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Posts Tagged ‘grenadier’

RECHERCHE (Verónica Aranda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Illustration: Elena Kotliarker
    
RECHERCHE

J’ai cherché dans ton corps les guirlandes de la soif

le sentier de grenadiers repeuplé
avec les écureuils gris du silence,
un coucher de soleil violet
ou cette décision rapide

qui disparaît à nouveau sur les chemins de la méditation.

***

IN CERCA

Ho cercato nel tuo corpo le ghirlande della sete,
il sentiero delle melagrane
ripopolato con gli scoiattoli grigi del silenzio,
un qualche tramonto color malva,
o quella decisione rapida
che va scomparendo nei sentieri del meditare.

***

BÚSQUEDA

Yo buscaba en tu cuerpo las guirnaldas de sed,
la senda de granados repoblada
con las ardillas grises del silencio,
algún poniente malva
o aquella decisión a corto plazo
que se va meditando en los caminos.

***

CĂUTARE

Eu căutam în trupul tău ghirlande, din sete,
cărarea pomilor de rodii, revizitați
de veverițe cenușii, de prin tăceri
un apus oarecare, vioriu
și-acea decizie pe termen scurt
care pornește, meditând, la drum.

***

SUCHE

In deinem Körper suchte ich die Girlanden des Durstes,
den Pfad der Granatapfelbäume,
wiederbelebt mit den grauen Eichhörnchen der Stille,
einen malvenfarbenen Sonnenuntergang
oder jene schnelle Entscheidung
die auf den Wegen der Meditation wieder verschwindet.

***

ZOEKEN

Ik zocht in jouw lichaam de guirlandes van de dorst
het pad van granaatappelbomen herbevolkt
met de grijze eekhoorns van stilte,
een paarse zonsondergang
of die snelle beslissing
die op de wegen van de meditatie weer verdwijnt.

***

SEARCH

I searched in your body for the garlands of thirst,
for the path of pomegranates
revived by the grey squirrels of silence,
for a mauve sunset,
or that rapid decision
that fades away in the alleys of meditation.

***

ΕΡΕΥΝΑ

ψαξα στο κορμί σου για τη γιρλάντα της δίψας
για το μονοπάτι του ρογδιού
που αναγέννησαν τα γκρίζα σκιουράκια της σιωπής
για το μενεξελί ηλιοβασίλεμα
ή τη βιαστική απόφαση
που σβύνεται στο δρομάκι του διαλογισμού

***

寻 找

我在你身上寻找渴望的花环,
因为石榴之路
被沉默的灰松鼠唤醒,
因为淡紫色的日落,
或者快速的决定
逐渐消失在冥想的小巷里。

***

PENCARIAN

Aku mencari kalungan dahaga dalam tubuhmu,
demi laluan buah delima
dihidupkan kembali dek tupai-tupai kelabu yang sepi,
demi senja merah senduduk,
atau keputusan pantas
yang lenyap dalam lorong meditasi.

***

LA RICERCA

Circaiu ntô to corpu ghirlandi di siti,
na vanedda di granati ripopulata
di li grigi scuiattuli dû silenziu,
quacchi cuddata di suli malva
o dda decisioni ca dura picca
ca si va miditannu ntra lu caminu.

***

POSZUKIWANIA

Szukałam w twoim ciele girland pragnienia
ścieżki wśród granatowców, na nowo zarośniętej
szarych wiewiórek milczenia
pewnego liliowego zachodu słońca
tamtej chwilowej decyzji
by rozważać drogi rozstania

(Verónica Aranda)

 

Recueil: Cortes de luz
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Italien Wolfgang Klinck – Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wolfgang Klinck / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Malaisien Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman / Sicilien Gaetano Cipolla / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Editions: Rialp

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QUESTION-REPONSE (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




Illustration
    
QUESTION-REPONSE

La beauté n’est pas silence.
C’est pourquoi ma voix
n’est pas un monologue.

La fleur du grenadier,
par exemple,
est un chef d’oeuvre
que
le jour récite.

Je vois, j’entends
des lumières de voix.

C’est pourquoi vous me voyez
marchant (et même
dans le désert)
m’incliner souvent.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: LA MYTHOLOGIE DES FLEURS
Traduction: N. Lygeros
Editions:

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Fleur de grenadier (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Fleur de grenadier

Après le toréador Havradi, après les processions,
après les courses de taureaux, après les arrivages de la flotte d’Espagne,
ce que les habitants de Mexico aimaient le mieux,
c’était la danseuse Grenadilla.

Seigneurs, bourgeois, matelots, soldats,
tout le monde la connaissait, tout le monde l’admirait,
tout le monde la respectait,
et pourtant ce n’était qu’une pauvre danseuse des rues,
une fille du peuple qui ne connaissait même pas sa famille,
une bohémienne, une saltimbanque.
Mais quand cette bohémienne, cette saltimbanque,
se mettait à danser le fandango, il n’y avait pas de duchesse qui eût l’air plus noble,
la taille plus souple, les gestes plus fiers et plus gracieux que la Grenadilla.
Dès qu’elle paraissait, son tambour de basque ou ses castagnettes à la main,
la foule s’amassait autour d’elle, on faisait cercle,
on se disputait une place pour la voir danser.
Le directeur du théâtre avait voulu l’engager, mais sans succès.
La Grenadilla ne voulait pas être autre chose que la danseuse du peuple,
aussi le peuple l’adorait.
Malheur à celui que eût osé toucher seulement un cheveu de la Grenadilla!

[Mais on ne peut échapper au destin:]
Après trois mois de traversée, le vaisseau qui la portait [vers l’Europe] fit naufrage.
Le corps de Grenadilla fut porté par la vague sur le rivage d’Espagne.
La Fée aux Fleurs, qui se trouvait en ce moment dans ces parages pour surveiller le Jasmin,
recueillit le corps de Grenadilla et permit qu’à l’endroit où elle l’avait trouvé
s’élevât un magnifique bosquet de grenadiers
dont les fleurs et les fruits réjouissent la vue,
comme Grenadilla la récréait autrefois par sa beauté et ses talents.

(J.J. Grandville)

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Se souvenir (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: Mustapha Farroukh
    
Se souvenir

Se souvenir – du bruit du clair de lune,
lorsque la nuit d’été se cogne à la montagne,
et que traîne le vent,
dans la bouche rocheuse des Monts Liban.

Se souvenir – d’un village escarpé,
posé comme une larme au bord d’une paupière;
on y rencontre un grenadier,
et des fleurs plus sonores
qu’un clavier.

Se souvenir – de la vigne sous le figuier,
des chênes gercés que Septembre abreuve,
des fontaines et des muletiers,
du soleil dissous dans les eaux du fleuve.

Se souvenir – du basilic et du pommier,
du sirop de mûres et des amandiers.

Alors chaque fille était hirondelle,
ses yeux remuaient, comme une nacelle,
sur un bâton du coudrier.

Se souvenir – de l’ermite et du chevrier,
des sentiers qui mènent au bout du nuage,
du chant de l’Islam, des châteaux croisés,
et des cloches folles, du mois de juillet.

Se souvenir – de chacun, de tous,
du conteur, du mage, et du boulanger,
des mots de la fête, de ceux des orages,
de la mer qui brille comme une médaille,
dans le paysage.

Se souvenir – d’un souvenir d’enfant,
d’un secret royaume qui avait note âge;
nous ne savions pas lire les présages,
dans ces oiseaux morts au fond de leurs cages,
sur les Monts Liban.

(Nadia Tueni)

 

 

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Au grenadier (T. Carmi)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration
    
Au grenadier

Va, va-t’en d’ici.
Va-t’en vers d’autres yeux.
J’ai déjà écrit sur toi hier.

J’ai dit vert
à tes branches qui se prosternent au vent
et rouge rouge rouge
aux gouttelettes de tes fruits.
J’ai crié clarté à ta racine
humide, obscure et tenace.

A présent tu n’es plus.
A présent tu me caches le jour
et la lune pas encore levée.

Mais toi, viens,
(j’ai écrit sur toi avant-hier
et ton jeune souvenir
brûle mes mains comme le chardon),
viens et tu verras cet étrange grenadier :
son sang est dans mon âme, mon coeur, mes mains,
et lui, il est toujours encore planté à son poste.

(T. Carmi)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Lazar
Editions: Gallimard

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Norias (Jérôme et Jean Tharaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Norias

Dans l’aimable ville de Hama,
tout empêche de penser à rien.
Rapide et brillant de lumière,
l’Oronte coule entre les saules, les peupliers,
les grenadiers et des noyers énormes,
comme je n’ai vu que là-bas.

De distance en distance,
d’immenses roues vont porter leur eau en plein ciel…
Une longue caresse musicale sort de ces roues gémissantes;
c’est assez indéfinissable,

quelque chose comme un bruit d’orgue ou de cloche lointaine,
un vague meuglement de troupeau,
un frelon qui bourdonne,
un murmure de sirène,
une harmonie continue, qui est le silence d’ici,
et où chaque roue met sa note,
sa vibration particulière.

Inlassablement,
l’eau monte emportée
par l’effort du fleuve
(…).

C’est un rêve oublié au bord de l’eau,
une poésie musicale faite de rien,
d’amour, de nonchalance, de chants d’oiseaux
dans les verdures mouillées,

une construction d’azur et de songe,
bâtie de matériaux fragiles,
on ne sait pas par qui ni pourquoi,
et qui ne tient en équilibre
que par la puissance d’un rêve.

(Jérôme et Jean Tharaud)

Illustration

 

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Le Grenadier (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



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Le Grenadier

Lorsque dans la pénombre du feuillage
Il allume ses fleurs écarlates
Le temps retient son souffle

(Anne Perrier)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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La gazelle (Sulayman ibn Hammûd)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015




La gazelle

Sur votre vie, amis, il fallait voir
un bel objet comme celui-là !

Hafsa était le visage même de l’aurore
qui peu à peu dépouille
de ses fleurs ardentes le grenadier.
De sang bédouin, rouge vermeil comme le vin
et le feu tendre qui se cache
à la racine du palmier,
elle savait compter les vertèbres du chameau
et décrire avec ardeur les courbes des dunes,
traire la chèvre de la main secrète et pure
de qui connaît la sainte faim de chaque jour.

D’elle, plus d’une fois, la gazelle fut jalouse.

Elle ne connaissait d’autre musique que l’arpège
et le silence du désert.

A présent elle joue du luth mélodieux
derrière la grille du harem.

(Sulayman ibn Hammûd)

Illustration

 

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