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Chatons dans tous les coins (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Chatons dans tous les coins

Chatons, chatons dans tous les coins,
Chatons mâchonnant mes lorgnons,
Chatons griffant mes pantalons,
Chatons partout sous les coussins,
Un chaton derrière, un chaton devant …
Comment seront-ils donc, quand ils seront grands ?

Chatons qui bataillent en tout lieu,
Chatons qui roulent le long des escaliers,
Un chaton sur ma tête,
Un chaton sur la galette,
Un chaton dans mon soulier…
Je ne peux pas le croire : ils ne sont que deux !

(William Wordsworth)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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BERCEUSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
BERCEUSE

Endormons-nous, petit chat noir.
Voici que j’ai mis l’éteignoir
Sur la chandelle.
Tu vas penser à des oiseaux
Sous bois, à de félins museaux…
Moi rêver d’Elle.

Nous n’avons pas pris de café,
Et, dans notre lit bien chauffé
(Qui veille pleure.)
Nous dormirons, pattes dans bras.
Pendant que tu ronronneras,
J’oublierai l’heure.

Sous tes yeux fins, appesantis,
Reluiront les oaristys
De la gouttière.
Comme chaque nuit, je croirai
La voir, qui froide a déchiré
Ma vie entière.

Et ton cauchemar sur les toits
Te dira l’horreur d’être trois
Dans une idylle.
Je subirai les yeux railleurs
De son faux cousin, et ses pleurs
De crocodile.

Si tu t’éveilles en sursaut
Griffé, mordu, tombant du haut
Du toit, moi-même
Je mourrai sous le coup félon
D’une épée au bout du bras long
Du fat qu’elle aime.

Puis, hors du lit, au matin gris,
Nous chercherons, toi, des souris
Moi, des liquides
Qui nous fassent oublier tout,
Car, au fond, l’homme et le matou
Sont bien stupides.

(Charles Cros)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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La folle complainte (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



homme _poussiere
    
La folle complainte

Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n´est pas sage
Mais on la garde encore.
On l´a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s´est caché
Dans le placard aux fioles
Où l´on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d´impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d´acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d´Hélène
Par un beau soir d´été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n´ai pas aimé ma mère.
Je n´ai pas aimé mon sort.
Je n´ai pas aimé la guerre.
Je n´ai pas aimé la mort.
Je n´ai jamais su dire
Pourquoi j´étais distrait.

Je n´ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J´étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s´est dissoute.
Poussière était mon nom.

(Charles Trenet)

 

 

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Maison à la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2021



Maison à la campagne

Les routes s’égarent
Avant de traverser des villages accueillants
Au pied desquels coulent de paisibles rivières
Et des arbres vagabondent
Dans une campagne qui perle du silence
Le vent s’affûte sur un rocher
Pour aiguiser le bec de l’oiseau
Écorcher le champ
Et griffer le toit
En ricanant

Peu à peu le jour s’évanouit
Un reste de clarté se cramponne encore à la maison
Tandis que la vitre se glace
Qu’une étoile y glisse
Le sommeil caresse ton visage
Et baigne tes yeux sombres.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Virées à bicyclette (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Virées à bicyclette

1

Dans le marais où la brume stagne,
Un long son de cloches s’égrenait
De Saint Samson de Dol de Bretagne
Jusqu’au village de La Fresnais.

Nous poursuivions jusqu’à La Gouesnière
Dans les champs, nous griffant les genoux
Et, en trébuchant dans les ornières,
Nous atteignions enfin Saint Guinoux

Suivant le vol lent d’un goéland
Tournant au-dessus d’un lourd chaland,
Nous longions le canal d’Ille et Rance
Où nous poussait notre folle errance.

Nous faisions une halte à Dinan.
Nous buvions quelques fraîches et bonnes
Bolées avec des crêpes bretonnes
Et nous nous embrassions en dînant.

2

Nous circulions dans l’odeur des haies.
Des voiles évoluaient dans la baie.
En grognant, la pointe du Grouin,
Dans la mer, enfonçait son groin.

Un soleil d’or secouait ses élytres
Sur Cancale et le port de la Houle,
Sur sa jetée et ses parcs à huîtres,
Sur Le Vivier et ses parcs à moules.

Le soir nous trouvait à Saint-Servan,
Dégustant un plat d’huîtres verdâtres
Et des sardines grillées dans l’âtre
Une bonne en patois nous servant.

Quand nous sortions, la Tour Solidor
Piquait la nuit dans la poudre d’or
D’un phare qui tournait dans la brume
Sur Cézembre noir, ourlé d’écume.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Nini (deux ans) (Clod’Aria)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

chat

Nini (deux ans)

Son oeil
interroge le chat:
Griffera-t-il?
puis m’interroge:
Est-ce que je peux
tirer la queue?

Tant pis!
je tire …

(Clod’Aria)

 

 

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ÉPHÉMÉRIDE DES NUAGES (Georges Cathalo)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



ÉPHÉMÉRIDE DES NUAGES

entre deux nuages
l’éclair d’une étoile
et la nuit

voyage immobile
au creux des nuages
le jour se lève

oiseaux de passage
griffent les nuages
et disparaissent

nuage furtif
où le ciel se cache
ouvrir l’oeil

cache-toi nuage
moule roule coule
indocile et fier

aussitôt vu
aussitôt disparu
nuage fantôme

élan d’amour fou
amour de nuages
se laisser aimer

et la pluie soudain
invente des fenêtres
dans un mur de nuages

avec patience
à l’abri à l’affût
un nuage veille

plus loin plus près
visible invisible
simple nuage

dire qu’ils sont là
n’est pas innocent
innocents nuages

et la nuit se pose
et le temps s’arrête
un nuage passe

(Georges Cathalo)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Menaçante (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
Menaçante telle une créature animale,
pend au-dessus de la terre l’obscurité
quelle lune
nous apportera un semblant de lumière?
quel soleil
– qui ne menace pas
nous fera signe ?

*

TOUT EST REVERSIBLE mais
où se trouve la limite
qui sait autour le tournant
l’obscurcissement
la nuit?

*

D’OU es-tu venu
où iras-tu ?
Combien de temps encore
durera ton éternité
– planète?

*

LE TEMPS PRESSE, pousse le sable
Griffe le mot
dans la pierre et espère
qu’il demeure
– pas
comme testament.

*

Threatening,
as a beastly being
hangs darkness above the earth
what moon
brings us a glimpse of light
what sun
– which does not threaten
gives us a sign?

*

REVERSIBLE is everything
but where lies the verge
who knows about the reversal
the darkening
the night?

*

WHERE did you come from
where will you go?
How long will last
your eternity
– planet?

*

TIME IS PRESSING, pushing the sand
Scratch the word
in the stone and hope
that it remains
– not
as testament.

***

黑夜女神

威胁着
以野蛮的存在
向大地垂下黑暗
怎样的月光

给我们带来清晰
怎样的太阳
毫无威胁地

呈现一线征兆?
一切都是可逆

但是界限何在?

谁知道
逆转将在何时降临
那黑暗,那夜晚?

*

你从哪里来
又往哪里去?

你的永恒
还会持续多久?

—而星球?

*

时间紧迫, 挤沙下漏

在石头上
刻字,希望
石头留存

—并非
遗嘱

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: La Voie (TAO)
Traduction:
Editions: POINT

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Pas de transparence (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Pas de transparence
mais l’illumination brève
d’un arbre qui griffe le ciel
une parole que tu prononces
pour contredire l’éventail du soleil.

(Christian Viguié)


Illustration

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Coin de tableau (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Lyne Le Grand
    
Coin de tableau

Sensation de haschisch.

Tiède et blanc était le sein.
Toute blanche était la chatte.
Le sein soulevait la chatte.
La chatte griffait le sein.

Les oreilles de la chatte
Faisaient ombre sur le sein.
Rose était le bout du sein,
Comme le nez de la chatte.

Un signe noir sur le sein
Intrigua longtemps la chatte ;
Puis, vers d’autres jeux, la chatte
Courut, laissant nu le sein.

(Charles Cros)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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