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Posts Tagged ‘grève’

Les Mille-Iles (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



 

Adrian Chesterman   OC_c [1280x768]

Les Mille-Iles

Massifs harmonieux, édens des flots tranquilles,
D’oasis aux fleurs d’or innombrables réseaux,
Que la vague caresse et que les blonds roseaux
Encadrent du fouillis de leurs tiges mobiles.

Bosquets que l’onde berce au doux chant des oiseaux,
Des zéphirs et des nids pittoresques asiles,
Mystérieux et frais labyrinthe, Mille-Iles,
Chapelet d’émeraude égrené sur les eaux.

Quand la première fois je vis, sous vos ombrages,
Les magiques reflets de vos brillants mirages,
Un chaud soleil de juin dorait vos verts abris ;

D’enivrantes senteurs allaient des bois aux grèves ;
Et je crus entrevoir ce beau pays des rêves
Où la sylphide jongle avec les colibris.

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration: Adrian Chesterman 

 

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Le Breton (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



Le Breton

Ce fils des côtes d’Armorique,
Des côtes où hurle la mer,
S’en allait songeur et mystique
Par les grands vents au souffle amer
Voyant l’océan redoutable,
La terre aux pauvres implacable,
Et sans rien pour les consoler.

Sentant le noir remous des foules,
Son coeur se mit à déferler,
Sans comprendre les grandes houles,
Que nous laissons nous emporter,
Toutes les colères muettes
Qui s’amoncellent en tempêtes
L’enveloppèrent pour frapper.

Ses aïeux de l’âge de pierre,
Sous la lune, au pied des peulvans,
Allant la nuit par la bruyère,
Lui parlaient dans les flots grondants.
Nos choses pour lui sont des rêves,
Laissez-le sur ses sombres grèves,
Ses grèves où pleurent les vents.

Pour nous cet homme est un ancêtre
Du temps de l’antre au fond des bois,
Pour le juger il faudrait être
De ceux qui vivaient autrefois.
Entre nous sont des jours sans nombre.
Qu’il reste libre dans son ombre.
Pour lui nous n’avons pas de lois.

(Louise Michel)


Illustration

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JOURNÉE DE LA FEMME (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: film Anastasia Mikova, Yann Arthus-Bertrand
    
JOURNÉE DE LA FEMME

Née à fleur d’eau de l’écume des mers
Elle est la femme, toutes les femmes
Celles qui furent et celles à venir
La femme unique et multiple
Le désir fait chair…
N’importe sa couleur de peau
La musique de son langage
Les caprices de ses robes
Elle transmue en vie l’amour
Donné et reçu
En tous pays
Par les rues, les places, les grèves
Habillée ou nue
Elle triomphe
Ses hanches entraînant la rotation du monde

En aimer une
Pour les chérir toutes

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Le ménétrier (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Rockwell Kent 8

Le ménétrier

Etouffant en la nuit la rumeur de ses pas
Le vieux ménétrier sous l’horreur de la lune
Rôde comme un garou par la lande et la dune.

Sur la grève des mers il balance ses pas,
Pris d’un doux mal d’amour pour sa dame la lune
Qui le leurre au plus loin de la lande et la dune.

Et le voilà qui vague au vouloir de ses pas
Vers le miroir des mers où palpite la lune,
Oublieux du réel de la lande et la dune.

Les bras en croix, les yeux aux cieux, à larges pas,
Au plus glauque des flots le lunatique, ô lune,
Va s’engloutir sans deuils de la lande et la dune.

Nul mutisme plus grand ne dit la mort de pas.
Un remous mollement remue au clair de lune,
Puis la lame, et le vent sur la lande et la dune.

(Stuart Merrill)

Illustration: Rockwell Kent

 

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MÉTAMORPHOSE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



MÉTAMORPHOSE

Cette pierre sur la nue,
Dans cet air où tremble et ruse
Une clarté d’outre-mer,
Où se donne et se refuse
Entre l’ombre et la lumière
Un monde errant dans un rêve,
Cette ligne de montagnes
N’est plus au loin qu’une grève,
Une plage au bord du ciel.
En océan de vapeur
Se fond un songe de roche,
Arabesque reposée
De lignes que rien n’achève !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

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Ici je reprends le goût de la vie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
Ici je reprends le goût de la vie,
Ainsi le dormeur, son sexe l’éveille,
Soudain rebandé par la même envie,
Et la femme est là, totale merveille.

Ainsi le nageur, la mer le soulève,
Et l’offre au soleil, et le ressaisit,
Il voit l’avenir, une immense grève,
Où se coucher nu dans l’après-midi.

Ainsi l’arbre en fleurs au fond d’un ravin
L’entrecroisement des hautes fougères…
Le mot le plus juste est encore vain,
Puisqu’ici le corps est tout le mystère.

Je rencontrerai peut-être la femme
Sœur de la fougère et des vagues nues.
Le sentier tournant deviendra la flacon
Qui la brûlera, sitôt apparue.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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N’est-il une chose au monde, Chère, à la face du ciel (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Nicholas Roerich . Song of Shambhala

« N’est-il une chose au monde,
Chère, à la face du ciel
– un rire, un rêve, une ronde,
Un rayon d’aurore ou de miel

N’est-il une chose sacrée
– un livre, une larme, une lèvre,
Une grève, une gorge nacrée,
Un cri de fierté ou de fièvre

N’est-il une chose haute,
Subtile et pudique et suprême
– Une gloire, qu’importe! une faute,
Auréole ou diadème

Qui soit comme une âme en notre âme,
Comme un geste guetté que l’on suive,
Et qui réclame, et qui proclame,
Et qui vaille qu’on vive?… »

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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De mon nom, que te restera-t-il ? (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    
De mon nom, que te restera-t-il ?
Comme le triste clapotis d’une vague
mourant au loin sur la grève ? Une note
dans la nuit, au fond des forêts ?

Ou rien qu’un paraphe de mort
sur la page d’un livre d’or,
ou quelque épitaphe tombale
dans une langue incompréhensible,

ou quoi ? Oublié depuis belle lurette…
Et tout au feu d’émotions nouvelles
ton coeur n’ira guère y puiser
de tendres et chastes souvenirs.

Mais que viennent les jours de peine
il te reviendra dans le silence,
tu diras : quelqu’un se souvient de moi,
il est au monde un coeur où je vis.

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Cher ange de ma naissance (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Cher ange de ma naissance,
Tous les vestiges de ma vie,
Or des pétales épars,
Coquillages après le reflux
Amassés sur des grèves désertes
Par un secret labeur d’amour,
Sauve, immortels dans la mémoire,
Les trésors de ma tombe.

***

Dear angel of my birth,
All my life’s loss,
Gold of fallen flowers,
Shells after ebbing wave
Gathered on lonely shores
With secret toil of love,
Deathless in memory save
The treasures of my grave.

(Kathleen Raine)

 

 

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L’Ennemi (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




L’Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

— O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

(Charles Baudelaire)

Illustration: Francisco Goya

 

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