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Posts Tagged ‘grisonner’

EAU MORTE (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
EAU MORTE

Eau morte, sommeil des marais
où de larges feuilles de venin macèrent,
tantôt blanche tantôt verte dans les éclairs,
tu es semblable à mon coeur.

Alentour le peuplier grisonne et le chêne vert;
feuilles et glands s’apaisent du dedans
et chacune a ses cercles issus d’un centre originaire
déformés par le sombre bourdon du vent.

Ainsi comme sur l’eau le souvenir dessine
des cercles de plus en plus grands, ainsi mon coeur
part d’un centre et quand il meurt,
eau morte il te ressemble comme une soeur.

***

ACQUAMORTA

Acqua chiusa, sonno delle paludi
che in larghe lamine maceri veleni,
ora bianca ora verde nei baleni,
sei simile al mie cuore.

Il pioppo ingrigia d’interno ed il leccio;
le foglie e le ghiande si quietano dentro,
e ognuna ha i suoi cerchi d’un unico centro
sfrangiati dal cupo ronzar del libeccio.

Cosi, come su acqua allarga
il ricordo i suoi anelli, mio cuore;
si muove da un punto e poi muore :
cosi t è sorella acquamorta.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Hier soir (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018




    
Hier soir, comme Léila
me quittait très froidement,
je lui dis : « Ah ! reste encore ! »
Elle de me répliquer
que ma tête est grisonnante.
A l’indiscrète railleuse
je dis : « Chaque heure a ses goûts
et le noir parfum du musc
en camphre s’est vu changé. »
Le propos fut malheureux,
Léila ne fit qu’en rire
et dit : « Si le musc éveille
l’ardeur des jeunes époux,
laissons le camphre aux cercueils. »

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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Retour au pays natal (Ho Tche-Tchang)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Retour au pays natal

Jeune, je quitte mon village; vieillard, j’y reviens.
Mon accent n’a pas changé, mes cheveux sur les tempes grisonnent de plus en plus.
Les enfants me voient et ne me reconnaissent pas.
Ils me demandent, en riant : «D’où viens-tu, voyageur?»

(Ho Tche-Tchang)

 

 

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La châtaigne (Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



La châtaigne

Châtaignes rousses de l’automne
Les soirs endoloris grisonnent
Assis devant le feu de bois
Il n’y a plus que toi et moi
Et le chat qui se pelotonne

(Calaferte)


Illustration

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LE COLLIER DE LA COLOMBE – L’AGE (Ibn Hazm)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



LE COLLIER DE LA COLOMBE – L’AGE

Quelqu’un m’a demandé mon âge
après avoir vu la vieillesse grisonner sur mes tempes
et les boucles de mon front.

Je lui ai répondu : une heure.
Car en vérité je ne compte pour rien le temps
que j’ai par ailleurs vécu.

Il m’a dit « Que dites-vous là ? Expliquez-vous.
Voilà bien la chose la plus émouvante. »

Je dis alors : « Un jour, par surprise, j’ai donné un baiser,
un baiser furtif, à celle qui tient mon cœur.
Si nombreux que doivent être mes jours,
je ne compterai que ce court instant,
car il a été vraiment toute ma vie.»

(Ibn Hazm)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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Mandorle (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2016



Mandorle

Dans l’amande – qu’est-ce qui se tient dans l’amande ?
Le Rien.
Le Rien se tient dans l’amande.
Il s’y tient, s’y tient.

Dans le Rien – qui se tient là ? Le Roi.
Là se tient le Roi, le Roi.
Il s’y tient, s’y tient.

Boucle de juif, tu ne grisonneras pas.

Et ton oeil – vers quoi se teint ton oeil ?
Ton oeil se tient face à l’amande.
Ton oeil face au Rien se tient.
Soutient le Roi.
Ainsi il se tient, se tient.

Boucle d’homme, tu ne grisonneras pas.
Amande vide, bleu roi.

(Paul Celan)

 

 

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La sève effleure aussi le lieu (Pierre-Alain Tâche)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



Edgar Hunt poules ferme  [800x600]

La sève effleure aussi le lieu
ses cours aux paupières closes
s’épuise au sol battu des étables béantes
où la paille est tressée encore

Les gonds durcissent
le bois grisonne aux tempes des maisons
Le chancre ourle les seuils
hante la huche farineuse
bouillonne au bord du four
Le bec d’ambre des volailles
fauche les roses pâles des lambris

(Pierre-Alain Tâche)

Illustration: Edgar Hunt

 

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Le jour grisonne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015




Le jour grisonne aux temps des coteaux
Jour bientôt décapité par la chute de la nuit
L’air tremble
Dans le froid coupant comme un rasoir
Le sol résonne comme un tambour
Dès que le jardin ferme les yeux
La lune escalade le mur

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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