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Poésie

Posts Tagged ‘grive’

Jour d’hiver (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Jour d’hiver

Le ciel est transi.
Sur la terre nue
La neige est venue.
Sur mon cœur aussi.

Dans l’air obscurci
Les feuilles dernières
Roulent aux ornières.
Mon bonheur aussi.

Il fait froid ici.
Les cailles, les grives,
Ont quitté nos rives.
Ma maîtresse aussi.

(Jean Richepin)

Illustration: Jan Balet

 

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NIVOSE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



NIVOSE

Le ciel est transi.
Sur la terre nue
La neige est venue.
Sur mon cœur aussi.

Dans l’air obscurci
Les feuilles dernières
Roulent aux ornières.
Mon bonheur aussi.

Il fait froid ici.
Les cailles, les grives.
Ont quitté nos rives.
Ma maîtresse aussi.

(Jean Richepin)

 

 

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Nevermore (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant:
«Quel fut ton plus beau jour!» fit sa voix d’or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

— Ah! les premières fleurs qu’elles sont parfumées!
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées!

(Verlaine)

Illustration

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TOUS ET TOUTES SONT AVEC MOI (Roger Bodart)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



TOUS ET TOUTES SONT AVEC MOI

Tous et toutes sont avec moi :
Les sangliers sortant du bois
Comme en plein hiver quand il gèle
Si fort qu’éclate la margelle ;
Tous et toutes sont avec moi,
Les fougères, les ifs, les noix,
Le renard au bord des fontaines,
Les taupes, les grives, les graines,
Le chat-huant, le loup-garou,
Tous et toutes sont avec nous.

(Roger Bodart)

 

 

 

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LA GRIVE DU CRÉPUSCULE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



 

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LA GRIVE DU CRÉPUSCULE

Je m’appuyais sur la haie d’un bosquet
A l’heure du givre blême,
Quand les scories de l’hiver désolent
Le regard du jour en déclin.
L’entrelacs des rameaux striait le ciel
Telles des cordes de lyres brisées.
Tous les vivants de ces parages
Avaient regagné leurs foyers.

Le renflement visible de la terre
Simulait du siècle le gisant
Dont la voute du ciel serait le sépulcre
Et le vent son cantique de deuil.
L’immémorial essor du germe, l’éclosion,
Se réduisaient en dure sécheresse,
Et chaque esprit sur la terre semblait
Comme moi sans ardeur.

Soudain, sur ma tête, une voix entonna
Du milieu des branches tristes,
De tout son coeur un chant de vêpres
D’une allégresse infinie :
Une grive, vieillie, frêle, chétive, infirme,
Au plumage brouillé par la bise,
Avait ainsi voulu épancher son âme
Dans l’ombre qui montait.

Rien ne motivait que des hymnes
D’un tel ravissement sonore
Puissent se lire sur le visage de la terre
D’ici jusqu’à l’horizon,
Que je pensais que frémissait sans doute
Dans son heureux chant nocturne
Un espoir de bénédiction d’elle seule connu
Et dont j’étais dans l’ignorance.

***

THE DARKLING THRUSH

I leant upon a coppice gate
When Frost was spectre-gray,
And Winter’s dregs made desolate
The weakening eye of day.
The tangled bine-stems scored the sky
Like strings of broken lyres,
And all mankind that haunted nigh
Had sought their household fires.

The land’s sharp features seemed to be
The Century’s corpse outleant,
His crypt the cloudy canopy,
The wind his death-lament.
The ancient pulse of germ and birth
Was shrunken hard and dry,
And every spirit upon earth
Seemed fervourless as I.

At once a voice arose among
The bleak twigs overhead
In a full-hearted evensong
Of joy illimited ;
An aged thrush, frail, gaunt, and small,
In blast-beruffled plume,
Had chosen thus to fling his soul
Upon the growing gloom.

So little cause for carolings
Of such ecstatic sound
Was written on terrestrial things
Afar or nigh around,
That I could think there trembled through
His happy good-night air
Some blessed Hope, whereof he knew
And I was unaware.

(Thomas Hardy)

Illustration

 

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Conjugaison de l’oiseau (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



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Conjugaison de l’oiseau

J’écris (à la pie)
J’écrivais (au geai)
J’écrivis (au courlis)
J’écrirai (au pluvier)
J’écrirais (au roitelet)
Écris ! (au sirli)
Que j’écrive (à la grive)
Que j’écrivisse (à l’ibis)
Écrivant (au bruant)
Écrit (au pipit)

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

 

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Le chêne (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016




Le chêne a fortifié l’estrade.
En nous s’étendent les nudités de l’espace,
la rondeur des grives.

(Dominique Sampiero)

 

 

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Double absence (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2016



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Double absence

La lune rouge de rouille dessus le nuage rouge de rose,
Présents, dans l’éther, du soleil qui s’éclipse,
Qui brille pleinement sur d’autres terres à présent
Et bientôt tracera son chemin des centaines de miles
Par-delà le paisible Atlantique, ce sein tranquille.
La fumée s’élève, solide, arbre de cendres
Issu de la haute cheminée de l’abbaye. Un sycomore
Porte sur sa plus haute branche une grive qui chante,
La poitrine offerte à l’adieu du soleil enseveli.
Ces bonheurs si rares, le hasard ne les porte
Que là où l’esprit ingénieux ne se risque déjà plus,
Où l’étrange a dépassé le sens, et les laisse, seuls, à leur place.
A présent la lune s’échappe, claire, pâle, fiévreuse,
Hors de la nuée dispersée de cendres à la dérive,
Tandis qu’en mon esprit est suspendue, double absence,
La lune rouge de rouille dessus le nuage rouge de rose.

***

Double absence

The rust-red moon above the rose-red cloud,
Ethereal gifts of the absconding sun
That now is shining full on other lands
And soon will draw its track a hundred miles
Across the quiet breast of the hushed Atlantic.
The smoke grows up, solid, an ashen tree
From the high Abbey chimney. A sycamore
Holds on its topmost tip a singing thrush,
Its breast turned towards the sign of the buried sun.
Chance only brings such rare felicities
Beyond contrivance of the adventuring mind,
Strange past all meaning, set in their place alone.
Now the moon rises clear and fever pale
Out from the cloud’s dissolving drift of ashes,
While in my mind, in double absence, hangs
The rust-red moon above the rose-red cloud.

(Edwin Muir)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 Illustration

 

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Fillettes (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



Fillettes

En longue file, viennent et vont
Les diablotins, mes petites saintes;
Et c’est du chaud pain frais que leur front –
Yeux de charbon, braises de charbon
Encor non éteintes.

En longue file, viennent et vont,
Et leurs amours aux fleurs sont pareilles;
Comme muguets aiment les garçons –
Vont aux garçons comme grives vont
Aux raisins des treilles.

En longue file, viennent et vont,
Même pleurantes, ne font que rire;
Lointaines sont, et lointaines vont –
Ainsi l’on voit, par les soirs trop bons,
Les étoiles luire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Jean-Honoré Fragonnard

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Nous sommes comme les mers nous ont faits (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



 

Péninsule de Valdès

Nous sommes comme les mers
nous ont faits

une faim infinie

la grive même
sur le fil

***

We are what the seas
have made us

longingly immense

the very veery
on the fence

(Lorine Niedecker)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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