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Posts Tagged ‘gras’

Retouche à la Beauté (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Retouche à la Beauté

Elle passe
et je deviens un dieu gras

(Daniel Boulanger)


Illustration: Leonid Afremov

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Que dit le cochon (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Illustration
    
que dit le cochon

Pour parler, dit le cochon,
ce que j’aime c’est les mots porqs :
glaviot grumeau gueule grommelle
chafouin pacha épluchure
mâchon moche miches chameau
empoté chouxgras polisson.
J’aime les mots gras et porcins :
jujube pechblende pépère
compost lardon chouraver
bouillaque tambouille couenne
navet vase chose choucroute.
Je n’aime pas trop potiron
et pas du tout arc-en-ciel.
Ces bons mots je me les fourre sous le groin
et ça fait un pöeme de porq.

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

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Le beau navire (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le beau navire

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,

Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l’imprimer dans ton coeur, ton amant.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

(Charles Baudelaire)

Illustration: John William Waterhouse

 

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L’orage (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

L’orage

Debout près d’un bouleau, je vois foncer l’orage,
Le vent cingler les eaux paisibles du ruisseau,
Les villages courber, ainsi que des taureaux,
Leur dos gras et bourru sur les grands pâturages.
Moi, je ne pense à rien. Je laisse les odeurs
Envahir les recoins les plus nus de mon coeur.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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LES TROIS FEMMES DU MANDARIN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

LES TROIS FEMMES DU MANDARIN
Sao-Nan

L’ÉPOUSE LÉGITIME
Il y a du vin dans la tasse, et dans le plat il y a des nids d’hirondelles.
Depuis les temps les plus reculés, un mandarin a toujours respecté son épouse légitime.

LA CONCUBINE
Il y a du vin dans la tasse, et dans le plat, il y a une oie bien grasse.
Quand la femme d’un mandarin ne lui donne pas d’enfants, le mandarin choisit une concubine.

LA SERVANTE
Il y a du vin dans la tasse, et dans le plat il y a des confitures variées.
Il importe peu, à un mandarin, qu’une femme soit épouse ou concubine, mais il veut chaque nuit une femme nouvelle.

LE MANDARIN
Il n’y a plus de vin dans la tasse, et dans le plat il n’y a qu’un poireau sec.
Allons, allons, femmes bavardes, ne vous moquez pas d’un pauvre vieux.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE (Negro Spirituals)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE

Oh, venez peler l’ maïs,
J’ suis content!
Le plus beau du pays,
J’ suis content!

Jamais on n’avait vu,
J’ suis content!
De maïs plus velu,
J’ suis content!

Jamais, depuis qu’ j’ suis né,
J’ suis content!
Des grains si bien formés,
J’ suis content!

Travaillez vite et mieux,
J’ suis content!
Pour plaire à not’ Monsieur,
J’ suis content!

Ses esclaves sont bien gras,
J’ suis content!
Et luisants comme des rats,
J’ suis content!

Ceux d’ Monsieur Jones sont maigres,
J’ suis content!
Il affame ses pauv’ nègres,
J’ suis content!

Mais nous sommes bien nourris,
J’ suis content!
De beaux épis d’ mais,
J’ suis content!

(Negro Spirituals)

 

Recueil: Fleuve profond, sombre rivière
Traduction: Marguerite Yourcenar
Editions: Gallimard

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AMOUR DE MAI (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
AMOUR DE MAI

Le chien du boulanger
Est maigre comme un clou,
Mais celui du boucher
Est gras et rond comme une pomme de terre.

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Ô que la vie est douce
Sur ce vieux banc de frêne.
Qu’il me soit pardonné,
J’y ai beaucoup aimé :

Un visage si pur,
Des yeux clairs, une eau calme,
Un moineau sur un mur…

Petite mère, prenez garde à vous,
Petite mère, prenez garde à vous.

Mon coeur est si léger
Que je l’entends à peine,
Mon coeur est si léger
Quand il n’a pas de peine;

— Mais il n’est plus tout, tout à vous
Petite mère, prenez garde à vous —

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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La grenouille (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La grenouille

Une grenouille
Qui fait surface,
Ça crie, ça grouille
Et ça agace.

Ça se barbouille,
Ça se prélasse,
Ça tripatouille
Dans la mélasse.

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse.

Mais pour un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore,
Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.

(Pierre Coran)

 

 

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Le coeur et le foie (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Le coeur et le foie

Refrain 1
On dit que j’ai du coeur
Que je n’ai pas les foies
Pourquoi?
Moi je trouve ma foi
Que l’on fait trop d’honneur
Au coeur
Désormais je veux chanter le foie
Sans me faire de bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

1
Désormais je dirai
Aux femm’s que j’aimerai
Je vous aime de tout foie.
Pour vous parler foie à foie
La main
Sur le foie
Le foie
Sur la main
Mais vous me fendez le foie
Si vous me refusez votre amour.
Je me sens le foie lourd
Auriez-vous un foie d’artichaut?
Quant à moi je vous l’dis j’ai l’foie chaud
Je suis homme de foie
J’ai un foie d’or
Et puis encor
Je vous ouvre mon foie
Je vous donne ma foi
Vous, vous êtes jolie comme un foie
Moi j’ai mauvaise tête bon foie.

Refrain 2
Au lieu d’ parler du coeur
Je parlerai du foie
Pourquoi?
Moi je trouve ma foi
Que l’on fait trop d’honneur
Au coeur
Les poèt’s parleront tous du foie
Sans se faire de bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

2
Dans le Cid aux Français
Don Diègue s’écrierait
Eh! Rodrigue as-tu du foie?
Car son fils, il le tutoie
Richard
Foie de lion
Et son
Étendard
Paraîtront à l’Opéra
Foie de Française on affichera.
De mêm’ les beloteurs
N’auront plus ni valet, ni roi d’ coeur
Valet d’ foie, Dam’ de foie, Roi de foie
Sept huit neuf dix de foie.
De gaieté d’ foie
Les blanches oies
Nous donn’ront du coeur gras
Si ce chant n’ vous plaît pas
Nous pouvons chanter les deux poumons
L’estomac l’ pancréas les rognons.

Refrain 3
Au lieu d’il a bon coeur
On dira il a bons
Poumons
Ou il a bons rognons
Au lieu d’ la bouche en coeur
Ma soeur
C’est bien sûr aura la bouche en foie
Ne nous faisons plus d’ bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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