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Poésie

Posts Tagged ‘gravats’

POUR REFAIRE LA NUIT (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019



Pour refaire la nuit il me fallait tes yeux
Tes mains multipliées ta bouche
Ton corps était l’écran qui me masquait le jour
J’étais aveugle à l’heure de l’amour
Maintenant tu franchis les passes écumeuses
Mon ombre est seule à tes côtés
Sur les gravats entre les rides
Des champs écartelés
Il fait clair pour toujours
Je me verrai toujours
Mes yeux mes mains ma bouche sans ombre sans faiblesse
Fichés dans l’horizon comme des flèches d’os.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Que faire de la petite voix (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019




Que faire de la petite voix
Sans voix
Qui dit des choses
Qu’on ne dit pas
Même
A l’oreille qui n’entend pas

On la connaît grain de sable
Tombée des meules
De la montagne
Où presque personne ne va

On la savait goutte de pluie
D’une pluie
Dont les dernières
Moussons faisaient cadeaux

On traîne ce lambeau d’âme
Comme une carie
Parmi les canines aiguisées
Du quotidien

Et les molaires
Mâcheuses de crépuscules

La parole sans verbe envoie
Ses marteaux-piqueurs
Défoncer
La mosaïque de nos images

Et les parpaings mal ajustés
Du silence
Ecrasent le reste en tombant

Laissant
Sur ces gravats
Les luzernes dorées et folles

(Werner Lambersy)

Illustration: Jeana Sohn

 

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Chant de l’Âme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Chant de l’Âme

transparent et dévasté
il ouvre
le fond des mondes

ouvre
les étoiles
aimantées
aux gravats du coeur

il marche
vers l’intérieur de soi
par foulées
d’incantations

marche
vers les tables de l’abandon

où il faut
revenir
fièvre en haleine
aux récits du ciel sombre

où il faut
obstinément
revenir
en poignées d’infini

recueillant
des passages ciel-terre
des sommeils
renversés

obstinément

rendre grâce
aux livres d’épreuves
aux caps d’engouffrement
tatouage de ruines
et poudre de vie

il montre
ce qui fleurit sans fin
dans l’ombre
bleue

à l’affût de lui-même
à l’affût du très vif

la pulpe
d’arc-en-ciel
sépulture de rosée
sur la montagne des vivants

(Zéno Bianu)


Illustration

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L’alluvion (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
L’alluvion

Au fer de ta métamorphose
Au pont d’acier de tes deux fleuves
Je t’ai nommée
La souveraine vive

Et je t’avais conviée
Parmi les nids
(L’oiseau de proie descend, calme et livide)
Parmi les nids et les gravats
Et les combes herbeuses

D’où venait que j’aimais l’ordre improbable de ton sang
Ta voix d’ivresse entre les feuilles
Et les feuillages de ton nom

J’ai aimé
J’ai vécu
Dans la circulation rêvée de ton passage
Et j’aimais que tes mains se répandent

Dans l’alluvion où l’autre preuve est la rosée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Départ (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Départ

Et les armoires se souviennent d’un grand départ clair
Une clef rouille sous la porte
Ton pas soulève encore l’écho
Endormi des passages

Une étoile éloignée te regarde peut-être
T’éloigner des chemins d’épines et de gravats

Retourne-toi encore, mon ami radieux
À quelques pas j’ai déchiré
L’absence qui t’emportait

À quelques pas seulement
Les armoires se souviennent
D’un grand ordre éclairé
Des fêtes dans les aubes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Il y a en moi un puits très profond (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration
    
Il y a en moi un puits très profond.
Et dans ce puits, il y a Dieu.
Parfois, je pensais à l’atteindre.
Mais le plus souvent des pierres et des gravats
obstruent ce puits et Dieu est enseveli.
Alors il faut le remettre au jour.

(Etty Hillesum)

 

 

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Il n’y a plus que toi et moi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

Heinz Geiringer x [1280x768]

Il n’y a plus que toi et moi dans la mansarde
Mon père
Les murs sont écroulés
La chair s’est écoulée
Des gravats de ciel bleu tombent de tous côtés

(René Guy Cadou)

Illustration: Heinz Geiringer

 

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C’était bien (Le P’tit Bal perdu) (Robert Nyel)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



C’était bien (Le P’tit Bal perdu)

C’était tout juste après la guerre,
Dans un petit bal qu’avait souffert.
Sur une piste de misère,
Y’en avait deux, à découvert.
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

(Refrain)
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.
Y’avait tant d’insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c’est qu’ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c’était bien…
Et c’était bien…

Ils buvaient dans le même verre,
Toujours sans se quitter des yeux.
Ils faisaient la même prière,
D’être toujours, toujours heureux.
Parmi les gravats ils souriaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

(au Refrain)

Et puis quand l’accordéoniste
S’est arrêté, ils sont partis.
Le soir tombait dessus la piste,
Sur les gravats et sur ma vie.
Il était redevenu tout triste
Ce petit bal qui s’appelait,
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.
Y’avait tant de lumière,
Avec eux dans la rue,
Alors la belle affaire
Le nom du bal perdu.
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c’est qu’on était heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c’était bien…
Et c’était bien.

(Robert Nyel)

Interprété par Bourvil musique de Gaby Verlor


Illustration: Pierre-Auguste Renoir


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Jette-toi dans les bras de l’air (Paul Chamberland)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Jette-toi dans les bras de l’air.

Non ?
Trop lyrique ?

À ras de terre
mâchouille les gravats de chantiers,
obsède-toi de la laideur des êtres,
ne lésine pas, gobe jusqu’au fiel.

Ton regard a bien fait le deuil de cette sucrerie,
un pan de ciel ?

Le nirvana n’est pas d’abord un aller simple pour l’extase
mais un tourniquet de gifles.

Es-tu prêt à flairer la poche de hontes rassurantes
que tout un chacun traîne avec soi, furtif, dans la cohue ?

La bande du trottoir est un Jugement dernier en marche.

(Paul Chamberland)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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J’extirpe de mon coeur des morceaux de silence (Thierry Sajat)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2015



J’extirpe de mon coeur des morceaux de silence.
Je compose des vers jusqu’au dernier frimas
De l’aube, comme si j’avais peur des gravats
De la Nuit, comme si j’avais des turbulences

Dans ma tête… J’écris ces bribes de douleurs,
Cet impalpable mal qui va jusqu’aux fatigues
Du corps et puis de l’âme, au-delà de ces digues
Qui retiennent la vie avant qu’il ne l’effleure

Cet ailleurs qui fait peur…

(Thierry Sajat)


Illustration

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