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Poésie

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LES PIES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



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LES PIES

De branche en branche
Les pies
Sautent, noires et blanches,
Et crient.

Un attelage,
Monumental comme une grange en marche,
Sur la montée, à contre ciel, près d’un village,
Bombe sa charge ;

Les fers des gros chevaux résonnent,
Le charroi passe, énorme et lourd,
Les petites maisons frissonnent
Aux carrefours.

Tandis qu’aux alentours,
Noires et blanches,
De branche en branche,
Les pies
Crient.

Tandis qu’aux alentours,
Noires et blanches,
De branche en branche,
Les pies
Crient.

(Emile Verhaeren)

 

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IL PLEUT (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



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IL PLEUT

Oui, il pleut comme jamais je n’ai vu…
Et cette lourde clarine assoupie,
Comme elle sonne en la grange pourrie !
Comme elle sonne en mon coeur qui s’est tu !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Et pour le cerveau quel agacement !
Jour primitif plein de boue et rigoles !
Une pauvre voisine, à demi folle,
Hurle contre la pluie en ricanant…

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Oui, il pleut… Et cela sonne humblement
Comme tout ce qui est amour et haine…
Non loin un enfant, près d’une fontaine,
Joue à l’harmonica, très tristement.

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

Que de vains contes disent les clarines !
Quel monde vide de tout rêve ! Rien !
… Comment lors ne pas pleurer tel un chien,
Oui, comment ne pas mourir fou, pardine !

Oh ! les pleurs des clarines quand il pleut !

(George Bacovia)

 Illustration

 

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La vieille calèche au fond de la grange (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



la vieille calèche au fond
de la grange est pourrie
comment se souvenir
des dimanches des rires
de filles et puis du temps
qui tournait avec ses roues
sur le pavé cahotant
chanté par l’accordéon ?

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Mouvante place des hommes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Mouvante place des hommes

Où sommes-nous ?

Dans la tempérance d’une rivière
Dans la démesure des torrents

Dans le compas de l’oeil
Dans les brumes de la chair

Dans l’attelage des monstres
Dans les mains sans épine

Dans les nasses du doute
Dans la force des granges

Dans l’angoisse qui mobilise
Dans la peur qui engloutit

Dans le foisonnement du corps
vivier qui fonde l’esprit

Dans le songe insulaire
Dans le rêve faiseur d’hommes

Dans la dissolution des mots
Dans le tissu de la parole

Dans les randonnées du sang
Dans la réunion du coeur ?

Où sommes-nous ?

Où aucun ciel ne peut prétendre !

(Andrée Chedid)


Illustration: Maryse Casol

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LA CLOCHE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



 

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LA CLOCHE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE

Lorsque, dans un silence aussi grand que la mort,
Parmi ces monts perdus où sont de rares granges,
L’annonciation sonna, du vent du nord,
La cime de mon coeur se courba comme l’ange.

(Francis Jammes)

 

 

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LA PLAINE (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018


 


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LA PLAINE

La plaine est morne, avec ses clos, avec ses granges
Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
La plaine est morne et lasse et ne se défend plus,
La plaine est morne et morte — et la ville la mange.

Formidables et criminels,
Les bras des machines diaboliques,
Fauchant les blés évangéliques,
Ont effrayé le vieux semeur mélancolique
Dont le geste semblait d’accord avec le ciel.

L’orde fumée et ses haillons de suie
Ont traversé le vent et l’ont sali :
Un soleil pauvre et avili
S’est comme usé en de la pluie.

Et maintenant, où s’étageaient les maisons claires
Et les vergers et les arbres parsemés d’or,
On aperçoit, à l’infini, du sud au nord,
La noire immensité des usines rectangulaires.

(Emile Verhaeren)

 

 

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À NOUVEAU (Jacques Goorma)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



 

À NOUVEAU

À l’air de rien

Dire les choses
comme en passant
pour qu’elles restent

*

Aux lèvres de bois

La porte me profère
chaque fois que je sors

*

Aux mécontents

Ils vont à la source
avec un petit vase

*

A la recherche

La science
pour éviter l’imprévu
le poème
pour le rencontrer

*

Au réconfort

La musique de Bach
console de la douleur
qu’elle suscite

*

À l’âme

Ce peu de noir
au fond des yeux
et qui peut tout

*

Au poème

Une étincelle
dans la grange

(Jacques Goorma)

 

 

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ON VEUT, O MA DOULEUR… (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



 

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On veut, ô ma douleur, qu’à ta beauté
J’enlève sa parure naturelle,
Que j’émonde l’arbre, que j’effeuille la fleur,
Que je mette broche et ceinture au manteau viril.

On veut enchaîner mon vers impétueux
Dans un cachot cruel, étroit et sonore,
Comme l’épi vanné dans la haute grange
Ou le raisin mûr dans le pressoir rustique.

C’est impossible : la comédienne servile
Calcule sa démarche et son sanglot lorsque,
Couverte de fards, elle feint de supplier :

La grande douleur, l’âme désolée,
Ne peut ni cacher sa pâleur avec du carmin,
Ni tresser ses cheveux quand elle pleure.

(José Marti)

Illustration: Emma Blackwood

 

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Les demeures (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Les demeures

Je dors dans un palais de marbre et d’ambre,
le jour n’a pas soulevé ma paupière.
J’entends rôder tes pas de chambre en chambre
comme y rôdaient les matins de septembre
et mon sommeil s’emplit de ta lumière.

Mais t’entendrai-je encor si tu m’éveilles,
si tu m’ouvres les yeux pour ne rien voir?
Mes yeux ne sont pas faits pour le soleil.
Mon lendemain vaudrait moins que la veille
si tu montrais sans précaution ta gloire.

Puisque j’étais convié à tes demeures
je n’avais peur ni de toi ni des anges
mais je suis si peu fait pour ta splendeur
qu’il m’eut suffi d’être le maraudeur
qu’on laisse asseoir sous ton portail de grange.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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La chouette (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration
    
la chouette, visage humain

les étoiles aussi sont nocturnes.

le soir on entend la note claire
du hibou petit duc
invisible
comme Dieu.

naguère les paysans
les crucifiaient aux portes des granges.
elles étaient, prétendaient-ils,
de mauvais augure.

On l’avait dit aussi du Christ

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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