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Poésie

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AU GRÉ DU VENT (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
AU GRÉ DU VENT

Pas mal de mots
légers
comme graines de peuplier

s’élèvent
par le vent soulevés
et retombent

difficiles à saisir
ils portent loin
comme graines de peuplier

plus tard peut-être
pas mal de mots
rendront meuble la terre

peut-être projetteront-ils une ombre
Une ombre maigre
et peut-être pas

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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La force des quatre vents (Cédric Demangeot)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
La force des quatre vents
serrée au coeur du grain
refuse le dégel
rayonne de sa retenue.

Nulle main ne viendra
libérer contre son gré
sa liberté de n’être pas
la force des quatre vents.

Le silence est la loi
de la rose du centre.

(Cédric Demangeot)

 

Recueil: Autrement contredit
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Au gré (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018




    
Au gré
De l’onde
Coulent les regrets

Au gré
Du vent
S’égouttent les larmes

Au gré
Du sang
S’effrite le temps

(Pierre Emmanuel)

 

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Tu ne cesseras pas (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Tu ne cesseras pas
de t’étourdir, d’être lucide :

poursuivre à ce rythme,
entrer à son gré
dans le passage inapaisable,

l’éphémère en s’y ressourçant
te ressource avec lui.

(Pierre Dhainaut)

 

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Bien avant d’avoir pu contempler (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



 

Bien avant d’avoir pu contempler à mon gré
Ta statue en chair toute nue,
J’avais vu tout ton corps, quoiqu’il me fût muré.
Et sa beauté m’était connue.

Des corsages jaloux traversant les rideaux,
Mes yeux touchaient ta gorge blanche ;
Et j’avais deviné la chute de ton dos,
Ta croupe, ton ventre, ta hanche,

Ton mollet rond, ta cuisse au contour ferme et plein,
Rien qu’à voir ta cheville preste.
Le bas de jambe est comme un espion malin
Qui trahit les secrets du reste.

Depuis lors je t’ai tenue
Entre mes doigts curieux.
J’ai vu ta chair toute nue
Sous mes yeux.

J’avais bien deviné juste
Tes invisibles trésors,
Tes flancs, tes reins et ton buste.
Tout ton corps.

Il faudrait un dithyrambe
Pour célébrer tes appas.
Car, sang-dieu ! ton bas de jambe
Ne ment pas.

(Jean Richepin)

 Illustration: Charles Amable Lenoir

 

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Il faut nous aimer (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



couple-amour

Il faut nous aimer

Il faut nous aimer sur terre. Il faut nous aimer vivants.
Ne crois pas au cimetière. Il faut nous aimer avant.
Ma poussière et ta poussière deviendront le gré des vents.

(Paul Fort)

 

 

 

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La cascade (Dominique Chipot)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



la cascade
s’approche, s’éloigne
au gré du chemin

(Dominique Chipot)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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EST-CE UN POÈME… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2015



EST-CE UN POÈME…

Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il comme un ivrogne
Embrasser les gens dans la rue ?
Il ne sait pas mais, à grands coups,
On frappe en lui dans les ténèbres,
Il faut qu’il ouvre à l’inconnu.
Mais où la porte ? et quelles clefs ?

Il ne sait pas pourquoi ces coups,
Pourquoi son coeur est sur sa main…
Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il jeter sa vie
Dans le giron d’une passante,
Plus belle encore, et maternelle,
D’être la première venue ?

Il a suffi qu’un oiseau bouge
Dans les forêts de sa poitrine
Et le voici, tout eau-de-feu,
Qui ne sait plus s’il croit en Dieu
Ou si Dieu n’est que son chef-d’oeuvre ;
Il court comme une signature
Mais est-ce lui qui va mourir ?
Mais est-il ce billet d’adieu
Qu’on griffonne au bord du couteau ?
Mais qu’a-t-il à léguer au monde
Hormis ses battements de coeur ?

Ah, qui te parle de mourir
Quand tu n’es ivre que d’amour,
O poète qui bats les murs
Pour qu’ils se tiennent éveillés,
Pour que cette nuit ne finisse
Dont tu fais le jour à ton gré ?

Quelle que soit la main qui frappe
Sur les vantaux de tes poumons,
Cette grappe de sang qui bouge,
Ecrase-la pour notre soif :
Il y a fête, fête aux larmes
Avec des mots en banderole
Pris à son compte par le vent :
Que ton amour soit la parole
Qui les rende au monde vivant !

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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