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Posts Tagged ‘grimoire’

Mer et forêt sont pareilles (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

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Mer et forêt sont pareilles,
pareils leurs sables de fond,
aussi leurs autels pareils,
pareilles leurs oraisons.
Voile au vent de la mémoire
atteindrons-nous le savoir,
l’Absolu dans le grimoire ?
Savoir c’est don de revoir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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HEURES SEREINES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Brendan Monroe 3

HEURES SEREINES

J’ai pénétré bien des mystères
Dont les humains sont ébahis :
Grimoires de tous les pays, Êtres et lois élémentaires.

Les mots morts, les nombres austères
Laissaient mes espoirs engourdis;
L’amour m’ouvrit ses paradis
Et l’étreinte de ses panthères.

Le pouvoir magique à mes mains
Se dérobe encore.
Aux jasmins
Les chardons ont mêlé leurs haines.

Je n’en pleure pas; car le
Beau
Que je rêve, avant le tombeau,
M’aura fait des heures sereines.

(Charles Cros)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Cible (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    
Cible

Pour les rires ailés je suis la large cible,
Car je vis dans le songe adorable et terrible.

Accourez vivement en choeur, vous, ombres vertes,
Et riez en voyant ma face découverte.

Mon coeur est las enfin des mauvaises amours,
Des songes de mes nuits et des maux de mes jours.

Mon coeur est vieux autant qu’un très ancien grimoire
Et, désespérément, j’appelle l’Heure Noire.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Mon Nom? Mais qu’est-il donc pour toi? (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Mon Nom? Mais qu’est-il donc pour toi?
Il mourra, comme sur la grève
Meurt l’écho que le flot soulève;
Comme un bruit, la nuit, dans un bois.

C’est un signe incompréhensible
Que ton carnet aura gardé,
Tel, sur une tombe, gravé,
Un grimoire en langue illisible.

Mon nom? Tu l’auras oublié
Dans les remous, les aventures.
Sur ton âme il n’aura laissé
Aucune trace tendre ou pure.

Mais un jour triste, dis-le bien
A voix haute, avec nostalgie;
Tu diras: quelqu’un se souvient,
Un coeur où vit encor ma vie…

(Alexandre Pouchkine)

 

 

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Caresses (Alain Mous)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Caresses, caresses, dans l’ombre d’un espoir.
Que toutes les promesses qui s’infiltrent dans le noir,
conduisent ce geste et brisent les miroirs.
Puissent-elles devenir modestes, seulement pour un soir ?

Caresses, caresses, ne restez pas avares,
sur ce corps de princesse aussi doux que l’ivoire ;
exprimez la tendresse et chassez le cafard,
faites de ce geste une onde libératoire.

Caresses, caresses aide-moi à y voir,
au travers de mes prouesses et de ma mémoire.
Je ne peux décrypter mais j’aimerais savoir
si tu m’aimes princesse, malgré tes grimoires.

(Alain Mous)

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La mer (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



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La mer ce n’est pas même un miroir sans visage
Un terme de comparaison pour les rêveurs
Un sujet de pensées pour l’engeance des sages
Pas même un lavoir propre à noyer les laveurs

Ce n’est pas un grimoire où dorment des secrets
Une mine à trésor une femme amoureuse
Une tombe où cacher la haine et les regrets
Une coupe où vider l’Amazone et la Meuse

Non la mer c’est la nuit qui dort pendant le jour
C’est un écrin pillé c’est une horloge brève
Non pas même cela ni la mort ni l’amour
La mer n’existe pas car la mer n’est qu’un rêve

(Robert Desnos)

Illustration: ArbreaPhotos

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Le corps a ses grimoires (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Olivier de Sagazan
    
Le corps a ses grimoires
La peau tressaille encore
aux vieux soleils
Les yeux seuls touchent au monde
les yeux du moins
car la main s’y noierait
Blessure fait le corps
blessure est à présent mon nom
Ecartez les lèvres de cette plaie
et sondez jusqu’au fond le désastre

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Communion (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Communion

Près des ruisseaux obscurs dont se plisse la moire
Et que moirent parfois d’agiles frissons d’or,
Comme en un sanctuaire, archaïque trésor,
Des iris ont ouvert leur bleuâtre ciboire.

Le vain réel s’embrume au fond de ma mémoire:
Jours tièdes, affadis! Dans la flamme se tord
Consumé par mes soins le poussiéreux grimoire.
Voluptueux iris qui fleurissez le bord

De l’ombre et du mystère, accueillez et ma lèvre
Et la sienne, – où la mienne en la mordant s’enfièvre, –
Offrez à mes désirs d’extases altérés

Insatiablement ces parfums qui vous baignent,
Grâce au mystique vin que vous nous verserez,
Que plus intensément nos deux âmes s’étreignent.

(Marie Dauguet)

 

 

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De Silex Et De Feu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



De Silex Et De Feu

La mer ce n’est pas même un miroir sans visage
Un terme de comparaison pour les rêveurs
Un sujet de pensées pour l’engeance des sages
Pas même un lavoir propre à noyer les laveurs

Ce n’est pas un grimoire où dorment des secrets
Une mine à trésor une femme amoureuse
Une tombe où cacher la haine et les regrets
Une coupe où vider l’Amazone et la Meuse

Non la mer c’est la nuit qui dort pendant le jour
C’est un écrin pillé c’est une horloge brève
Non pas même cela ni la mort ni l’amour
La mer n’existe pas car la mer n’est qu’un rêve

Et moi qui l’appelais à l’assaut de la digue
je reste au pied des rocs jonchés de goémon
Tandis que le soleil ouvert comme une figue
saigne sur les tourteaux errant dans le limon

Jamais plus la tempête en sapant les falaises
N’abîmera la ville d’Ys les icebergs
Ne dériveront plus à moins qu’il ne me plaise
De recréer les flots les voiles et les vergues

Déjà sentant la mort et la teinture d’iode
Dans la putréfaction qui comblera les mares
Une flore nouvelle apparaît comme une ode
Vers le ciel impalpable où s’éteignent les phares

(Robert Desnos)

 

 

 

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