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Poésie

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Ca n’est pas une mince affaire d’attendre le matin (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



ça n’est pas une mince affaire
d’attendre le matin
là-haut dans la chambre on souhaite
que dorme l’épouse on espère
qu’elle rêve et que surtout rien
ne l’éveille on est seul on préfère
être seul à savoir que l’aurore
n’est pas toujours cette heure aimée
des vieux poètes on fait le guet
pour aider le silence
à supporter le bruit

(Jean-Claude Pirotte)

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Vaste prison muette (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



Silence au guet – une heure tinte.
Rentre à tes débuts, rentre aux gris
murs moites en ciment qui suintent,
et t’imagine libre, ami,
me dis-je. Et me dressant debout,
je vis qu’au ciel, dessus ma tête,
le Grand Chariot brillait, verrou
d’une vaste prison muette.

(Attila Jozsef)


Illustration

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DE LA TOUR (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
DE LA TOUR

Cette terre grise lissée par le vent dans ses croupes,
dans son galop vers la mer,
dans sa ruée de troupeaux sous les dômes
et les contreforts de l’intérieur, vue
dans le vertige depuis les glacis, file
la lumière, file de mystérieuses années-lumière,
file un seul destin de multiples façons,
dit : « regarde-moi, je suis ton étoile »
et en cet instant s’enfonce plus profond
dans le coeur l’épine de la vie.
Cette terre toscane nue et pure
où court la pensée de celui qui reste
ou qui, issu d’elle, s’en éloigne.

Mes années, plus de quarante, essaiment toutes
hors de leur nid d’abeilles. Elles cherchent
ici plus qu’ailleurs leur pain, s’enquièrent
de nous, de vous murés dans la croûte
de ce corps lumineux. Et persiste,
persiste à pulluler la mort — la vie —
tendre et hostile, claire et inconnaissable.

Voilà ce que l’oeil saisit de cette tour de guet.

***

DALLA TORRE

Questa terra grigia lisciata dal vento nei suoi dossi
nella sua galoppata verso il mare,
nella sua ressa d’armento sotto i gioghi
e i contrafforti dell’interno, vista
nel capogiro dagli spalti, fila
luce, fila anni luce misteriosi,
fila un solo destino in moite guise,
dice : « guardami, sono la tua stella »
e in quell’attimo punge più profonda
il cuore la spina della vita.
Questa terra toscan brulla e tersa
dove corre il pensiero di chi resta
o cresciuto da lei se ne allontana.

Tutti i miei più che quarant’anni sciamano
fuori del loro nido d’ape. Cercano
qui più che altrove il loro cibo, chiedono
di noi, di voi murati nella crosta
di questo corpo luminoso. E seguita,
seguita a pullulare morte e vita
tenera e ostile, chiara e inconoscibile.

Tanto afferra l’occhio da questa torre di vedetta.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Tout au long de la tour de guet (Bob Dylan)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



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Tout au long de la tour de guet

« Il doit y avoir un moyen de sortir d’ici », dit le bouffon au voleur,
« Il règne une trop grande confusion, je ne ressens aucun soulagement.
Les hommes d’affaires boivent mon vin, les laboureurs creusent ma terre,
Personne à l’horizon ne sait ce que tout cela vaut. »

« Aucune raison de s’énerver », répondit gentiment le voleur,
« Beaucoup ici parmi nous pensent que la vie n’est qu’une farce.
Mais, toi et moi, nous sommes passés par là, et ce n’est pas notre destin,
Alors, ne parlons plus à tort maintenant, il commence à se faire tard. »

Tout au long de la tour de guet, les princes continuaient à regarder
Tandis que toutes les femmes allaient et venaient, les serviteurs aux pieds nus, aussi.

Dehors au loin un chat sauvage gronda,
Deux cavaliers approchaient, le vent commença à hurler.

***

All Along the Watchtower

« There must be some way out of here, » said the joker to the thief,
« There’s too much confusion, I can’t get no relief.
Businessmen, they drink my wine, plowmen dig my earth,
None of them along the line know what any of it is worth. »

« No reason to get excited, » the thief, he kindly spoke,
« There are many here among us who feel that life is but a joke.
But you and I, we’ve been through that, and this is not our fate,
So let us not talk falsely now, the hour is getting late. »

All along the watchtower, princes kept the view
While all the women came and went, barefoot servants, too.

Outside in the distance a wildcat did growl,
Two riders were approaching, the wind began to howl.

(Bob Dylan)

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

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Nos vies sont Suisses (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Nos vies sont Suisses –
Si calmes – si Tièdes –
Mais un après-midi étrange
Les Alpes oublient leurs Voilages
Et nous voyons plus loin!

L’Italie est là-bas!
Mais toujours faisant le guet –
Les Alpes graves –
Les Alpes fatales
En interdisant l’accès!

(Emily Dickinson)

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Le petit lapin (Jeanne Marvig)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Dans le pré qui vers l’eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
Il fuit vers la forêt prochaine.
Une touffe de marjolaine
L’arrête un peu. Faisant le guet,
Il entr’ouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge
Un bond brusque dans le foin rouge.
Et, n’entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.

(Jeanne Marvig)

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LE JOUR CHAVIRE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016



LE JOUR CHAVIRE

Immobile, la fourmi fait le guet, scrute
le néant. Et le néant s’entend, au-delà des gouttes du
feuillage
assombri et des murmures nocturnes des canyons de
l’été.

Le sapin est debout, comme le curseur de l’horloge,
dentelé. La fourmi s’embrase à l’ombre de la montagne.
Cris d’oiseaux! Et enfin. Doucement, le chariot des
nuages s’est mis à avancer.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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Elle avait monté l’escalier (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016




PEUR

Elle avait monté l’escalier
D’un pas étonnamment uni,
Sans escales ni haltes ni
Faire le guet sur le palier.

Entre cent prudences profondes,
Peut-être avait-elle eu, d’en bas,
La ruse de calquer son pas
Sur le passage des secondes,

Et suivi l’heure de si près
Qu’elle montait avec le temps
Comme une bête avance dans
L’ascendante houle des prés.

A ce moment, j’avais heurté
Vaguement le piège imprévu
Que nous tendait la lampe, et vu
Tes mains prises dans la clarté.

Puis ce fut la chute d’un livre,
Et quelque chose est arrivé,
Qui nous a fait tous deux lever
Quand tu m’as proposé de vivre !

(Axel Toursky)

Illustration

 

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Le Guet (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2015


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Sur le fin taillis des ramilles
à contre-jour du ciel d’hiver
longtemps l’oiseau en silhouette
noire surveillait l’horizon.

Te voyait-il à ta lucarne
vieil homme incertain de lui-même
entre lassitude et bonheur
d’un oeil inquiet le contemplant?

De l’oiseau corneille ou corbeau
guetteur à la cime des branches,
du rêveur perdu dans la neige
de l’âge et des pensées frileuses

lequel des deux inventait l’autre
lequel à la vie démentielle,
somptueuse, éparse en l’univers,
serait messager du futur?

(Georges-Emmanuel Clancier)

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