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Posts Tagged ‘gué’

J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Zdzislaw Beksinski 6

J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort.
Il me barre le seuil, je traverse son corps.
Je piétine un basset qui venait me flairer
et sa ligne s’écrase où coulent d’autres ombres ;
mes lèvres ont frôlé la bouche d’une femme,
je passe à gué le mur qui fut d’une prison
et je conduis mes yeux dans un brouillard étrange
où tous les disparus ne sont que transparence.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Gué (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

La Tisseuse et le Pâtre  Vega et Altaïr

Gué

L’an ne contient qu’un seul gué
qui me conduit vers toi. À chaque fois
je le retrouve submergé davantage, les eaux
plus gonflées, le courant
plus menaçant. Et pourtant
pourtant je t’ai rejoint encore, et le moindre instant
en fera son aliment. Et si une dure loi
nous imposait un « jamais », à nous condamnés
immobiles sur des rives opposées,
nous croiserons toutefois
les échos d’un désir transmué en splendeur.
Ainsi la Tisseuse et le Pâtre
se répondent : Vega et Altaïr
entre eux se dénoue haut perché
le fleuve des étoiles.

(Margherita Guidacci)

 

 

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Oublier (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



    
Oublier

À force d’oubli de patience et d’absence
en n’écoutant plus rien de ce qui vient du dehors
en fermant les yeux sans les serrer trop fort
je me suis fait caillou galet herbe des bords
et la cascade amie riait dans mes pensées

L’eau fraîche murmurait dans ma nuit légère
Elle élevait la voix sur mes passages à gué
chantonnait en tournant dans les creux de ma rive
suscitait un juillet brûlant des moucherons une truite
La nuit dans ma main buvait l’oubli-chagrin

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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NU (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Emilia Castaneda ol_14_B [1280x768]

NU

Au centre des ténèbres
Un tourbillon se déshabille
Une femme se forme
Pour que la nuit soit blanche
Heureuse d’être nue
D’avoir tout exprimé
Son rôle est accompli
Plus rien ne la tourmente
Elle se sent bien
D’avoir déjoué les énigmes
Elle est debout dans sa victoire
Qui n’a fait que des beaux gestes
S’arracher les voiles
Effacer de la nacre sa buée
Sortir du miroir
En baissant la tête
Chasser la nuit de la vitre
En s’y reflétant
L’art d’éclairer ses profondeurs
L’art de jeter son linge
Sur la face de nuit
L’art d’ignorer les obstacles
L’art de passer à gué
L’art de venir au monde
Sans déchirer la soie
L’art de pousser vers la beauté
Sur les jeunes pousses de ses pieds
L’art d’être la faiblesse
Qui met la force au monde

(Ernest Delève)

Illustration: Emilia Castaneda

 

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LE FROID (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Diarmaid

LE FROID

Froid, froid,
que froide est cette nuit la grande plaine de Lurg,
la neige est plus haute que les monts,
le daim ne trouve plus de nourriture.

Froid jusqu’au jugement,
la tempête s’est répandue partout,
sur la pente chaque sillon est un ruisseau
et chaque gué est un étang.

Le lac déborde c’est une mer intense —
les étangs sont des lacs qui débordent,
les chevaux ne franchissent plus le gué de Ross
et les hommes non plus.

Les oiseaux de l’île de Fâl errent sur la mer,
il n’est pas de rivage où la vague ne déferle,
dans les terres il n’y a plus de terre,
on n’entend plus les cloches et l’oiseau des marais ne chante plus.

Les loups du bois de Cuan ne trouvent
ni repos, ni sommeil, dans leurs tanières,
le roitelet ne trouve plus
d’abri pour son nid en Lonslope.

Sur la troupe des oiseaux se sont déchaînés
le vent mordant et le givre du nord,
le merle n’a plus de toit qui lui plaise
pour s’abriter du côté des bois de Cuan.

L’aigle de la vallée de Ridi Rua
souffre du vent rude,
grandes sont sa misère et sa peine,
il a de la glace dans son bec.

Se lever de la couette et de la plume
serait grande folie pour toi,
voilà pourquoi je dis froid,
froid, froid, jusqu’au jugement.

La poursuite de Diarmaid et Grainné.
Livre jaune de LECAN.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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Et si notre voix (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




Illustration
    
Et si notre voix est ce pur enchantement
elle traversera à gué la terre des hommes,
les ronces et leurs désastres
et il lui faudra toutes les immensités

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Comme un chemin de pas (Danièle Faugeras)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
comme

un chemin
de pas

suspendus qui

relient

l’affleurement des pierres
intermittentes

passage à gué

poème.

(Danièle Faugeras)

 

Recueil: Quelque chose n’est / cing grands poèmes pour voir
Traduction:
Editions: Les Lieux dits

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Errance (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Fabienne Contat
    
Errance

Le vent bruisse et je m’en vais nu-pieds
Les fleurs jaillissent sur le sentier
Je cherche la Fontaine de Cé

De-ci de-là entre les fraisiers
je t’y avais donné un baiser
Sur l’arbre le corbeau fait le gué

Oú est l’eau au bon goût de rosée
C’est l’eau qui me rendra la santé
qu’Éros enfant a joué aux dés

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Effluves (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
Effluves

Le vent qui se promène à travers les buissons
Ne vous chante-t-il pas les joyeuses chansons
Qu’on chantait autrefois, quand on était ensemble ?
Et la pauvre feuille qui tremble
Au vent ne vous rappelle-t-elle pas mon coeur
Qui frissonnait sous vos regards moqueurs ?
Et ce ciel, si noir, si maussade
Ne vous fait-il pas refaire les promenades
Qu’on faisait la main dans la main,
Par les chemins
Et par les rues ?
Il doit rester encore au fond de vous
Un souvenir de cette époque disparue.
Ce souvenir serait-il aussi doux
Que celui qui chante en moi-même,
Soir et matin, pour me narguer :
Ô gué, ô gué,
Tu l’aimes !

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Le soleil… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le soleil…

Le soleil, une braise en un sombre encensoir
Dont la sanglante flamme aux bords des gués s’allume;
Le pâquis submergé jusqu’à l’horizon fume,
La rivière galope à travers les prés noirs.

Et partout, cette odeur d’herbe morte et d’écume,
D’inconnu s’enfuyant dans la brume du soir,
Comme un souffle d’amour si douce à percevoir
Parmi les joncs courbés que sa lqngueur parfume.

Mais le lointain soleil insensiblement meurt,
A peine reflétée à l’eau trouble qui vire,
La dernière clarté en frissons lents expire.

Tel un errant baiser, plus rien que cette odeur
Voluptueuse autant qu’un appel de chair nue
Qui monte dans la nuit où la clarté s’est tue.

(Marie Dauguet)

 

 

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