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Poésie

Posts Tagged ‘grappe’

Le raisin a pour patrie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



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Le raisin a pour patrie
Les doigts de la vendangeuse.
Mais elle, qui-a-t-elle,
Passé l’étroit sentier de la vigne cruelle?

Le rosaire de la grappe;
Au soir le très haut fruit couchant qui saigne
La dernière étincelle.

(René Char)

 Illustration:  William Bouguereau

 

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L’URNE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



 

Guorun Wen   (27) [1280x768]

L’URNE

Sépulcre de silence et tombeau de beauté,
La Tristesse conserve en cendres dans son urne
Les grappes de l’automne et les fruits de l’été,
Et c’est ce cher fardeau qui la rend taciturne,

Car sa mémoire encore y retrouve sa vie
Et l’heure disparue avec la saison morte
Et tout ce dont jadis, enivrée et fleurie,
Elle a senti l’odeur féconde, saine et forte;

Et c’est pourquoi tu vas, en ta sombre jeunesse,
Portant en l’urne d’or les cendres de l’été
Et que je te salue, ô passante, Tristesse,
Sépulcre de silence et tombeau de beauté!

(Henri De Régnier)

Illustration: Guorun Wen

 

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Éros (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Éros

Comme une pierre trop lourde que je ne puis déplacer ;
comme une porte solide que j’ébranle à peine et ne puis ouvrir ;

comme une grappe trop haute que mes bonds ne font que porter mes mains à l’effleurer;
ainsi — ce qui peut donner et qui ne veut.

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le linge servait d’écriture (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



 

Le linge servait d’écriture
Le village étirait sa patience
entre deux arbres
Toi, tu marchais dans le craquement blanc
d’un chemin que surplombaient les vignes
Tes mots étaient plus bas, plus doux
que le ventre mauve et sucré des grappes.

***

Les mots se sont creusés
à cause des morts
malgré la langue des arbres
et de la mare rompue au silence

Maintenant ils mesurent
le simple frémissement
discernent dans la danse de l’herbe
la loi calme du vent
et cette nécessité
d’intensifier le murmure.

***

La poésie est un rapport amoureux au monde.
Ses mots tournent de manière inverse autour du soleil.

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Comme elle chante (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

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Comme elle chante
Dans ma voix,
L’âme longtemps murmurante
Des fontaines et des bois !

Air limpide du paradis,
Avec tes grappes de rubis,
Avec tes gerbes de lumière,
Avec tes roses et tes fruits ;

Quelle merveille en nous à cette heure !
Des paroles depuis des âges endormies
En des sons, en des fleurs,
Sur mes lèvres enfin prennent vie.

Depuis que mon souffle a dit leur chanson,
Depuis que ma voix les a créées
Quel silence heureux et profond
Naît de leurs âmes allégées !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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Oui, tout est simple (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



    

Oui, tout est simple.
Ce sont les hommes qui compliquent les choses.

[…]

Une fois pourtant, dans un cloître baroque, à l’extrémité de la ville,
la douceur de l’heure, les cloches qui tintaient lentement,
des grappes de pigeons se détachant de la vieille tour,
quelque chose aussi comme un parfum d’herbes et de néant
fit naître en moi un silence tout peuplé de larmes
qui me mit à deux doigts de la délivrance.

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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Les bijoux (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



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Les bijoux

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

 

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Le temps (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Le temps

Les grappes jaunes des cytises
Le rouge-gorge aux gros oeufs bleus
La femme blonde aux robes roses
Et le soleil qui nous attise

La fine épine du clocher
La paume tendre du ciel berceur
Rauque le cri d’un remorqueur
Les amoureux rêvant couchés

Sur la pelouse des lueurs
Sur leurs épaules la fraîcheur
Questions Silence La peur.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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