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Poésie

Posts Tagged ‘griffonner’

Je suis passé chez toi (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019



Illustration 
    
Je suis passé chez
toi. Personne. J’ai
embrassé ton absence,

puis griffonné, sur
un papier froissé,
que j’avais cueilli

une primevère, dans
un de tes jardinets,
j’ai noté aussi
qu’un chat blanc

et noir était venu
se blottir contre
mes jambes. Ces

mots, je les ai glissés
sous ta porte — sans
ajouter que je t’aimais.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Révolte (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Révolte

Le site est d’une beauté surprenante
et j’en exalte à la fois l’aspect sauvage et l’abord délicat
Je contemple des barques
dans tous les ports de la côte
et je vois l’île se détacher
pour disparaître à l’horizon
sur une mer
qui répudie le rivage

Captif je brise les chaînes
et sur les murailles je griffonne ton nom
et je tague les pierres
pour y inscrire mes révoltes

Sur la pointe extrême qui vacille
je revois
tout proche
l’horizon sur la ligne des ténèbres
Sur une terre s’épanouit la récolte
qu’élabore
la circulation de la sève
et sur un ciel de lavande
j’émascule le soleil
et châtre tous les astres
pour qu’ils ne se reproduisent

Je tends les bras pour me guider dans le vide
Je n’effacerai rien
et lancerai un cri dans le silence

Mon corps palpite
et mon cœur bourdonne
tandis que l’eau s’agite
pour franchir la torpeur des villages
où la kermesse bat son plein

Avec la saison qui déborde d’allégresse
et la période qui s’achève
il est grand temps
que je dévore à pleine dents
la portion de nourriture
qui m’est concédée
par la sollicitude des instances
qui se penchent sur ma sénilité future

(Jean-Baptiste Besnard)

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L’universelle harmonie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

Pour moi, si j’ai tant griffonné de carnets,
ce n’a jamais été que pour surprendre un brin des musiques de l’inconcevable existence,
percevant aux heures de gloire l’universelle harmonie dans le crissement d’une cigale.

(Henri Thomas)

 

 

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Traduction (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Traduction

Donne moi la flûte et chante,
L’immortalité s’étend dans le chant
et même après la mort
la flûte continue de se lamenter

T’es-tu réfugié dans les bois
loin des lieux, comme moi,
en suivant le cours des ruisseaux
et en gravissant les rochers

T’es-tu déjà lavé dans un parfum
et séché dans la lumière
Bu l’aurore comme un vin
rare dans des coupes célestes

Alors donne moi la flûte et chante
la meilleure des prières est le chant
et même lorsque la vie périt
la flûte continue de se lamenter

As-tu déjà passé une soirée
comme je l’ai fait, parmi les vignes
où pendent des candélabres
de grappes dorées

As-tu dormi toute une nuit dans l’herbe
l’espace en guise de couverture
s’excluant de tout avenir
ne se souvenant plus du passé.

Donne moi la flûte et chante
chanter est la justice du coeur
et même lorsque la culpabilité est morte
la flûte continue de se lamenter

Donne moi la flûte et chante
oublie la maladie et ses remèdes
l’Homme n’est rien que des lignes
qu’on griffonne sur l’eau

(Khalil Gibran)

Illustration

 

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Les oiseaux-mouches (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2016



 

Les oiseaux-mouches

Dans l’azur je griffonne
De mon coup d’aile abstrait,
Consonne
Du vrai,

Du faux, de l’improbable,
Quelque signe imprécis.
La fable
Ici,

Sur l’étang, je l’épelle,
D’un bec, d’un oeil: je joins,
Voyelle
Ou point,

A la première extase
Du verbe articulé,
Ma phrase
A clefs…

(Alain Bosquet)

 

 

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COMME L’ALBATROS (Pastiche) (Christian Coin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016




COMME L’ALBATROS (Pastiche)

Souvent pour m’amuser, griffonnant sur la page
J’aime à te chanter toi, le vaisseau de mes mers,
Qui suivant souverain mes élans et ma rage,
Tempère doucement mes souvenirs amers.

A peine est-il écrit ton nom que c’est dimanche,
Que s’ouvrent devant moi des étés fabuleux,
Laissant mon oeil hagard devant ta beauté blanche
Et mes bras interdits autour de tes cheveux.

Ce Poète, dis-moi, n’est-ce pas Baudelaire ?
Lui naguère inspiré, de nos jours pastiché ;
L’un compose en silence un poème scolaire,
L’autre mime en rêvant le géant détaché.

Le poète est soumis à l’ombre de sa Muse,
Qui rêve de beauté, de spiritualité ;
Exilé sur le sol, non plus rien ne l’amuse,
Loin de toi je ne suis qu’un voyageur blessé.

(Christian Coin)

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EST-CE UN POÈME… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2015



EST-CE UN POÈME…

Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il comme un ivrogne
Embrasser les gens dans la rue ?
Il ne sait pas mais, à grands coups,
On frappe en lui dans les ténèbres,
Il faut qu’il ouvre à l’inconnu.
Mais où la porte ? et quelles clefs ?

Il ne sait pas pourquoi ces coups,
Pourquoi son coeur est sur sa main…
Est-ce un poème qu’il va faire
Ou bien va-t-il jeter sa vie
Dans le giron d’une passante,
Plus belle encore, et maternelle,
D’être la première venue ?

Il a suffi qu’un oiseau bouge
Dans les forêts de sa poitrine
Et le voici, tout eau-de-feu,
Qui ne sait plus s’il croit en Dieu
Ou si Dieu n’est que son chef-d’oeuvre ;
Il court comme une signature
Mais est-ce lui qui va mourir ?
Mais est-il ce billet d’adieu
Qu’on griffonne au bord du couteau ?
Mais qu’a-t-il à léguer au monde
Hormis ses battements de coeur ?

Ah, qui te parle de mourir
Quand tu n’es ivre que d’amour,
O poète qui bats les murs
Pour qu’ils se tiennent éveillés,
Pour que cette nuit ne finisse
Dont tu fais le jour à ton gré ?

Quelle que soit la main qui frappe
Sur les vantaux de tes poumons,
Cette grappe de sang qui bouge,
Ecrase-la pour notre soif :
Il y a fête, fête aux larmes
Avec des mots en banderole
Pris à son compte par le vent :
Que ton amour soit la parole
Qui les rende au monde vivant !

(Jean Rousselot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Griffonnage (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2015




Griffonnage

Avec un morceau de charbon
avec ma craie cassée et mon crayon rouge
dessiner ton nom
le nom de ta bouche
le signe de tes jambes
sur le mur de personne
Sur la porte interdite
graver le nom de ton corps
jusqu’à ce que la lame de mon couteau
saigne
et la pierre crie
et le mur respire comme un sein

***

Garabato

Con un trozo de carbón
con mi gis roto y mi lápiz rojo
dibujar tu nombre
el nombre de tu boca
el signo de tus piernas
en la pared de nadie
En la puerta prohibida
grabar el nombre de tu cuerpo
hasta que la hoja de mi navaja
sangre
y la piedra grite
y el muro respire como un pecho

(Octavio Paz)

 

 

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