Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘guerrier’

Herbes d’été (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



Illustration: Hiroshige    
    
Herbes d’été :
Tout ce qui reste
Des rêves du guerrier !

(Bashô)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morgana

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

DE LA FENÊTRE OCCIDENTALE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
DE LA FENÊTRE OCCIDENTALE
Ouan-Tchan-Lin

A la tête de mille guerriers furieux, au bruit forcené des gongs,
mon mari est parti, courant après la gloire.

J’ai d’abord été joyeuse de reprendre ma liberté de jeune fille.
Maintenant, je regarde de ma fenêtre les feuilles jaunissantes du saule ;

à son départ, elles étaient d’un vert tendre.
Serait-il joyeux, lui aussi, d’être loin de moi ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jardin (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



jardin

nous rendrez-vous cet air du Luxembourg
que vous traverserez longtemps sous notre regard
ironique et doux marchant non vers un prince
des plaisirs défendus mais un but sans attraits
le travail imperceptible d’équarrissage contre vous
les ombres mortes qu’il vous fallait discriminer
avec leur poids d’aïeules et tandis que nous
n’en finissions pas de jouer à l’avant-monde
et d’applaudir entre les voitures et les affiches
nos allures de guerriers mourants et vainqueurs
vous n’étiez même pas sûre à votre jeu
de rencontrer à temps la chaleur de votre corps
et l’envie folle d’être attendue perce-t-elle
aujourd’hui sous cette légèreté d’inadvertance
qui vous a fait garder le bleu marine pour au moins
le tissu tendre de votre écharpe striée d’éclairs
brun et or l’abdomen des abeilles quand vous passez
près des ruchers modèles où se renoue le temps discret

(Hédi Kaddour)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES CORBEAUX (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



corbeaux 4 [1280x768]

LES CORBEAUX

Les derniers feux du soleil dorent les nuages de poussière
qui flottent autour des remparts de la ville.
Des corbeaux volent au-dessus d’un cèdre où ils passeront la nuit.
Leurs croassements frappent l’oreille de l’épouse d’un guerrier
qui est assise près de sa fenêtre et qui tisse de la soie.
Elle lève la tête.
Elle regarde les remparts.

Voici qu’elle songe à celui qui ne reviendra peut-être pas,
à tous ceux qui ne reviendront peut-être pas.

Maintenant, elle contemple sa couche,
et ses larmes tombent comme une pluie d’été.

(La Flûte de Jade)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les portes de l’enfer et du paradis (Hakuin Ekaku)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration
    
Les portes de l’enfer et du paradis

Un samouraï se présenta devant le maître Zen Hakuin
et lui demanda :

– « Y a t-il réellement un paradis et un enfer ? »
– « Qui es tu ? » demanda le maître
– « Je suis samouraï… »
– « Toi, un guerrier ! » s’exclama Hakuin.
« Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t’avoir à son service ?
Tu as l’air d’un mendiant. »

La colère s’empara du samouraï.
Il saisit son sabre et le dégaina. Hakuin poursuivit :

– « Ah bon, tu as même un sabre !? Mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête. »
Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prêt a frapper le maître.

A ce moment celui-ci dit :
– « Ici s’ouvrent les portes de l’enfer. »

Surpris par la tranquille assurance du moine,
le samouraï rengaina et s’inclina.

– « Ici s’ouvrent les portes du paradis »,
lui dit alors le maître.

(Hakuin Ekaku)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche au départ du guerrier (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



    

retouche au départ du guerrier

Fenêtres, images de la maison
la femme regarde le chardon sur le mur
le baiser des colombes

mais la vie a le froid d’un corridor

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROSE ROUGE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

chinoise

LA ROSE ROUGE

L’épouse d’un guerrier est assise près de sa fenêtre.
Le cœur lourd, elle brode une rose blanche
sur un coussin de soie.
Elle s’est piqué le doigt !
Son sang coule sur la rose blanche,
qui devient une rose rouge.

Sa pensée va retrouver son bien-aimé qui est à la guerre
et dont le sang rougit peut-être la neige.

Elle entend le galop d’un cheval.
Son bien-aimé arrive-t-il enfin ?

Ce n’est que son cœur qui bat à grands coups dans sa poitrine.

Elle se penche davantage sur le coussin,
et elle brode d’argent ses larmes qui entourent la rose rouge.

(Li Taï Po)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Herbes de l’été (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017



 

Arme_de_terre_cuite_fouille_du_tombeau_de_lempereur_Qin_Xian

Herbes de l’été
des valeureux guerriers
traces d’un songe

(Bashô)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Arbre (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Arbre

Tu es l’hommme des grandes hauteurs
Des vallées femmes au seuil des fougères
Tu dis l’écorce des racines guérisseuses
Tu donnes la vie en offrant ta sève brute

Tu sers les marcheurs qui n’ont plus de repère
Tu nourris les oiseaux qui cherchent encore le Nord
Tu vas jusqu’aux eaux troubles des langues oubliées
Tu donnes, tu façonnes et tu fondes

Tu glisses au cœur des heures qui n’ont plus de ciment
Tu creuses la courbe humble des chambranles à venir
Tu attends en vieux sage d’abriter un ancêtre
Tu donnes le murmure des pas dans la forêt

Tu envahis les flèches porteuses de force vive
Tu polis l’amertume des échecs des guerriers
Tu cadences les offrandes sur un bois de santal
Tu lies les mots aux chants scandés des talons fiers

Tu dis quand il fait froid sur les cimes des âmes
Si les hommes s’entrechoquent en aiguisant leurs lames
Si les femmes mettent au monde un essaim de détresse
Si les creeks asséchées sentent l’odeur de mort

Quand tombe la nuit et pointe l’aube
Tu attends silencieux
Tu ne dis rien
Tu es celui qui sait tendre l’oreille
Tu ne veux rien
Puisque tu n’es que don

(Imasango)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En ce monde, sans remède est la fuite du temps (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Ukiyo-e Harunobu  jeune fille

 

En ce monde,
Sans remède
Est la fuite
Du temps.
Sans intermission
Les adversités nous poursuivent
Et nous attaquent
De cent manières.
Les jeunes filles
Imitant toutes les filles
Enroulent à leurs poignets
Des bijoux chinois
Elles font voltiger leurs manches
D’un blanc éblouissant
Et sont suivies d’une traîne
D’un rouge écarlate.
Aux amies du même âge
Elles se joignent
pour jouer.
Ne pouvant s’arrêter
A la fleur de leur jeunesse
Elles doivent la laisser passer.

Sur leur chevelure
D’un noir corbeau
Un beau jour
Tombera la gelée blanche,
Sur le rose
De leur visage
Venues on ne sait d’où
Se dessineront des rides.
Les sourires et les sourcils peints
Qu’elles arborent toujours
Se faneront
Comme se flétrissent les fleurs.
En ce monde
Il n’en va pas autrement.
Les jeunes guerriers
Imitant tous les garçons
Ceignent
leur deux sabres
Tenant d’une main ferme
Leurs arcs de chasse,
Ils posent sur leurs chevaux bais
Leur fin tapis de selle.
Ils se hissent sur leur monture
Et caracolent.
Ainsi font-ils
Sur cette terre.
La porte de bois
Derrière laquelle dort la jeune fille
Est rouverte par un jeune homme
Qui s’approche à tâtons.
Les beaux bras
Aux beaux bras se mêlent.
Combien y en aura-t-il encore
De telles nuits à dormir ensemble ?
Quand sur leur canne
Ils redresseront leurs reins,
Lorsqu’ils iront par ici
Les gens d’eux s’écarteront,
Lorsqu’ils iront par là
Les gens les haïront.
Ainsi des vieux
En va-t-il
Quelque regret que l’on ait
De cette vie si brève
Il n’y a point de remède

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Ukiyo-e Harunobu

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :