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Poésie

Posts Tagged ‘grimacer’

La grenouille (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2019



    

(Kobayashi Issa)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Dans la nature (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




Dans la nature

Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.

Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.

Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.

Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Katarina Smuraga

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Chez moi (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Chez moi… Humilié, furieux et ravi.
Est-ce jour, est-ce nuit?
Et le croissant grimace par-dessus les toits
Et bouffonne pour moi…

Dehors, soleil du jour, dehors, repentirs!
Qui osera m’aider?
Dans le cerveau désert, la nuit seule s’engouffre,
La nuit seule s’engouffre !

Un seul regard pénètre la poitrine vide,
Un seul regard avide…
Tout s’évanouira, et ce sera jamais
Lorsque tu crieras: Oui!

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Danseuse (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017


danseuse

entre deux entrées en scène
la danseuse nue
recherche le sommeil au bord de la table dans la loge
et repoussant une bouteille de jus d’orange
elle grimace légèrement
tandis que dans une fausse douceur
l’ombre resserre
les jambes longues

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir (Julien Clerc)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2016



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Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir

Si un jour tu veux revenir
Sans mots, sans pleurs, sans même sourire
Négligemment et sans te retenir
Sans farder du passé tout l’avenir…
Le soir quand je te vois sourire
Sur cette photo qui ne veut rien dire
Sous ta vieille lampe qui tremble et chavire
Tu viens grimacer dans mes souvenirs

Maintenant, comme avant,
Doucement, sans pâlir, sans mentir, sans souffrir…
Aujourd’hui, je te dis:
Souffrir par toi n’est pas souffrir,
C’est comme mourir ou bien faire rire
C’est s’éloigner du monde des vivants
Dans la forêt, voir l’arbre mort seulement.
Comme un jour tu viendras sûrement
Dans ce salon qui perd son temps,
Ne parlons plus jamais de nos déserts…
Et si tu restes je mets le couvert
Maintenant, comme avant,
Doucement, sans pâlir, sans mentir, sans souffrir
Aujourd’hui, je te dis:
Tous les voyages ne veulent rien dire
Je sais des choses qui te feraient rire
Moi qui entassais des souvenirs par paresse
Ce sont tes vieux chandails que je caresse

Maintenant, comme avant, doucement
Restons-en au présent pour la vie,
Aujourd’hui, reste ici

(Julien Clerc)

 

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LE CAP (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



 


LE CAP

Dans la contrée où l’âme est profonde,
je vins pour la première fois,
triste et seul, à l’âge où le monde
me sépara de vous et de moi.

D’étranges feux dans l’air grimaçaient,
mais les sources coulaient pour l’espérance
et tendre tendre était l’impatience
des fruits tombant dans les vergers secrets.

J’entrai, nageant sous les grands nuages,
à jamais loin des tranquilles jours;
là-haut, les traits des chers visages
m’abandonnaient à chaque détour.

Quelle nuit tout à coup, mais quel espace!
je reconnus la voix de toujours
qui pour moi demeure et par moi passe
et quelle puissance, loin de l’amour!

Je laissais mourir et renaître
et mourir encor la clarté
moi, je creusais mon obscurité
et j’apprenais à ne plus être.

Cependant, on murmurait : « L’ombre
va l’engloutir! » Ah! j’entends le vent
répondre par les feuilles sans nombre :
« Cet homme a franchi les postes du temps! »

(Jean Tardieu)

Illustration: Arthur Braginsky

 

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Rêve pour l’hiver (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




Rêve pour l’hiver

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Ricardo Lopez-Cabrera

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Chant du dernier délai (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2015



 

Alena Plihal - Tutt'Art@ (17) [1280x768]

Chant du dernier délai

Noir c’est mon nom quand je m’éveille
Noir le singe qui me tracasse
Qui grimace moule à manies
Devant le miroir de ma nuit
Noir c’est mon poids de déraison
C’est ma moitié froide pourrie

Noir où la flèche s’est plantée
Où le tison a prospéré
Noir le gentil corps foudroyé
Noir le coeur pur de mon amour
Noire la rage aux cheveux blancs
A la bouche basse et baveuse

Cette envie folle de hurler
Ne cessera qu’avec ma voix
Que sur les charmes de ma tombe
Où viendront pleurer mes complices
Tous ceux qui m’approuvaient d’aimer
Et qui voudraient fêter mon deuil

J’étais construit les mains ensemble
Doublé de deux mains dans les miennes
J’étais construit avec deux yeux
Qui se chargeaient des miens pour voir
Mais aujourd’hui je sens mes os
Se fendre sous le froid parfait

Je sens le monde disparaître
Rien ne demeure de nos rires
Ni de nos nuits ni de nos rêves
Et la rosée est charbonneuse
J’ai trop pleuré la coque est vide
Où ne nous pouvions qu’être deux

Écartez-vous de ma douleur
Elle vient droit de la poussière
Elle nie tous les sacrifices
La mort n’est jamais vertueuse
Écartez-vous si vous avez
Envie de vivre sans mourir

Sous vos paupières desséchées
Et dans la boue de vos désirs
Noir un zéro s’arrondirait
Zéro petit et très immense
Qui est capable de gagner
La souveraine part de l’homme

Noir c’est moi seul soyez plus clairs

(Paul Eluard)

Illustration: Alena Plihal

 

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Feux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2015



Feux
1
Je m’approche du feu
Pour me réchauffer
Et regarde la flamme
Danser dans tes beaux yeux.

2

rire avec le feu
feu de rire
rire avec la flamme
flamme de rire
rire avec la fumée
fumée de rire
la cigarette consume
l’ombre du doigt

3
Dans la cheminée
La crémaillère montre ses dents
Le feu lutine sur les fagots
Et fait grimacer les armoires

Le soir la chaumière
Se referme sur des mystères
Alors que le vent du large
Eparpille des étoiles
Autour de son toit.

(Jean-Baptiste Besnard)

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