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Poésie

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Je chante haut pour m’entendre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (18)

Je chante haut pour m’entendre,
Car la nuit est noire et sans voix ;
— La route est molle et la terre est tendre
Il a plu trois jours sur les bois.

Je frappe le sol en cadence
Du bout de mon bâton ferré
— Ici, l’ombre des bois est si dense
Qu’en plein jour on n’y verrait.

Je guette des voix à l’orée
Plus pâle, là-bas, vers la plaine ;
— Rien ne sonne à travers la forêt
Que ma voix et mes pas qui peinent.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Un siècle (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Un siècle, j’attendrais la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la mort.

(François Mauriac)

 

 

 

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BAGARRES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

BAGARRES

Je me bats le jour je me bats la nuit
batailles contre la mélancolie
cette vieille pieuvre toujours éveillée
qui me guette au coin des années
au coin des rues et des souvenirs
et lance son refrain mourir
alors que je veux vivre mille fois
que je veux aimer que je veux la joie
qu’il est temps enfin d’espérer
temps de croire temps de respirer

Je porte une flamme dans mon coeur
elle brûle c’est mon enfant ma soeur
c’est la vie qui sourit qui murmure
c’est le temps qui fuit pour que dure
le grand incendie toute la vie
sans remords sans mélancolie
dans l’univers qu’ont créé
les rêves et toute la vérité
seule vérité ma vérité lumière
pour aujourd’hui demain hier

(Philippe Soupault)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Sa brûlure (Sarah Friedland Ben-Arza)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Sa brûlure

Sa brûlure j’ai essayé de la nier
mais j’étais pour elle une proie trop facile.
Avant même d’avoir été conçue,
affamée, des briques la question me guettait.
Et je tente trop tard une deuxième fois, puis une troisième fois
de voiler ou d’émietter ou de dissoudre
avec des outils inadéquats
et brisés
la Question qui est ma place.

(Sarah Friedland Ben-Arza)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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LES ANGES DE L’IRRÉEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



    

LES ANGES DE L’IRRÉEL

Les anges de l’irréel nous guettent,
les anges du néant.

L’espoir, le désir immense,
c’est toujours un moment de réalité,
rien qu’un moment!

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qu’est-ce que ça veut dire (Dominique Labarrière)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Qu’est-ce que ça veut dire
(Après avoir souffert.
Après avoir réfléchi)
De guetter la silhouette
Qui sortira bientôt du métro
Et trembler?

(Dominique Labarrière)

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Toute une vie pour naître (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Euan MacLeod  [1280x768]

Toute une vie pour naître

Il m’a fallu bien des années,
Bien des étés, bien des printemps,
Pour être enfin tout à fait né,
Pour naître enfant au bout du temps.

Ma vie jusqu’ici n’a été
Qu’une marche dans le courant
D’un ruisseau roulant sous mes pieds
Un dur tapis de cailloux blancs.

Penché sur l’onde, je guettais
L’aile, le ciel aux frissons lents;
Au fond de moi je n’écoutais
Que l’air de l’eau qui crée le chant.

Il m’a fallu bien des années,
Des jours sur le miroir filant,
Pour voir au piège du reflet
Me regarder mes yeux d’enfant.

(Marc Alyn)

Illustration: Euan MacLeod

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Le tigre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Le tigre

Je suis le tigre.
Je te guette parmi les feuilles
aussi grandes que des lingots
de minerai mouillé.

Le fleuve blanc grandit
sous la brume. Te voici.

Tu plonges nue.
J’attends.

Alors d’un bond,
feu, sang et dents,
ma griffe abat
ta poitrine, tes hanches.

Je bois ton sang, je brise
tes membres, un à un.
Et je reste dans la forêt
veiller durant des années
tes os, ta cendre,
immobile, à l’écart
de la haine et de la colère,
désarmé par ta mort,
traversé par les lianes,
immobile sous la pluie,
sentinelle implacable
de mon amour, cet assassin.

(Pablo Neruda)

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QUAND ON REGARDE UNE MONTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Patricia Blondel 
    
QUAND ON REGARDE UNE MONTRE

Je n’ai pas fini d’espérer
infatigable comme une araignée vigilante
je guette pour les retenir
dans ma toile quotidienne
les joies du soir et du matin
qui filent à toute vitesse
Tant pis pour les chagrins et les douleurs
et les emmerdements
qui passent lentement
et qui s’accrochent

Oui mais voilà
je sais que je dois chaque jour
chaque heure
m’avancer vers cette falaise
et vers ce grand trou sans fond
je me retourne souvent
et j’aperçois très loin
le brouillard de ma naissance
Je suis le nomade qui marche la nuit
et qui attend le jour et l’oubli

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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