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Poésie

Posts Tagged ‘guéri’

L’autre (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



L’autre

Tu es celui
Et tu es moi
Qui s’est guéri
Par la lumière
Tu es cela
D’or et de fée
Vivant réel
Sous le soleil
Tu es ici
Autre départ
Le jeu cruel
Absent dès l’aube
Tu es sans toi
– Mais le soleil

(André Velter)

Illustration: Daniel Siguier

 

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Les commencements d’amour sont les meilleurs (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2016



Dis, les commencements d’amour sont les meilleurs
C’est une impression, une réminiscence
De souffrance finie et de convalescence,
De malades guéris qui reviennent d’ailleurs.

Qui reviennent chez eux, dans leur maison rouverte,
S’appuyant l’un sur l’autre, incertains de leur pas;
Ils vont se regardant et parlant encor bas
A travers le jardin dont la pelouse est verte.

Ils gardent dans leurs yeux le soleil du Midi
Et dans l’eau du bassin ils se trouvent moins pâles,
Mais ils ont peur encore et se couvrent de châles
Lorsque le soir descend dans le parc attiédi.

Car sont-ils bien guéris? Ne sont-ils plus malades
Du mal d’être trop seul et de ne pas aimer?
Et leurs coeurs, doucement inquiets, vont semer
Leurs rêves dans le vent comme des sérénades !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Raymond Peynet

 

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Je vous salue Marie (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



mariaglass
Je vous salue Marie

Agonie

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
tandis que des enfants s’amusent au parterre;
et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
son aile tout à coup s’ensanglante et descend;
par la soif et la faim et le délire ardent:
Je vous salue, Marie.

Flagellation

Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre,
par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre,
et par l’humiliation de l’innocent châtié,
par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
par le fils dont la mère a été insultée:
Je vous salue, Marie.

Couronnement d’épines

Par le mendiant qui n’eut jamais d’autre couronne
que le vol des frelons, amis des vergers jaunes,
et d’autre sceptre qu’un bâton contre les chiens;
par le poète dont saigne le front qui est ceint
des ronces des désirs que jamais il n’atteint:
Je vous salue, Marie.

Portement de croix

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
s’écrie:  » Mon Dieu !  » Par le malheureux dont les bras
ne purent s’appuyer sur une amour humaine
comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène;
par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne:
Je vous salue, Marie.

Crucifiement

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
par le malade que l’on opère et qui geint,
et par le juste mis au rang des assassins:
Je vous salue, Marie.

Invention de Notre Seigneur au Temple

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
par le baiser perdu par l’amour redonné,
et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.

(Francis Jammes)

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