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Poésie

Posts Tagged ‘grignoter’

La souris (Martine Blaise)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



La souris

Une souris ça grignote
N’importe quoi :
Des miettes de pain
Des grains de raisin
Des bouts de papier
Des morceaux de craie ;
Ca aime le fromage
Et les coquillages
Et puis les voyages…
Une souris ça grignote tout le temps…
Quelquefois pourtant
Elle se transforme en fée
Pour les petits enfants,
La nuit, tout doucement
Elle glisse sous l’oreiller
Un merveilleux présent…

(Martine Blaise)


Illustration

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BÊTES DE NUIT (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



BÊTES DE NUIT

Au milieu de la nuit
Le chat rêve aux souris.

Le chien songe qu’il ronge
Tous les os à la ronde.

L’araignée fait le guet
Au secret de ses rets.

Les insectes cachés
Grignotent le plancher.

La licorne et sa corne
A nos oreilles cornent,
Une étrange musique
Dans les pays magiques.

Et les bêtes du rêve
Dans nos têtes se lèvent
Et dans notre sommeil
Font mûrir le soleil !

(Georges Jean)

Illustration

 

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Le soleil (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration: Joseph Galante
    
L’herbe : sur l’herbe je n’ai rien à dire
mais encore quels sont ces bruits
ces bruits du jour et de la nuit
Le vent : sur le vent je n’ai rien à dire

Le chêne : sur le chêne je n’ai rien à dire
mais qui donc chantonne à minuit
qui donc grignote un pied du lit
Le rat : sur le rat je n’ai rien à dire

Le sable : sur le sable je n’ai rien à dire
mais qu’est-ce qui grince ? c’est l’huis
qui donc halète ? sinon lui
Le roc : sur le roc je n’ai rien à dire

L’étoile : sur l’étoile je n’ai rien à dire
c’est un son aigre comme un fruit
c’est un murmure qu’on poursuit
La lune : sur la lune je n’ai rien à dire

Le chien : sur le chien je n’ai rien à dire
c’est un soupir et c’est un cri
c’est un spasme un charivari
La ville : sur la ville je n’ai rien à dire

Le coeur : sur le coeur je n’ai rien à dire
du silence à jamais détruit
le sourd balaye les débris
Le soleil : ô monstre, ô Gorgone, ô Méduse
ô soleil.

(Raymond Queneau)

 

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Je suis fou (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    
je suis fou
si j’étais un chien
je mentirais je ne jouerais pas
avec un os de balle j’irais
me coucher sur les tapis persans
ou encore j’irais dans la cuisine
pour grignoter quelque festin
de chair d’os je regarderais les
femmes par en dessous faisant
semblant de ne pas savoir leur parler
je serais heureux d’être un homme

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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Boire la nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




Boire la nuit
jusqu’à la lie

Avant que pousse l’arbre du jour

Boire la nuit
jusqu’aux racines
Racines de nuit
racines de suie
Broyant la chair
grignotant l’os
Crevant d’amour
jusqu’à l’oubli

Avant qu’éclosent les fleurs du jour

Boire la nuit
jusqu’à la lie
Sol initial
où tout se lie
Où germe est terme
et terme germe
Abîme est cime
et cime abîme

Avant que tombent les feuilles du jour

(François Cheng)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Gao Xingjian

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Hiver (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Hiver ; bruit d’un rat
Qui grignote dans le mur
D’une chambre louée.

***

The sound of a rat
Gnawing in the winter wall
Of a rented room.

(Richard Wright)

 

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Orly (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l’un à l’autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t’aime
Elle doit lui dire: je t’aime
Je crois qu’ils sont en train
De ne rien se promettre
C’est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu’eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourés qu’ils sont
D’adipeux en sueur
Et de bouffeurs d’espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L’espoir de les juger

Mais la vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l’heure c’était lui
Lorsque je disais il
Tout encastrés qu’ils sont
Ils n’entendent plus rien
Que les sanglots de l’autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu’ils crient
Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l’adieu
Ils bavent quelques mots
Agitent une vague main
Et brusquement ils fuient
Fuient sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier

La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C’est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et puis il disparaît
Bouffé par l’escalier
Et elle elle reste là
Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu’elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu’a terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu’elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l’amour
L’amour le lui a dit
Revoilà l’inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu’attendre
La revoilà fragile
Avant que d’être à vendre
Je suis là je le suis
Je n’ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit

(Jacques Brel)

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La souris grignote (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016




La souris grignote
Le fil de la nuit,
Toute la bobine
Se déroule ainsi:

Les gens sont posés
Dans leurs grands tiroirs
Qui ne laissent voir
Que le bout du nez.

Un meuble parfois
Se souvient du temps
Qu’il était vivant
Et parle à mi-voix.

Parfois un dormeur
Soulève sa main
Et cherche en chemin
La place du coeur.

Quelques chants d’oiseaux:
Serait-ce l’aurore?
Non, flottons encore
Au fil du repos.

La souris grignote
Le fil de la nuit,
Toute la bobine
Se déroule ainsi:

(Pierre Menanteau)

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Sonnet d’été (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



Sonnet d’été

Nous habiterons un discret boudoir,
Toujours saturé d’une odeur divine,
Ne laissant entrer, comme on le devine,
Qu’un jour faible et doux ressemblant au soir.

Une blonde frêle en mignon peignoir
Tirera des sons d’une mandoline,
Et les blancs rideaux tout en mousseline
Seront réfléchis par un grand miroir.

Quand nous aurons faim, pour toute cuisine
Nous grignoterons des fruits de la Chine,
Et nous ne boirons que dans du vermeil ;

Pour nous endormir, ainsi que des chattes
Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ;
Nous oublierons tout, – même le soleil !

(Germain Nouveau)

Illustration: Claude Hardenne

 

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Ombre du mûrier (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015


Ombre du mûrier
Grignotée par l’ombre des chenilles
A chaque bouchée, un peu plus de lumière

(Thierry Cazals)

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