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Poésie

Posts Tagged ‘grossir’

La citrouille (Toun)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



La citrouille

La citrouille grossit.
Moi, je maigris.
Quelle chaleur !

(Toun)

Illustration

 

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AUTOMNE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Maurice de Vlaminck
    
AUTOMNE

Un reflet du couchant grossit en colline,
Œil où le regard est sang.

A l’automne,
La pomme du monde est humide et ronde,
Frétille entre les dents,
Douce peau travaillée de soleil, de pluie, de vent
Puis humide de paix.

Mobiles dans l’ordre de la brume,
Les arbres près du village, roulant comme des bohémiens,
Content de longues histoires de voyage
Où nul ne comprend rien et que l’on craint.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un poil dans l’âme (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Un poil dans l’âme

Il s’est souvent demandé
si sa fatigue

liberté ceci
volonté cela

et maladie
et patata

il n’a toujours pas
trouvé de réponse

trop fatigué

*

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

*

Son cauchemar
bien sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

*

Pour trouver
la sérénité
le fainéant ne fouille pas les poubelles
de ces philosophies
plus ou moins exotiques

Un bon canapé lui suffit
il reste ainsi des heures
vautré
dans son plus beau sourire

tandis que son esprit essaye
un un
tous les coussins de l’absolu

*

Si vraiment l’avenir
appartient à ceux
qui se lèvent tôt

le reste
appartient aux autres

Franchement
l’affaire
le fainéant la trouve
plutôt bonne

*

Des rêves de grandeur
il n’en nourrit
que pour son lit

Pour le reste
il veut bien
vivre en chien de fusil

*

Pour la beauté
c’est différent
Il n’a qu’à se laisser
transporter

*

De la fenêtre de sa chambre
des heures durant
il admire
l’élévation patiente
l’orgueil
la noblesse des arbres

Les arbres

la seule élite
respectable

*

Rien ne sert de courir

Nul besoin de fable
pour en persuader le fainéant

qui ajoute volontiers
rien ne sert de partir
rien ne sert d’arriver
ce pâté de lièvre est excellent

*

Évidemment
il grossit

rajoute chaque jour
un peu de gras

entre le monde et lui

*

Il n’est pas pour autant
pressé de mourir

Le sommeil
à de telles profondeurs
ne le tente pas encore

Nul n’est parfait

*

Faire son marché
suffit à épuiser
son besoin d’aventure

Dans le cabas
son odyssée
pèse moins que la laitue

D’ailleurs sa Pénélope
supporte mal
les attentes prolongées

*

Sa ligne de conduite
n’exige
qu’une géométrie minimale

Pourquoi perdre son temps
le long des droites
des courbes ou des brisées ?

Dormir
est le plus court chemin
d’un point au même point

*

Il s’affale
dans son fauteuil
gauloise
dans une main
verre
dans l’autre

Vingt heures
la télé
l’informe
de la santé
du monde

Écoutez
dans le whisky
le bonheur
fait craquer
les glaçons

(Jean-Michel Robert)

 

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVII)

Je suis prisonnier de ton visage
à la façon dont un mur l’est du miroir.
Pesé par ton regard,
le monde perd son poids de pierres.

Le chant de ton sang sous la peau
est aussi doux à entendre
que celui des graminées
poursuivies par le vent.

Je sais que la mort ne peut rien me faire
tant que tu restes entre elle et moi,
tant que s’allume dans ta chair
le ver luisant du plaisir.

Le couchant tournoie sur chacun de tes ongles
avant d’aller grossir la terre d’une dernière montagne de clarté
et je peux voir à ton poignet les pas
que ta vie fait pour venir jusqu’à moi.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Son temple est vaste et morose (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



 

Anne-Marie Zilberman (12)

Son temple est vaste et morose;
Son culte est fébrile et sans fin;
La prière, sans une pause,
S’élève d’hier en demain;

Et seul le choeur varie:
Tantôt maintes voix, tantôt une,
Aux accords du vent se marient
Au-dessus de la grève et des dunes;

On chante de voix haute ou discrète
– Qui sait si le choeur s’en grossit
Qui sait si la voix qu’on se prête
Ne s’étouffe pas dans le bruit?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Grincement de roues (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016



 

foin  [1280x768]

Grincement de roues.
Un tas de foin grossit
Jusqu’à cacher la lune.

(René Maublanc)

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Oiseaux de mer (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



Oiseaux de mer

Mouettes, gris et goélands,
Mêlent leurs cris et leurs élans.
Leur vol fou qui passe et repasse,
Tend comme un filet dans l’espace.
Mouettes, goélands et gris,
Mêlent leurs élans et leurs cris.
Holà ! Ho ! du coeur à l’ouvrage !
La mer grossit.
Proche est l’orage.
Mouettes, goélands et gris,
Mêlent leurs élans et leurs cris.

(Jean Richepin)

 

 

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