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Poésie

Posts Tagged ‘guenille’

Echelle du sec au fluide (Roxana Páez)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018




    
Echelle du sec au fluide

Les lettres d’encre ne sont pas si différentes
de la fumée que dégage le lit de papier
dans le feu.

Et mon plaisir n’a pas de nom quand les paroles montent
pour se fondre dans la tourmente, au rythme aléatoire
des papillons en guenilles.

***

Escala de lo seco a lo fluido

Las letras de tinta no son muy distintas
del humo que suelta la cama de papel
en el fuego.

Y mi placer no tiene nombre cuando las palabras suben
a fundirse con la tormenta, en un ritmo aleatorio
de mariposas harapientas.

(Roxana Páez)

 

Recueil: Des brindilles à sa flambée
Traduction:
Editions: Reflet de lettres

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Je ne sais si tout est dieu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Je ne sais si tout est dieu.
Je ne sais si quelque chose est dieu
Mais toute parole nomme dieu:
soulier, grève, coeur, autobus.

Et-plus,
autobus incendié,
vieux soulier,
grève générale,
azur près des ruines.

Et plus encore,
autobus sans homme,
soulier sans semelle,
grève générale des morts,
coeur dans les ruines de l’air.
Et plus encore,
autobus immobile pour dieux,
soulier pour aller dans les mots,
grève des morts en guenilles,
coeur au sang des ruines.
Et plus.
Mais n’importe.
J’ai fini de prier.
Je vais chercher maintenant le dos de dieu.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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L’AIR (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Amedeo Bocchi 
    
L’AIR

Le corps et la rêverie de la dame
Pour qui tournoyaient les marteaux,
Se perdent ensemble et reviennent,
Ne rapportant de la nuée
Que les guenilles de la foudre
Avec la future rosée.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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TESTAMENT (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Clara Lieu url

TESTAMENT

Si mon âme claire s’éteint
Comme une lampe sans pétrole,
Si mon esprit, en haut, déteint
Comme une guenille folle,

Si je moisis, diamantin,
Entier, sans tache, sans vérole,
Si le bégaiement bête atteint
Ma persuasive parole,

Et si je meurs, soûl, dans un coin
C’est que ma patrie est bien loin
Loin de la France et de la terre.

Ne craignez rien, je ne maudis
Personne. Car un paradis
Matinal, s’ouvre et me fait taire.

(Charles Cros)

Illustration: Clara Lieu

 

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Retouche au sous-bois (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




    
retouche au sous-bois

forêt où rit la lumière en guenilles
mes soucis à l’aimer deviennent ses oiseaux
ma peur son brame à liseré de rouille

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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BERCEUSE À AUSCHWITZ (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
BERCEUSE À AUSCHWITZ

Mon bel enfant en habit bleu
Te voilà bien vêtu de velours angoissant

Mon bel enfant en habit de faim
Je suis le grand nuage où tu cherches du pain

Mon bel enfant en habit de sang
Ta mère ne peut plus te reverser le sien

Mon bel enfant en habit de vers
Ils brillent pour ta mère comme des étoiles

Mon bel enfant en habit de folie
Au crochet de mon coeur vous pendrez ces guenilles

Mon bel enfant en habit de fumée
Vous ne m’avez pas dit si je peux me tourner.

(Pierre Morhange)

 

Recueil: Le Blessé

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C’était sur une place (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




    
C’était sur une place où la lune luisait:
un vieil homme en guenilles montrait pour quelques sous les étoiles,
et dans un grain de blé tout un étrange monde d’infusoires.

On voyait, comme des reines, les étoiles marcher,
et, comme des manants, les bêtes du grain de blé se manger l’une l’autre.

De l’infiniment grand à l’infiniment petit
ainsi l’on allait tour à tour, étonné de ces deux abîmes,
épouvanté de ces deux silences,
— entre lesquels l’oreille percevait le bruit des rues
et le cri du vieil homme en guenilles,
à qui ces infinis faisaient gagner des sous.

Ainsi le poète, à qui le spectacle des choses
fait gagner si péniblement quelques pensées et quelques rêves.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Qu’est-ce que le poème arrange ou crie (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017




Le paysage ou le dictionnaire,
une bête effarée qui regarde,
un vieux sac d’engrais en papier cousu,
le malheur humain dans sa guenille politique,

qu’est-ce que le poème arrange ou crie
à travers n’importe quoi, et qui serait son désir ?

(James Sacré)

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Il Suffira D’un Signe (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




Il Suffira D’un Signe

Il suffira d’un signe, un matin
Un matin tout tranquille et serein
Quelque chose d’infime, c’est certain
C’est écrit dans nos livres, en latin

Déchirées nos guenilles de vauriens
Les fers à nos chevilles loin bien loin
Tu ris mais sois tranquille un matin
J’aurai tout ce qui brille dans mes mains

Regarde ma vie tu la vois face à face
Dis moi ton avis que veux-tu que j’y fasse
Nous n’avons plus que ça au bout de notre impasse
Le moment viendra tout changera de place

Et tu verras que les filles oh oui tu verras bien
Auront les yeux qui brillent ce matin
Plus de faim de fatigue des festins
De miel et de vanille et de vin

Il suffira d’un signe…

L’acier qui nous mutile du satin !
Nos blessures inutiles au lointain
Nous ferons de nos grilles des chemins
Nous changerons nos villes en jardins

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

 

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Saint Rufin (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

Saint Rufin

Le plus affreux des gueux
En affreuses guenilles
Peut faire une belle ombre
Je vous dis que le soleil est un grand peintre

(Pierre-Albert Birot)

Illustration

 

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