Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘grimper’

Un rêve (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Un rêve

Le balancier de l’horloge en hiver
compte les pas de mon sommeil
Il fait nuit dans la maison
Il est midi juin dans mon rêve

L’enfant qui grimpe au cerisier
entend à travers le feuillage
le souffle du vieil homme qu’il sera
et le tricot du balancier

Dans le noir de l’oreiller
le dormeur soixante ans plus tard
entend l’enfant qui froisse les branches
et les cerises tomber sur l’herbe

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand les vents sont contraires (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019




    
Quand les vents sont contraires,
appuie sur eux ton échelle et grimpe.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

CALINE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




CALINE

Maman, tu dors ?
Le soleil passe par la persienne.
Les murs craquent,
Le chat miaule,
Le chien gratte.
La brouette roule sur le chemin.
Maman, tu dors ?
Tu as du soleil sur la main.
Et moi des ronds sur ma couette.
Maman, tu dors dans ton grand lit.
Et moi, mon lit est si petit,
Sans oreillers et sans baisers,
Maman, depuis hier soir sans baisers!
Maman! ah! tu viens de bouger.
La bouche ouverte, les yeux fermés
As-tu fini de t’étirer ?
Ouvre tes draps. Je saute, je grimpe.
Pousse-toi un peu. Fais-moi un trou.
Passe ton bras autour de mon cou.
Et serre-moi bien, maman, bien fort,
Contre le bon chaud de ton corps.

(André Spire)

Illustration: Delamonica

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est l’espérance folle (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




C’est l’espérance folle
Qui nous console
De tomber du nid
Et qui demain prépare
Pour nos guitares
D’autres harmonies

S’élève l’espérance
Dans le silence
Soudain de la nuit
Et les matins qui chantent
Déjà enchantent
Nos soirs d’aujourd’hui

Viens
C’est la fête en semaine viens
Je t’attends,tu ne sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t’ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C’est l’espérance folle
Qui carambole
Et tombe du temps
Je vois dans chaque pierre
Cette lumière
De nos coeurs battants

La mort c’est une blague
La même vague
Nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe
Porte la trace
D’étranges amours

Viens
C’est la fête en semaine viens
Je t’attends tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t’ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C’est l’espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi

Tout est gagné d’avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus

(Guy Béart)

Illustration: Annagol

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je me souviens (Paul Henri Lezac)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



>cabane-cahute-arbreJe me souviens

De ces vacances heureuses
De la langueur insidieuse
Des si longs après-midi d’été
Du goût du chocolat au goûter
J’avais 5 ans, 7 ans, un peu plus peut-être
Ni leçons, ni devoirs, ni maître
Nous étions des enfants
Bercés de rires et de chants
Nous vivions des aventures
ZORRO, Tintin, le Roi Arthur
Nous faisions des cabanes
Des arcs, des flèches, des sarbacanes,
Des maquettes et des châteaux ,
Nous avions nos cachettes et nos courses au trésor
Et grimpions dans les arbres
En attendant Septembre
Qui ne viendrait jamais,
C’est ce que l’on croyait …

Dédié à Bertrand, Thibaud, Arthur
et à tous ceux qui ont fait des cabanes

(Paul Henri Lezac)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Maintenant, mon Amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


 


Hannah Giffard  crowslookingup460

Maintenant, mon Amour, nous retournons chez nous
là où le liseron grimpe par les échelles :
en ta chambre déjà, bien avant ta venue,
est venu l’été nu aux pieds de chèvrefeuille.

Nos baisers voyageurs ont parcouru le monde :
Arménie, goutte épaisse et miel déterré,
Ceylan, verte colombe et Yang-Tsé séparant
les jours d’avec les nuits de sa vieille patience.

Maintenant, bien-aimée, par la mer crépitante
comme deux oiseaux aveugles nous revenons
vers notre mur, notre nid du lointain printemps,

puisque l’amour ne peut voler sans s’arrêter :
notre vie va au mur, aux pierres de la mer,
les baisers sont rentrés à notre territoire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Hannah Giffard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les serres et les bois (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    

Les serres et les bois

Dans les serres silencieuses
Où l’hiver invite à s’asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.

L’une, raide, élançant tout droit
Sa tige aux longues feuilles sèches,
Darde au plafond, comme des flèches,
Les pointes d’un calice étroit.

Une autre, géante à chair grasse,
Que hérissent de durs piquants,
Ne sourit que tous les cinq ans
Dans une éclosion sans grâce.

Une autre, molle en ses efforts,
Grimpe au vitrail, et la captive
Regarde en pitié l’herbe active
Qui tient tête au vent du dehors.

Pas un souffle ici, rien ne bouge ;
Toutes versent avec lenteur,
A flots lourds, la fade senteur
De leur floraison fixe et rouge.

Celui qu’elles charment d’abord,
Dans cet air qui bientôt lui pèse,
Envahi par un grand malaise,
Descend de l’ivresse à la mort.

Ah ! Que mille fois plus aimée
La violette, fleur des bois !
Et que plus saine mille fois
La chambre qu’elle a parfumée !

Son baume, loin d’appesantir,
Allège et fait l’âme nouvelle ;
mais fine, il faut s’approcher d’elle,
La baiser, pour la bien sentir.

(Sully Prudhomme)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tant de gens qui m’aiment (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
Tant de gens qui m’aiment
m’attendent sur le pont du bateau,
mais comment y grimper ?

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Trappe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Trappe

Il suffit de soulever la barre
pour vous faire accéder
à un autre niveau

Il suffit de descendre
au long de cette rampe
et l’on atteint le royaume des cavernes

Il suffit de grimper
au long de cette corde tendue
et le panorama jaillit dans la lumière

Il suffit de ramper au long
de ce tunnel pour atteindre
la liberté de l’autre côté des murailles

Il suffit de nager dans ce fleuve profond
pour que le sang de la jeunesse
irrigue à nouveau notre corps fané

(Michel Butor)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’oiseau glisse sur un cable aérien (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

l’oiseau glisse sur un cable aérien
soudain s’élève
comme on grimpe une falaise abrupte

un mot lit tout l’azur
équilibre le vent
s’efface à la moindre négligence

(Yang Lian)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :