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Posts Tagged ‘grive’

Les grives (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Illustration
    
Les grives, je les ai en tête depuis les champs
d’Atalaia, et les dépose en ce poème –
le vent laissait à notre porte
une lumière rampante, ou les sons émiettés
d’un grincement de char à foin,
des branches hautes
le soir tombait sur les cheveux,
sans hâte nous vivions, au ras des lèvres.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Nous attendons (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2017



Illustration

    

Dans son vol, une grive emporte la rivière
et les dernières parcelles de la prairie.

Ce qui subsiste s’accommode d’une présence
qui ne lui appartient plus.

Nous ignorons tout de nos croyances
réfutées un jour de tempête.

Nous attendons qu’une porte s’ouvre
et qu’une voix nous interpelle.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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BALLADE DU SILENCE CRAINTIF (Rafaël Alberti)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



BALLADE DU SILENCE CRAINTIF

Ici, quand le vent meurt,
les mots défaillent.
Et le moulin ne parle plus.
Et les arbres ne parlent plus.
Et les chevaux ne parlent plus.
Et les brebis ne parlent plus.

Se tait le fleuve.
Se tait le ciel.
Se tait l’oiseau.
Et se tait le perroquet vert.
Et, là-haut, se tait le soleil.

Se tait la grive.
Se tait le caïman.
Se tait l’iguane.
Et se tait le serpent.
Et, en bas, se tait l’ombre.

Se tait tout le marais.
Se tait tout le vallon.
Et se tait même la colombe
qui au grand jamais ne se tait.

Et l’homme, toujours silencieux,
de peur, se met à parler

(Rafaël Alberti)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Jour d’hiver (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Jour d’hiver

Le ciel est transi.
Sur la terre nue
La neige est venue.
Sur mon cœur aussi.

Dans l’air obscurci
Les feuilles dernières
Roulent aux ornières.
Mon bonheur aussi.

Il fait froid ici.
Les cailles, les grives,
Ont quitté nos rives.
Ma maîtresse aussi.

(Jean Richepin)

Illustration: Jan Balet

 

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NIVOSE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



NIVOSE

Le ciel est transi.
Sur la terre nue
La neige est venue.
Sur mon cœur aussi.

Dans l’air obscurci
Les feuilles dernières
Roulent aux ornières.
Mon bonheur aussi.

Il fait froid ici.
Les cailles, les grives.
Ont quitté nos rives.
Ma maîtresse aussi.

(Jean Richepin)

 

 

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Nevermore (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant:
«Quel fut ton plus beau jour!» fit sa voix d’or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

— Ah! les premières fleurs qu’elles sont parfumées!
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées!

(Verlaine)

Illustration

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TOUS ET TOUTES SONT AVEC MOI (Roger Bodart)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



TOUS ET TOUTES SONT AVEC MOI

Tous et toutes sont avec moi :
Les sangliers sortant du bois
Comme en plein hiver quand il gèle
Si fort qu’éclate la margelle ;
Tous et toutes sont avec moi,
Les fougères, les ifs, les noix,
Le renard au bord des fontaines,
Les taupes, les grives, les graines,
Le chat-huant, le loup-garou,
Tous et toutes sont avec nous.

(Roger Bodart)

 

 

 

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LA GRIVE DU CRÉPUSCULE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



 

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LA GRIVE DU CRÉPUSCULE

Je m’appuyais sur la haie d’un bosquet
A l’heure du givre blême,
Quand les scories de l’hiver désolent
Le regard du jour en déclin.
L’entrelacs des rameaux striait le ciel
Telles des cordes de lyres brisées.
Tous les vivants de ces parages
Avaient regagné leurs foyers.

Le renflement visible de la terre
Simulait du siècle le gisant
Dont la voute du ciel serait le sépulcre
Et le vent son cantique de deuil.
L’immémorial essor du germe, l’éclosion,
Se réduisaient en dure sécheresse,
Et chaque esprit sur la terre semblait
Comme moi sans ardeur.

Soudain, sur ma tête, une voix entonna
Du milieu des branches tristes,
De tout son coeur un chant de vêpres
D’une allégresse infinie :
Une grive, vieillie, frêle, chétive, infirme,
Au plumage brouillé par la bise,
Avait ainsi voulu épancher son âme
Dans l’ombre qui montait.

Rien ne motivait que des hymnes
D’un tel ravissement sonore
Puissent se lire sur le visage de la terre
D’ici jusqu’à l’horizon,
Que je pensais que frémissait sans doute
Dans son heureux chant nocturne
Un espoir de bénédiction d’elle seule connu
Et dont j’étais dans l’ignorance.

***

THE DARKLING THRUSH

I leant upon a coppice gate
When Frost was spectre-gray,
And Winter’s dregs made desolate
The weakening eye of day.
The tangled bine-stems scored the sky
Like strings of broken lyres,
And all mankind that haunted nigh
Had sought their household fires.

The land’s sharp features seemed to be
The Century’s corpse outleant,
His crypt the cloudy canopy,
The wind his death-lament.
The ancient pulse of germ and birth
Was shrunken hard and dry,
And every spirit upon earth
Seemed fervourless as I.

At once a voice arose among
The bleak twigs overhead
In a full-hearted evensong
Of joy illimited ;
An aged thrush, frail, gaunt, and small,
In blast-beruffled plume,
Had chosen thus to fling his soul
Upon the growing gloom.

So little cause for carolings
Of such ecstatic sound
Was written on terrestrial things
Afar or nigh around,
That I could think there trembled through
His happy good-night air
Some blessed Hope, whereof he knew
And I was unaware.

(Thomas Hardy)

Illustration

 

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Conjugaison de l’oiseau (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



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Conjugaison de l’oiseau

J’écris (à la pie)
J’écrivais (au geai)
J’écrivis (au courlis)
J’écrirai (au pluvier)
J’écrirais (au roitelet)
Écris ! (au sirli)
Que j’écrive (à la grive)
Que j’écrivisse (à l’ibis)
Écrivant (au bruant)
Écrit (au pipit)

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

 

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Le chêne (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016




Le chêne a fortifié l’estrade.
En nous s’étendent les nudités de l’espace,
la rondeur des grives.

(Dominique Sampiero)

 

 

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