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Poésie

Posts Tagged ‘grésiller’

UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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LA LETTRE BRÛLÉE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
LA LETTRE BRÛLÉE

Adieu, lettre d’amour, adieu! Elle l’ordonne…
Mais combien j’ai tardé, que ma main fut rétive
à sacrifier au feu la trace de mes joies !…
Puisque l’heure a sonné : brûle, lettre amoureuse,
je suis prêt et mon coeur ne veut plus rien entendre.
Tes feuilles sont touchées par la flamme vorace…
Un moment ! Un éclair ! Elles flambent… Légère
une fumée s’enroule, emportant mes prières.
Maintenant s’évanouit l’empreinte du cachet
et la cire en fondant grésille. Ô Providence !
C’en est fait. Les feuillets noircis se crispent,
sur l’impalpable cendre encore transparaissent
les lignes tant aimées. J’ai le coeur lourd. Ô cendre,
humble consolation pour mon destin en deuil,
demeure à tout jamais sur mon coeur affligé.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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L’AME (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



    

L’AME

Puisqu’elle tient parfois dans le bruit de la mer
Ou passe librement par le trou d’une aiguille
Aussi bien qu’elle couvre une haute montagne
Avec son tissu clair,

Puisqu’elle chante ainsi que le garçon, la fille,
Et qu’elle brille au loin aussi bien que tout près,
Tantôt bougie ou bien étoile qui grésille
Toujours sans faire exprès,

Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,
Et fait en l’air son nid comme sur une plante,
Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante
Puisque le moindre bruit, tant qu’il dure, la tue.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA COMMUNICATION (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



 

Zdzislaw Beksinsk   i88_orig

LA COMMUNICATION

A quoi ça sert tout ça, à quoi ça sert
De dire joie et de dire prière,
De mettre l’aube à genoux pour médire
De la nuit verte et des noirs gabelous ?

Un geste. Un autre. Et courent les messages
Du télégraphe — un stop à chaque phrase :
L’unique mot connu, signifiant.
Le reste : rien. Bouquet. Moisson d’outrages.

Au dernier top, il est exactement
L’heure du cri, celle de ne rien dire.
Ne coupez pas. Ma vie est si fragile,
Je perds ma phrase et mon corps est rompu.

Oubliez-moi. Mon erreur est fatale.
J’entends déjà les abonnés absents
Prier la Parque au-delà de ma ligne
De m’entrouvrir un silence de glace.

Le néant m’aime. Egarés mes fantômes
Et mes espoirs égarés, égarés.
Oui, mais ce pré fleuri de pâquerettes
Où grésillaient les grillons dans le soir ?

(Robert Sabatier)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Et la montagne (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017




    
Et la montagne
devient un grand épaulement de nuit,
une nuit dans la nuit
pour ceux qui attendent
se taisant, oh, se taisant,
tant que la chair embue de nuit
se mue en de la terre inviolable,
de la matière de silence.

Ce fut une nuit
à l’odeur de terre moisie,
à l’odeur de cachot ;
l’instant d’une seule étoile
indifférente
la nuit
de la Révélation du Rien.

Miasmes de temps
qu’exhalent
les tièdes obscurités végétales.
Dans le chevelu des étoiles
grésillent des « où ? » des « quoi ? »

Un glacis d’effroi
ourle
le champ du guetteur.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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L’Autre Lumière (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



L’Autre Lumière

Comme une ampoule qui
grésille,
clignote,
chuinte
puis tout à coup
craque et s’éteint

– lune veuve
voilée de gris –

parfois défaille le poème,
grillant les mots,
lâchant la nuit sous les paupières.

Rien ne demeure.

Mais une autre lumière
de songe et de silence
bientôt baigne la main
où l’aube se rassemble.

(Jean Joubert)

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L’Ame (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2017



Puisqu’elle tient parfois dans le bruit de la mer
Ou passe librement par le trou d’une aiguille
Aussi bien qu’elle couvre une haute montagne
Avec son tissu clair,

Puisqu’elle chante ainsi que le garçon, la fille,
Et qu’elle brille au loin aussi bien que tout près,
Tantôt bougie ou bien étoile qui grésille
Toujours sans faire exprès,

Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,
En fait en l’air son nid comme sur une plante,
Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante
Puisque le moindre bruit, tant qu’il dure, la tue.

(Jules Supervielle)

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Les fientes de moineau (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2016



 

Les fientes de moineau
Se changent vite en poussière,
Les trottoirs grésillent.

***

Sparrow’s excrement
Becomes quickly powdery
On sizzling pavements.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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SIESTE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2016



SIESTE

La Pentecôte des rochers. Et les langues qui grésillent…
La ville est sans poids dans l’espace de midi.
Une mise au tombeau dans la clarté ardente. Un
tambour couvre
les coups de poing de l’éternité séquestrée.

L’aigle monte monte au-dessus des dormeurs.
Un sommeil où la roue du moulin se retourne comme
l’orage.
Le galop d’un cheval dont les yeux sont bandés.
Les coups de poing de l’éternité séquestrée.

Les dormeurs pendent comme des poids à l’horloge
des tyrans.
L’aigle dérive, mort, dans les flots du torrent éclatant
du soleil.
Et dans le temps résonnent – comme dans le cercueil
de Lazare –
les coups de poing de l’éternité séquestrée.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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Mes larmes grésillent (Matsuo Bashô)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2015



Mes larmes grésillent
en éteignant
les braises

(Matsuo Bashô)

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