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Poésie

Posts Tagged ‘grave’

La cloche du temple (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019




    
La cloche du temple
Sonne grave dans le soir
C’est à ma frange
Ornée de boutons de pêcher
Qu’il faut chanter tes sûtras !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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La parenthèse déchantée (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Lucie Llong
    
La parenthèse déchantée

Pendant ma pause
je vais rentrer
et nous ferons l’amour
dans la chambre
aux volets fermés
dehors la pluie
continuera de tomber
la terre de tourner
et les hommes de dégringoler
entre deux mensonges
mais ce n’est pas bien grave
puisqu’il reste quelque part
une chambre
aux volets fermés
où faire valser
nos deux pénombres

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Nourrir les bêtes (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019




    
Nourrir les bêtes

Vient ce moment
où tu n’es pas encore
un homme
mais déjà plus
un enfant
tu comprends
que les fleurs
germent poussent
fleurissent
puis meurent
tout cela n’est
pas bien grave
c’est juste
qu’il faut nourrir
et soigner les bêtes
pour qu’elles vivent
c’est juste
que pour aimer
il faut avoir
quelque chose
à perdre

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Seul à seule chacun se donner le spectacle (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Seul à seule chacun se donner le spectacle
De soi-même et de l’autre et le donner à l’autre
Très attentivement très scrupuleusement
Tant qu’à la fin c’est vrai tout ce grave opéra :

le t’ai vraiment donné le jour
A force de couver tes seins dans mes paumes

Je t’ai vraiment prostituée
Tu m’as vraiment jeté aux bêtes

Je suis vraiment la tombe où l’on t’enterre vive
Je me nourris vraiment de tes liqueurs

Vraiment je plane et je t’emporte
Suspendue à mon ventre comme une torpille
Vraiment nous explosons ensemble
Quand je m’écrase sur les cimes.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Qui taillera cette vigne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Alphonse Mucha Winter 1897 32x73cm panel [1280x768]

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver ?
— Là-haut, passeront des cygnes ;
Là-bas, les blés seront verts —

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine ;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine ;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
— Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons —

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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NOUS NOUS ENLEVAMES (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2019



Nous nous enlevâmes
Religion nouvelle
Corridor des rues
Pour la saison de terre
Comme deux oiseaux

Hardi l’heure grave
Nous nous enlevâmes
Les bras au large
Comme une clameur

Génial sourire
Qu’est-ce qui est tombé ?

Guéris de tous les morts
Deux bons corps qui s’aiment
Voisinent et le savent.

(Pierre Morhange)


Illustration: Gilbert Garcin

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ÉCHO TARDIF (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



ÉCHO TARDIF

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

Les journaux parlaient d’événements graves,
De temps agités ou bien de regrets.
Ombres suspectes dans le cabaret…
Les journaux parlaient d’événements graves.

Tard dans la nuit, tympanons en liesse…
Au fond du louche borgne cabaret,
Des femmes beuglaient leur factice ivresse
Dans les relents du tabac violet.

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave que la blancheur ? (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave
que la blancheur ? quelque chose
de plus immobile, de plus achevé

Que la blancheur ? y a-t-il au monde
chose plus proche et plus

Inatteignable dans l’enivrement
toujours de la première fois
et la continuité des choses d’au-delà ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce qui frémit (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018




    
Ce qui frémit : comme un cri
chuchoté, une palpitation de voyelles
ou ce parfum de fleurs invisibles.
Et toi, hors de toi-même,

Cherchant à discerner par froide nuit,
dans le chaos silencieux des étoiles,
des ombres, solitaires sentinelles
ajustées à l’envol.

Ici commence tout vertige,
tu respires le vent et ses lointains,
l’heure vide, l’instant sans poids.

Alors la nuit grave et sans contour,
comme une source de mémoire et d’encre,
descend dans le feu et le sang.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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