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Posts Tagged ‘gravir’

On part à sa guise et l’on chante (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Rockwell Ken 1_500

On part à sa guise et l’on chante
– Quel écho dira le refrain?
Ce sont nos vieux airs qui me hantent,
Et comme une angoisse m’étreint

On part à son heure et sans hâte
– Et le pas s’est précipité
On a choisi la route plate
– Nous allons gravir le sentier;

On part pour se prouver libre,
A son heure, sur la route qui plut
– Déjà on est las de la suivre:
N’est plus libre quiconque a voulu.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Rockwell Ken

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Les épines des fleurs (Buson)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Coeur lourd et triste
gravissant la colline
les épines des fleurs

(Buson)

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LE PÉRIPLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LE PÉRIPLE
pour Winifred Nicholson

En gravissant la colline de fossiles
J’ai recueilli des petites pierres soudées:
Je me suis souvenue de la mer archaïque
Où jadis ces cailloux furent mes os.

Je marchais le long du mur d’Hadrien;
Le vent du nord soufflait, venant du pôle.
Oh, je fus cet assaut de violence
Contre les remparts du monde!

Au crépuscule, dans une crypte déserte,
J’ai éprouvé la peur de toutes mes morts :
Des formes que j’avais vues avec des yeux de bête
Peuplaient l’obscurité de mystères.

Je suis restée près d’un torrent
Et d’un tertre où poussaient des chardons;
Ce lieu qui si longtemps avait été mon lieu,
Maintenant mon coeur y pourrit sous terre.

J’ai été la truite qui hante le lac,
L’ombre, la présence qui traverse l’eau.
Tant et tant de vies dont je laisse
Les os épars, les ailes brisées !

J’ai été l’animal qui meurt,
Œil qui se ferme sur l’aubépine dentelée,
Carcasse étouffée bientôt par la mousse,
Crâne englouti sous les fougères.

Les traces de mes pas s’enfoncent dans les sables mouvants
Et les champs d’orge ont bu mon sang, .
Ma sagesse a tracé la spirale d’un coquillage,
Mon labeur a dressé un tumulus de pierres sur une colline.

De loin je suis venue et je dois aller loin,
Il y a tant de tombes qu’habite ma douleur,
Mais toujours les doigts morts font naître
Les fleurs que je bénis de mes yeux vivants.

***

THE JOURNEY
For Winifred Nicholson

As I vent over fossil hill
I gathered up small jointed stones,
And I remembered the archaic sea
Where once these pebbles moere my bons.

As I walked on the Roman wall
The wind blew southward from the pole.
Oh I have been that violence hurled
Against the ramparts of the world.

At nightfall in an empty kirk
I felt the fear of all my deaths:
Shapes I had seen with animal eyes
Crowded the dark with mysteries.

I stood beside a tumbling beck
Where thistles grew upon a mound
That man, a day had been my home,
Where now my heart rots in the ground.

I was the trout that bannis the pool,
The shadowy presence of the stream.
Of many many lives I leave
The scattered bone and broken wing.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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La mi-août (Maria Tirenescu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



 

ptit train

La mi-août –
le train halète
gravissant la montagne

(Maria Tirenescu)

Illustration

 

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SOIRS (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

SOIRS

La ceinture du soir se noue et se dénoue
Sous les frissons légers et paniques du vent,

La ceinture du soir se noue et se dénoue.

Le vent bleu de ce soir a des ruses d’enfant :
Il m’offre et me reprend l’appui frais de sa joue,

Car il sait les secrets de tes ruses d’enfant.

II

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine
Hument le soir biblique, un soir au goût de miel,

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine.

L’instant est pur comme un verset d’Ézéchiel :
Combien semble la vie une chose lointaine

Par ce soir pur comme un verset d’Ézéchiel !

III

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été,
Ce soir ont remué l’odeur fraîche des feuilles ;

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été.

Berger de tes désirs j’irai, si tu m’accueilles,
Gravir l’échelle d’or où l’amour est monté,

Car l’amour est deux fois l’amour quand tu m’accueilles.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

 

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Loger la source (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018


 


Igor Morski 5f5ea707 

Loger la source

Il avait lu — tant lu.
Un jour il gravit la montagne qui dominait la terre, il fut ému.
Mais il avait tant lu qu’il était comme un dos de livre.
De lui saillaient les feuilles, elles interceptaient, enfermaient,
froissaient toutes les sources et toutes les frondaisons.
Alors fut en lui une lente faim. Il se sentit pesant et aspira le vent.
Le vent l’effeuilla. Il se trouva comme le dos creux d’un livre sans pages.
Et dans ce long creux le fluent et le verdoyant vinrent s’y loger.
Il devint la source et la clairière.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Igor Morski

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SOUS DES ÉTOILES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018




    
SOUS DES ÉTOILES

L’insecte veut aussi protéger ses demeures
il gravit la colline
pas un mot ne part de l’auberge
au lion dessiné en enseigne
y gît un voyageur
dormant face au papier
de fleurs poudreuses.
Du sel, du froment
dans des resserres obscures
épuisent leur durée.
Hors les perspectives
d’aventure éblouie
demeurent au ciel calmé
d’habituelles étoiles.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toi, voie lactée (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Toi, voie lactée couvrant la solitude de l’âme,
Toi, attente infinie.
Brûle, brûle longtemps après moi,
longtemps encore quand je ne serai plus,
moi qui jamais ne pus gravir ton arche.
Brûle pour le peuple qui un jour surgira des espaces
et qui passera sans crainte au-dessus des abîmes
sur un pont d’étoiles.

***

Du vintergata över själens ensamhet,
du eviga längtan.
Brinn, brinn långt efter mig,
långt efter att jag inte finns,
jag som aldrig fick bestiga din bro.
Brinn för det folk som skall komma vandrande engång
genom rymderna,
som skall vandra tryggt över avgrunden på en bro av stjärnor.

(Pär Lagerkvist)

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Si vous m’aimez (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Si vous m’aimez

Si vous m’aimez, dites-le à la mer,
au feu dans l’âtre, au vent d’automne,
au ciel futur… Ne me le dites pas.
Vous écoutant, j’aurais l’ingratitude
d’aimer la mer, le vent, le feu de l’âtre…
bien plus que vous, bien plus que vos paroles.

Si je retourne à la terre, aux étoiles,
si je renonce à la vie, à la mort,
aux mots que j’aime, à mes poèmes frères
pour célébrer votre seule présence,
je gravirai la pente jusqu’à vous.

Si vous m’aimez, délivrez-vous de n’être
que ce corps neuf apprivoisant le ciel
pour devenir le rêve de mon rêve.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Et que furent les roses (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
et que furent les roses. Du parfum? pour que
j’oublie ….ou la pure Musique gravissant précairement

le crépuscule
mais il y a quelque chose de plus mûrement
enfantin,de plus beau que toi presque.

Mais sinon des fleurs,dis-moi doucement qui

sont ces habituées des rêves à demi-souriant
gravement sur de calmes visages,se déplaçant purement
d’un pas assourdi,quoique assez fièrement aussi —

ne sont-elles pas des dames,les dames de mes rêves
touchant justement les roses par qui vivent blanchement
leurs doigts?
ou mieux,
des reines, des reines riant légèrement
couronnées de couleurs lointaines,

pensant beaucoup
à rien et que l’aube préfère toucher
sur les ruisseaux penchés,près des saules votives?

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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