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Poésie

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Le poème, chaque fois (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



Illustration: Wordart Nuages de Mots    
    
Le poème, chaque fois, nous fait espérer
en ce mot qui, s’il était prononcé,
nous ouvrirait toutes grandes les portes du salut.

Ce mot n’appartient qu’à Celui qui a vécu,
une fois dans l’histoire, toute l’humanité,
avant de revenir entièrement
et pour toujours à la divinité.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Grande voix (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Grande voix
qui ne prononce pas de paroles,
il ne me reste qu’à t’entendre.

(Henry Bauchau)


Illustration

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Fêtes de Noël (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



 

Auguste DUREL ( 1904 - 1993 )

Fêtes de Noël —
La putain se fait des lèvres
Plus grandes que nature.

***

The Christmas season:
A whore is painting her lips
Larger than they are.

(Richard Wright)

Illustration: Auguste Durel

 

 

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Plans de construction (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plans de construction

Je me rappelle aussi net que si c’était ce jour
le soir où je vis mon premier poème imprimé dans le journal.

J’étais dans ma mansarde, à lancer des bouffées de
fumée et je rêvais, béatement satisfait.

Je bâtirai un château en Espagne. Il resplendira sur le Nord.

Il y aura deux ailes, une petite et une grande.
La grande hébergera un poète immortel, la
petite hébergera une jeune fille.

Je trouvais ce plan superbement harmonieux ;
puis le désordre s’y mit.
Quand le maître est devenu raisonnable, le château a paru absurde:
la grande aile était trop petite, la petite en ruine est tombée.

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020




    
LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE
À Françoise Gilot

Les enfants après l’école
aux poteaux du télégraphe
doucement l’oreille collent
poursuivant le temps qui passe
avec ses chevaux légers
ses fifres et ses tambours
et son charroi partagé
de bons et de mauvais jours

Ce n’est que le temps qui passe
ne sait pas ce qu’il dit
Il trébuche dans ses traces
Il se perd dans ses soucis
Beaux enfants d’après l’école
il sera bien temps plus tard
de savoir ce qui s’envole
de ces poteaux trop bavards

Ne sachant pas ce qu’ils disent
ne parlant que pour parler
les plaisirs qu’ils nous prédisent
les chagrins qu’ils annonçaient
sont promesses mensongères
Beaux enfants d’après l’école
méfiez-vous des jolis airs
que jouent ces poteaux frivoles

Il n’est qu’un seul coquillage
où l’on entende vraiment
la mer et ses beaux naufrages
la vie ses vrais accidents
C’est le coeur de la dormante
qui battra à vos côtés
dans des nuits si différentes
de celles des écoliers

Vous serez grandes personnes
ne jouant plus à la marelle
répondant au téléphone
n’ayant plus la varicelle
Vous porterez des moustaches
et ne mettrez plus l’oreille
aux poteaux du télégraphe
qui bredouillent leurs merveilles
mais nous laissent en carafe
entre demain et la veille.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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La reine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



La reine

Je t’ai proclamée reine.
Il en est de plus grandes que toi, de plus grandes.
Il en est de plus pures que toi, de plus pures.
Il en est de plus belles que toi, de plus belles.

Mais toi tu es la reine.

Marches-tu dans la rue,
nul ne te reconnaît.
Nul ne voit ta couronne de cristal, nul ne regarde le
tapis d’or fauve
que foule ton pied où tu passes,
le tapis qui n’existe pas.

Mais quand tu apparais
tous les fleuves tintinnabulent
dans mon corps, les cloches ébranlent
le ciel entier,
en un hymne remplit le monde.
Seuls toi et moi,
seuls toi et moi, ô mon amour,
nous l’entendons.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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Pour une petite fille (Anne-Marie Derèse)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

Marina Podgaevskaya _girl-in-a-bonnet1 [1280x768]

Pour une petite fille

Tu es grande
comme trois pommes,
trois oranges,
trois tomates,
quatre mandarines,
deux pamplemousses,
un ananas.
Tu es un jeu de fruits.

(Anne-Marie Derèse)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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Entre autres (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


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A l’ombre des arbres
Comme au temps des miracles,

Au milieu des hommes
Comme la plus belle femme

Sans regrets, sans honte,
J’ai quitté le monde.

– Qu’avez-vous vu?

– Une femme jeune, grande et belle
En robe noire très décolletée.

(Paul Eluard)

 

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Les grandes blessures de la joie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mathieu Levis

 

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LUNE GRANDE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Steven Kenny

LUNE GRANDE

La porte est ouverte ;
le grillon chante.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la campagne ?

Comme une eau éternelle,
partout entre et sort.
Est-ce toi qui marches
nue, dans l’air ?

La sauge ne dort pas,
la fourmi est au travail.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la maison ?

***

LUNA GRANDE

La puerta está abierta;
el grillo, cantando.
¿Andas tú desnuda
por el campo?

Como un agua eterna,
por todo entra y sale.
¿Andas tú desnuda
por el aire?

La albahaca no duerme,
la hormiga trabaja.
¿Andas tú desnuda
por la casa?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Steven Kenny

 

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