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Poésie

Posts Tagged ‘grandiose’

OBSCUR (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



 

mousse arctique

OBSCUR

Aigle royal
grand cerf rouge
seraient presque
trop grandioses

je choisis pour ma part
cette mousse arctique
sur la face du rocher
qui demeure obscure

*

OBSCURE

Golden eagle
red deer
would be
almost too much

I’ll settle for
this arctic moss
on the rock’s
obscure face

(Kenneth White)

 

 

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Fleurs (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Fleurs

Éblouissement devant la beauté des montagnes.
Finalité d’une clarté grandiose, l’immensité verte que
surplombe le blanc immaculé de l’origine : hautes
montagnes très visibles dans la nostalgie du jour qui s’éteint.

Et puis, au bord de la route, ces fleurs du quotidien,
sauvages, généralement dans les tons de mauve, hautes.
Et là, au ras du sol, du jaune, du blanc, un peu de bleu vif aussi.

C’est l’heure où l’on «rentre au foyer».

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Poésie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Se charger à l’extrême comme le Tonnerre –
Et puis – alors que toute chose
Se terre – éclater grandiose –
Voilà – qui serait Poésie

(Emily Dickinson)


Illustration: Pierre-Paul Feyte

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NOCTURNE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
NOCTURNE

Je veux exprimer mon angoisse par des vers
qui diront abolie ma jeunesse de rêves et de roses,
et amèrement détruite mon innocence première
par des soucis médiocres et une peine grandiose.

Et le voyage vers un vague Orient sur d’invisibles barques,
et les graines d’oraisons qui fleurirent en blasphème,
et les effarements du cygne au milieu des flaques
et le bleu nocturne et factice de l’odieuse bohème.

Clavicorde lointain qui dans le silence et l’oubli
ne donna jamais au rêve ses accords éminents,
esquif orphelin, arbre très illustre, obscur nid
qui adoucit la nuit d’une tendresse d’argent…

Espérance odorante d’herbes fraîches, madrigal
du rossignol printanier, de l’oiseau matinal,
fleur de lys arrachée par un destin fatal,
poursuite du bonheur, persécution du mal…

L’amphore funeste contient le venin des anges
qui sera au long de la vie la torture intérieure,
la conscience épouvantable de notre humaine fange
et l’horreur de se sentir passager, l’horreur

d’avancer à tâtons, en d’erratiques alarmes,
vers cet inconnu inévitable et la
violence cauchemardesque de ce sommeil de larmes
dont nulle autre qu’Elle ne nous éveillera !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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La statue (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Praxitèle
    
La statue

Pourquoi cette statue antique
D’une déesse en marbre blanc
A la nudité impudique
A-t-elle un attrait si troublant?

Je trouve admirable sa pose.
Je resterais à rêvasser
Devant cette oeuvre grandiose
Sans jamais pouvoir me lasser.

L’artiste durant des semaines.
A dû parfaire patiemment
Ce chef-d’oeuvre afin qu’il devienne
Un véritable enchantement.

J’essaie d’imaginer celle
Qui a transfiguré sa main,
Aujourd’hui il ne reste d’elle
Ou’une sculpture au corps divin

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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Une beauté grandiose (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
Une beauté grandiose me conquiert,
– mais une beauté plus grandiose m’en libère.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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Créer des poèmes (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



    
Créer des poèmes
de la source de lumière
d’un instant grandiose

***

Aus der Lichtquelle
eines grossen Augenblicks
Gedichte schöpfen

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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L’été (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2016



L’été

Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

(Théodore de Banville)

Découvert ici: https://patchcath.wordpress.com/

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

 

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Le démon dans ces bois repose (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



 

Corinne Reignier  (15) [1280x768]

Le démon dans ces bois repose ;
Non le grand vieux Satan fourchu ;
Mais ce petit belzébuth rose
Qu’Agnès cache dans son fichu.

On entre plein de chaste flamme,
L’oeil au ciel, le coeur dilaté ;
On est ici conduit par l’âme,
Mais par le faune on est guetté.

La source, c’est la nymphe nue ;
L’ombre au doigt vous passe un anneau ;
Et le liseron insinue
Ce que conseille le moineau.

Tout chante ; et pas de fausses notes.
L’hymne est tendre ; et l’esprit de corps
Des fauvettes et des linottes
Eclate en ces profonds accords.

Ici l’aveu que l’âme couve
Echappe aux coeurs les plus discrets ;
La clef des champs qu’à terre on trouve
Ouvre le tiroir aux secrets.

Ici l’on sent, dans l’harmonie,
Tout ce que le grand Pan caché
Peut mêler de vague ironie.
Au bois sombre où rêve Psyché.

Les belles deviennent jolies ;
Les cupidons viennent et vont ;
Les roses disent des folies
Et les chardonnerets en font.

La vaste genèse est tournée
Vers son but : renaître à jamais.
Tout vibre ; on sent de l’hyménée
Et de l’amour sur les sommets.

Tout veut que tout vive et revive,
Et que les coeurs et que les nids,
L’aube et l’azur, l’onde et la rive,
Et l’âme et Dieu, soient infinis.

ll faut aimer. Et sous l’yeuse,
On sent, dans les beaux soirs d’été,
La profondeur mystérieuse
De cette immense volonté.

Cachant son feu sous sa main rose,
La vestale ici n’entendrait
Que le sarcasme grandiose
De l’aurore et de la forêt.

Le printemps est une revanche.
Ce bois sait à quel point les thyms,
Les joncs, les saules, la pervenche,
Et l’églantier, sont libertins.

La branche cède, l’herbe plie ;
L’oiseau rit du prix Montyon ;
Toute la nature est remplie
De rappels à la question.

Le hallier sauvage est bien aise
Sous l’oeil serein de Jéhovah,
Quand un papillon déniaise
Une violette, et s’en va.

(Victor Hugo)

Illustration: Corinne Reignier

 

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