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Poésie

Posts Tagged ‘grincement’

La peur de la mort (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



 

Illustration: Fred Einaudi
    
La peur de la mort

La Mort à son gré se promène dans nos vies, douce Mort
qui s’affaire à chaque souffle.
Pourquoi la redouter ? Voyez comme elle rit,
son visage est la rose de lumière d’une grâce enjouée !
Une aimante et charmante vierge cueillant des fleurs
dans un jardin embaumé, frais des ondées printanières,
telle est la chose que vous craignez, une jeune et radieuse tourière
qui ouvre à nos âmes les mondes de lumière.
Est-ce parce que la branche tordue doit souffrir
quand les plus tendres mains lui dérobent sa gloire ?
Est-ce parce que la tige sans fleur retombe, ternie
et blême, qui naguère fut si belle ?
Ou est-ce le grincement affreux quand s’ouvre le portail
qui vous ébranle, faibles âmes sans courage ?
La mort n’est que le changement de nos robes pour attendre
en habits de noce à la porte de l’Éternel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Une fleur est accrochée à ma poitrine (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Une fleur est accrochée à ma poitrine;
Qui me l’a accrochée? — Je ne sais plus.
Ma faim est insatiable
De tristesse, de passion, de mort.

Par le violoncelle, le grincement
Des portes et le tintement des verres,
Et par le cliquetis des éperons
Et le cri des trains de nuit —

Par le coup tiré à la chasse,
Par le grelot des troïkas —
Vous m’appelez, vous m’appelez,
Vous, que je n’aime pas!

Il est pourtant un délice :
J’attends celui qui le premier
Me comprendra enfin
Et tirera à bout portant.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Zhaoming Wu

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SEULS, LOINTAINS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

SEULS, LOINTAINS

Nous sommes restés seuls, complétement seuls,
Comme seuls restent les arbres
Comme seuls restent les arbres et les morts.

Seuls, lointains…

La fin vient tout doucement,
La fin, le danger dans l’amour.

L’un déserte les yeux de l’autre
Inversement l’âme du premier quitte cet autre
Se perd, et se cache dans le vague.

Ne restent que les ombres qui grandissent.

Nous partons petit à petit (tout doucement)…

On entend des ailes et des coups
Des gémissements.

On entend les grincements que font nos os.

(Georges Themelis)

Illustration: Edvard Munch

 

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Grincement obscur (Michel Thion)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



la colère
un grincement
obscur

résiste
à la vie

(Michel Thion)

Tiré de son livre “Origami” ici

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Dans la noire impasse (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

hibou  url

Dans la noire impasse
Où j’erre dans les ténèbres,
Je lève les yeux et je vois
L’église, dressée, dans un angle.

Faut-il croire à un mystère ?
A une révélation, à une puissance ?
Faut-il, à genoux,
Se prosterner ? Que croire ?

La nuit tremble, sur la treille
La chenille mord le bourgeon ;
Elle grince, appelant l’automne,
La creuse et brune cigale.

Deux grincements : attentif au duo,
Je lève les yeux et je vois
Que l’église de la promenade
A la forme d’un hibou.

(José Marti)

Illustration

 

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Tout sauf un ange (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



Tout sauf un ange

Si après la mort, ils veulent nous changer en petite flamme sèche qui suit les sentiers des vents,
il faut se révolter.
A quoi bon un repos éternel sur le sein de l’air, à l’ombre d’une jaune gloire,
au milieu des marmottements de choeurs à deux dimensions.
Il faut entrer dans la pierre, l’arbre, l’eau ,dans les fentes de la porte.
Mieux vaut être grincement de plancher que perfection effroyablement transparente.

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Âme (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017




    
Âme du lasso
de l’algue
du cric, du grappin et de la vague qui gonfle
de l’épervier, du morse, de l’éléphant marin
âme triple
excentrée
énergumène
Âme de larve électrisée venant mordre à la surface
Âme des coups et des grincements de dents
âme en porte à faux toujours vers un nouveau redressement

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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Les grives (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Illustration
    
Les grives, je les ai en tête depuis les champs
d’Atalaia, et les dépose en ce poème –
le vent laissait à notre porte
une lumière rampante, ou les sons émiettés
d’un grincement de char à foin,
des branches hautes
le soir tombait sur les cheveux,
sans hâte nous vivions, au ras des lèvres.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Laisse faire le silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



Laisse faire le silence.

Laisse-le
Agir à sa guise.

Dans le mouvement des vagues,
Dans le grincement des dents,
Dans l’oeil du coq,
Dans le bâillement de l’huître,
Dans le sommet de la pierre,
Dans la poussée des ongles,

Devant ou derrière
Tous les bruits

Et même au-dessus,
Laisse faire le silence.

(Guillevic)

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CONTRE-POINT-DU-JOUR (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




CONTRE-POINT-DU-JOUR

Alors alors
encore ? Alors
toujours dans le jour
mon petit ? Toujours dans le
petit jour du dernier
du dernier jour du condamné
à mort le petit jour ?

Toujours dans le
petit jour du condamné à mort
je suis j’étais
je suis j’étais le grincement
de poulie du gosier
dans la gorge coupée
par le pourquoi comment du printemps

A mort le petit jour du premier lilas
du pourquoi comment du pourquoi pas
de la gorge pourquoi de la gorge coupée du printemps
du grincement de la poulie du printemps
de la nuit de la gorge coupée
du petit jour du lilas de la mort
de la mort de pourquoi comment.

Et pourquoi pas toujours?
Et pourquoi pas toujours j’étais je suis
toujours j’étais toujours j’étais
toujours tiré tiré tiré tiré vers le petit jour
par le pourquoi comment
du gai toujours du gai printemps

toujours mon petit toujours!

(Jean Tardieu)

Illustration: Salvador Dali

 

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