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Poésie

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Les grandes blessures de la joie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mathieu Levis

 

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LUNE GRANDE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Steven Kenny

LUNE GRANDE

La porte est ouverte ;
le grillon chante.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la campagne ?

Comme une eau éternelle,
partout entre et sort.
Est-ce toi qui marches
nue, dans l’air ?

La sauge ne dort pas,
la fourmi est au travail.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la maison ?

***

LUNA GRANDE

La puerta está abierta;
el grillo, cantando.
¿Andas tú desnuda
por el campo?

Como un agua eterna,
por todo entra y sale.
¿Andas tú desnuda
por el aire?

La albahaca no duerme,
la hormiga trabaja.
¿Andas tú desnuda
por la casa?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Steven Kenny

 

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A qui est cette maison ? (Toni Morrison)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Volker Birke artlimited_img400551

A qui est cette maison ?
A qui est cette nuit qui empêche la lumière d’entrer
À l’ intérieur ?
Dis, à qui appartient cette maison ?
Ce n’est pas la mienne.
J’ai rêvé d’une autre, plus douce, plus grande,
Avec une vue sur des lacs traversés par des bateaux peints ;
Sur des champs larges comme des bras ouverts pour m’accueillir.
Cette maison est étrange,
Ses ombres mentent.
Parle, dis-moi,
pourquoi est-ce que sa serrure correspond à ma clé ?

(Toni Morrison)

Illustration: Volker Birke

 

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Fêtes de Noël (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

Auguste DUREL ( 1904 - 1993 )

Fêtes de Noël —
La putain se fait des lèvres
Plus grandes que nature.

***

The Christmas season:
A whore is painting her lips
Larger than they are.

(Richard Wright)

Illustration: Auguste Durel

 

 

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Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



Elle était descendue au bas de la prairie,
et, comme la prairie était toute fleurie
de plantes dont la tige aime à pousser dans l’eau,
ces plantes inondées je les avais cueillies.
Bientôt, s’étant mouillée, elle gagna le haut
de cette prairie-là qui était toute fleurie.
Elle riait et s’ébrouait avec la grâce
dégingandée qu’ont les jeunes filles trop grandes.
Elle avait le regard qu’ont les fleurs de lavande.

(Francis Jammes)


Illustration: Odilon Redon

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La reine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




La reine

Je t’ai proclamée reine.
Il en est de plus grandes que toi, de plus grandes.
Il en est de plus pures que toi, de plus pures.
Il en est de plus belles que toi, de plus belles.

Mais toi tu es la reine.

Marches-tu dans la rue,
nul ne te reconnaît.
Nul ne voit ta couronne de cristal, nul ne regarde le
tapis d’or fauve
que foule ton pied où tu passes,
le tapis qui n’existe pas.

Mais quand tu apparais
tous les fleuves tintinnabulent
dans mon corps, les cloches ébranlent
le ciel entier,
en un hymne remplit le monde.
Seuls toi et moi,
seuls toi et moi, ô mon amour,
nous l’entendons.

(Pablo Neruda)

Illustration: Renata Brzozowska

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FINALE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



 

Benedetto Fellin 10

FINALE

La mort est grande.
Nous lui appartenons,
bouche riante.
Lorsqu’au coeur de la vie nous nous croyons,
elle ose tout-à-coup
pleurer en nous.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Benedetto Fellin

 

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Comptine de la fillette qui ne doit pas jouer avec la serrure (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Comptine de la fillette qui ne doit pas jouer avec la serrure

Il ne roule plus le train
regarde il est rouge
il est beau ton coq madame
ce n’est pas une poule
il ne mord pas ton coq madame
parce qu’il n’a pas de dents
parce qu’il n’ouvre pas le bec
le coq
le bec
les poules non plus ne mordent pas
même pas les petites filles
qui ne sont pas sages.

-Elle a trois ans.
-Elle s’exprime bien pour son âge.
-Elle a causé de bonne heure
avant la mort de sa mère
c’est dire.
-Ah vous êtes veuf

Le coq
le bec
le veuf.

La dame au coq
mange un oeuf.

-On l’appelle
Belle.
Mais c’est Annie.

Le coq
le noir
le veuf
la belle
et l’oeuf
et la soif
et le soir.
La morte
la porte
et toujours trop de serrures.

-Que c’est mignon
on ne voudrait pas les voir grandir.
Qui c’est qui s’appelle Annie
Anna Annette Annie ma mie?

-Je m’appelle
Belle
jamais Annie.
Quand je serai grande
je jouerai avec la serrure
je caresserai le coq
je me pencherai par la portière
je casserai un oeuf
je ferai partir le train
et je me marierai en noir
avec papa
pour qu’il ne soit plus coq
pour qu’il ne soit plus bec
pour qu’il ne soit plus veuf.

-Ça pose des questions les enfants.
-Et il faut avoir réponse à tout.

(Armand Lanoux)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Changement d’habits (Saikaku)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

Changement d’habits –
le printemps a disparu
dans la grande malle

(Saikaku)

Illustration: Hokusaï

 

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L’enfant au miroir (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Eugène BEGARAT lauren pensive 37x22cm-600 [1280x768]

L’enfant au miroir

(A Mlle Emilie Bascans)

Si j’étais assez grande,
Je voudrais voir
L’effet de ma guirlande
Dans le miroir.
En montant sur la chaise,
Je l’atteindrais ;
Mais sans aide et sans aise,
Je tomberais.

La dame plus heureuse,
Sans faire un pas,
Sans quitter sa causeuse,
De haut en bas,
Dans une glace claire,
Comme au hasard,
Pour apprendre à se plaire
Jette un regard.

Ah ! c’est bien incommode
D’avoir huit ans !
Il faut suivre la mode
Et perdre un temps !…
Peut-on aimer la ville
Et les salons !
On s’en va si tranquille
Dans les vallons !

Quand ma mère qui m’aime
Et me défend,
Et qui veille elle-même
Sur son enfant,
M’emporte où l’on respire
Les fleurs et l’air,
Si son enfant soupire,
C’est un éclair !

Les ruisseaux des prairies
Font des psychés
Où, libres et fleuries,
Les fronts penchés
Dans l’eau qui se balance,
Sans nous hausser,
Nous allons en silence
Nous voir passer.

C’est frais dans le bois sombre,
Et puis c’est beau
De danser comme une ombre
Au bord de l’eau !
Les enfants de mon âge,
Courant toujours,
Devraient tous au village
Passer leurs jours !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Eugène Begarat

 

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