Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘grandi’

PLEINEMENT (René Char)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2019



PLEINEMENT

Quand nos os eurent touché terre,
Croulant à travers nos visages,
Mon amour, rien ne fut fini.
Un amour frais vint dans un cri
Nous ranimer et nous reprendre.
Et si la chaleur s’était tue,
La chose qui continuait,
Opposée à la vie mourante,
A l’infini s’élaborait.
Ce que nous avions vu flotter
Bord à bord avec la douleur
Était là comme dans un nid,
Et ses deux yeux nous unissaient
Dans un naissant consentement.
La mort n’avait pas grandi
Malgré des laines ruisselantes,
Et le bonheur pas commencé
A l’écoute de nos présences;
L’herbe était nue et piétinée.

(René Char)

Illustration

 

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Le verger (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Le verger

c’est vrai que nos
arbres ont grandi :
cette feuille n’en finit plus
de tomber vers le sol

(Katell Antoine)

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Nous ne sommes pas nés (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




Nous ne sommes pas nés
nous n’avons pas grandi
nous n’avons pas rêvé
nous n’avons pas dormi
nous n’avons pas mangé
nous n’avons pas aimé.
Nous ne sommes personne
et rien n’est arrivé.

(Jean Tardieu)

 

 

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Grandie par son sourire (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

Grandie par son sourire
vient la jeunesse
et son déferlement

les mots chantent et dansent
jusqu’à fleurir
comme un lys ou un chardon

(Georges Bonnet)

 Illustration: Andrzej Malinowski

 

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8 septembre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



8 septembre

Aujourd’hui, notre temps a été coupe pleine,
aujourd’hui, notre temps a été vague immense,
aujourd’hui, terre entière.

Aujourd’hui la mer, houle furieuse,
nous a portés si haut dans un baiser
que nous avons tremblé
sous l’éclair fulgurant
et l’un à l’autre liés, nous sommes descendus
au fond des eaux sans desserrer l’étreinte.

Aujourd’hui nos corps ont grandi, grandi,
ils sont arrivé jusqu’au bout du monde
et ils ont roulé, fusionné :
goutte unique
de cire ou météore.

Entre nous – toi et moi – une porte nouvelle
s’est ouverte où quelqu’un, encore sans visage,
nous attendait.

(Pablo Neruda)


Illustration: Giorgio de Chirico

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