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Poésie

Posts Tagged ‘graviter’

Milieu de la vie (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration: Carrie Vielle
    
Milieu de la vie

Côté ombre côté flamme
tu traverses la vallée
tant de nuit qui te réclame
accélère ta foulée

et ton sang tu le surprends
au delta des tempes folles
dérouté car il comprend
quelle terre à ton pied colle

le soleil tombe plus vite
chaque soir dans son mystère
une sève en toi gravite
une graine encor se terre.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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CE QUE NOUS SOMMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Emma Blackwood  1

CE QUE NOUS SOMMES

Tu es radeau dans l’éclaircie
Tu es silence dans les villes
Tu es debout
Tu gravites
Tu es rapt d’infini

Mais tel que je suis
que j’écris que je tremble
Je te sais parfois
refroidi de toi-même
quand les fables et le sel t’ont quitté !

Je te sais
Tantôt mutilé
Tantôt espace

Tantôt épave
Ou illumination

Je te sais
disloqué par les parcelles du monde

Mais je te sais
De face
Dans la forge de ton feu.

(Andrée Chedid)

Illustration: Emma Blackwood

 

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Ne parlez pas (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Josephine Wall
    
Ne parlez pas

Ne parlez pas Ne parlez pas Vous êtes
Un cercle du silence qui gravite
Jusqu’au coeur de la terre et jusqu’au bord du temps
Le silence vous vêt de son surpassement
Hors de soi hors du sang Écoutez battre
Métronome le pouls du monde époumoné
Ne parlez pas Toute parole est carnassière
Fourrure d’un renard qui cache ses rapines.

Ne parlez qu’avec les racines
que la langue en vous enterra
ce que votre bouche taira
reviendra nourrir l’origine.

Lorsque vous plongerez sans masque au fond des choses
Au fond des mots frôlant des monstres albinos
Peut-être glisserez-vous vers nos points de rencontre
Entre deux nuits Entre deux langues naufragées
Là où l’éveil survit en sa gangue émeraude
Là où gît l’épave camouflée des désirs
Ne parlez pas Ne parlez pas Votre silence
Est le silo où l’on engrangea tous les grains
Ceux de l’assomption et ceux de la pensée
Et ceux qui germent dans nos songes sous-marins.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE

Tes longs cheveux, tes yeux et ton sourire.
Car pour mieux consumer ma bouche sèche, tu souris
Arrête-toi, je me baigne, je meurs
Dans ce sourire. Et tes yeux rient. Tu me relèves,
Tu me fais naître enfin, tu fortifies
Mes forces. Je retourne à ces jours.

Errant alors avec la vanité des livres, le sortilège
Des pensées qui s’entortillent, les mots sans rémission
Une Sorbonne grise et gravitant
Au-dessus de la mort et des gloses, le désespoir
Au terme des tombeaux. Perdu
Parmi tant de concepts. Je n’avais pas vécu,
Je ne connaissais rien : inemployé, vide et de coeur étroit.
Ignorant l’art des mots, titubant de détresse. Tu m’inventais

Pour renaître à l’état de chant, comme la source,
Filant de sa quenouille tresse de jour
Et note pure, maintient la mélodie.
Je tiens de toi notes et mots, ce que je dois savoir.

Ô fruits ensoleillés des premières paroles
Pour nourrir en chemin nos bouches qui se cherchent.
Nos mains mêlées et nos coeurs assourdis,
Même pensée en même temps, et la lumière —
Mais d’où venue cette lumière ?
Pour nous creuser et nous étreindre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le poème (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017



Illustration: Gustave Moreau
    
Un poème sommeille en moi
Qui exprimera mon âme entière.
Je le sens aussi vague que le son et le vent
Non modelé dans sa forme accomplie.

Il n’a ni stance, ni vers, ni mot.
Il n’est même pas tel que je le rêve.
Rien qu’un sentiment confus de lui,
Rien qu’une brume heureuse entourant la pensée.

Jour et nuit dans mon mystère intime
Je le rêve, je le lis, je l’épelle,
Et sa vague perfection toujours
Gravite en moi à la frange des mots.

Jamais, je le sais, il ne sera écrit.
Je sais et j’ignore à la fois ce qu’il est.
Mais je jouis de le rêver,
Car le bonheur, même faux, reste le bonheur.

***

The poem

There sleeps a poem in my mind
That shall my entire soul express.
I feel it vague as sound and wind
Yet sculptured in full definiteness.

It has no stanza, verse or word.
Ev’n as l dream it, it is not.
‘Tis a mere feeling of it, blurred,
And but a happy mist round thought.

Day and night in my mystery
I dream and read and spell it over,
And ever round words’ brink in me
Its vague completeness seems to hover.

I know it never shall be writ.
I know I know not what it is.
But I am happy dreaming it,
And false bliss, although false, is bliss.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poèmes anglais
Traduction: Georges Thinès
Editions: Points

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Architecture de silence (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



Illustration
    
Architecture de silence
odeur des siècles sous l’instant
danse intérieure de l’éternel vaincu, le seul à nous attendre
par myriades d’électrons inécoutés,
peuples enfouis
qui gravitent vers leur centre

(Serge Sautreau)

 

Recueil: Abalochas
Editions: Pierre Bordas et fils

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Le vent soustrait (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2017



    

Le vent soustrait

Tout s’échappe, se délite
et gagne la fumée,
le souffle et les choses sans forme
autour desquelles nous gravitons.
Les mots comme les gens
courent au plus pressé
puis s’effacent dans leur blancheur.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Tout oscille! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Du conscient et l’inconscient, le pendule de l’esprit balance.
Entre ces deux pôles se tiennent là suspendus, créatures et mondes et jamais le balancement de ce pendule ne s’interrompt.
Là sont des millions d’êtres ; là gravitent le soleil et la lune.
Passent des millions d’âges, et le pendule oscille encore.
Tout oscille! Ciel et terre, air et eau;
et le Seigneur lui-même qui prend forme.
Si Kabîr veut servir, c’est qu’il a vu cela.

***

Between the poles of the conscious and the unconscious, there has the mind made a swing :
Thereon hang all beings and all worlds, and that swing never ceases its sway.
Millions of beings are there : the sun and the moon in their courses are there :
Millions of ages pass, and the swing goes on.
All swing! the sky and the earth and the air and the water; and the Lord Himself taking form :
And the sight of this has made Kabîr a servant.

(Kabîr)

 

 

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Les racines se tordent avec le ver (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Les racines se tordent avec le ver — le passage au tamis
de l’horloge va de pair avec le coeur du moineau.
Entre branche et flèche — le mot
méconnaît son nid, et la graine, secouée
par des eaux plus naturelles, n’avouera pas.
Seul l’oeuf gravite.

(Paul Auster)

Illustration: Vladimir Kush

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Préambule à une terreur métaphysique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Préambule à une terreur métaphysique

Gravite une maison isolée surplombant la mer

Mon esprit se disloque dans le labyrinthe des passions

Irrité par la circonférence toujours close mon être secret et meurtrier cherche son
salut

L’angoisse du temps porte un masque et l’obsession un soir de me coucher seul me
poursuit
mais la grâce du langage revêt une profonde langueur
L’épiderme ardent sur une terre aride égaré dans un océan fouetté par les vents
accablé par les couleurs violentes je regrette les outrages et les rancoeurs
car dans l’amplitude de l’espace cette crotte de terre est l’endroit absolu pour
s’enfuir.

Gouttes du temps la forêt navigue le vent retrousse la vague
l’étoile se referme dans la captivité où ricane l’horizon

Un rire de chair dans le miroir de l’âme au rythme de la marche toute la forêt
tremble et la marée des moissons retourne à la source du sommeil où bourdonne le
jardin.

L’inquiétude des eaux ouvre mon cœur à la cruauté des choses
et je glisse ma main dans l’étoffe des nuits pour palper le sien.

Le mur a l’aspérité qu’il faut pour que mes doigts le reconnaissent
car le poli est anonyme et ne renvoie à rien
Rugosité tu es la présence de la matière
et le ciment lie la pierre à la pierre pour édifier dans l’espace vide
le lieu de l’étreinte de deux corps qui se prennent
et de deux coeurs qui s’éprennent

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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