)

 

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Certaines fois la musique occupe la première place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



    

Certaines fois la musique occupe la première place,
mais d’autres elle se retire au second plan
et laisse courir en nous
quelque chose de plus cher qu’elle-même.

Or y a-t-il quelque chose de plus cher que la musique,
quelque chose qui coure comme elle
et qui comme elle nous sauve ?
Quelque chose qui puisse nous envelopper
sans que l’on sache si elle le fait
du dehors en dedans
ou du dedans en dehors ?

Tout ce qui sauve
doit pour un moment se retirer
afin qu’une autre chose nous sauve.

La liberté de l’homme est si grande
qu’elle ne peut même pas se borner
à un seul degré de salut.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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COIFFURE (Lucie Spède)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



 

COIFFURE

Quand il fait la roue
le paon
est le plus grand
des grands
chefs indiens.

(Lucie Spède)

 

 

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SI JAMAIS (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



    

SI JAMAIS

Dis si jamais je reverrai
— Jamais! — la fille balancée
Par la mer Méditerranée,

La longue forme confondue
Avec l’eau bleue qui la remue
Et le soleil multiplié;

Crinière humide sur le sable,
Jambes ouvertes au ciel pur,
Grande, enfantine, insaisissable,

Combien de jours aux blancs nuages,
Combien de nuits auront passé,
Et dans ses yeux quelles images?

Vais-je garder, inépuisé,
Le goût de sel de ces baisers
Sur tout son corps, après la nage?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Par tous les moyens (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri,
ceux qui m’aiment dans ce monde.
Mais il ne va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur,
et tu me laisses libre.

De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul.
Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas.

Bien que je ne te nomme pas dans mes prières,
bien que je ne te retienne pas dans mon coeur,
ton amour pour moi attend encore mon amour.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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AH! Instants qui abolissent le lendemain (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (48) 

AH!
Instants qui abolissent
le lendemain ; qui s’achèvent
dans le présent ; quand nous sommes prêts
à tout, n’importe quoi,
ni avec quoi !

Comme se redresse
notre être ; que nous sommes grands,
alors ! Que nous sommes seuls !

…Et que nous avons peu besoin
de l’homme, et de dieu !

***

¡AY!
¡Instantes, en que el mañana
no vale nada; en que es hoy
el fin; y estamos dispuestos
a todo, no importa qué,
ni con qué!

¡Cómo se alza
nuestro ser; qué grandes somos,
entonces! Que solos somos !

… ¡Y qué poquísima falta
nos hace el hombre, ni el dios!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Tant de vies consumées (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Chris Ann    
    
Tant de vies consumées qui n’ont pas reconnu leur lieu
Tandis que, vulnérable avec tous,
D’invisibles fils de partout te relient
A l’inconnu qui t’embrasse et t’élargit.
C’est par l’immense fleuve des racines,
Cette nappe souterraine où s’abreuvent nos sources,
Par cette grande communion invisible
Qui parfois nous fait signe,
Que nous sommes reliés les uns aux autres,
Ou plutôt que nous sommes « à l’intérieur les uns des autres » …

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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Querelle (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018




Querelle

Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits,
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

(Théodore de Banville)

Illustration: Henry Cousinou

 

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POUR PAUL (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

roi-des-oiseaux-3

POUR PAUL

Paul
six ans déjà
ce livre que j’aimais sur les oiseaux
je te le donne.
J’ai pensé que Paul peut-être,
aujourd’hui plus grand que les typhas
autour de la Mare aux Canards
entre la rivière et le Détroit
garderait ce livre intact
y reviendrait chaque été

Paul peut-être

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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