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Posts Tagged ‘gueuse’

Lassitude (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer -   (6)

Lassitude

De la douceur, de la douceur, de la douceur!
Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante.
Même au fort du déduit, parfois, vois-tu, l’amante
Doit avoir l’abandon paisible de la soeur.

Sois langoureuse, fais ta caresse endormante,
Bien égaux les soupirs et ton regard berceur.
Va, l’étreinte jalouse et le spasme obsesseur
Ne valent pas un long baiser, même qui mente!

Mais dans ton cher coeur d’or, me dis-tu, mon enfant,
La fauve passion va sonnant l’oliphant.
Laisse-la trompetter à son aise, la gueuse!

Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main,
Et fais-moi des serments que tu rompras demain,
Et pleurons jusqu’au jour, ô petite fougueuse!

(Paul Verlaine)

Illustration: Koh Sang Woo

 

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RETOUCHE AU CONDAMNÉ (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2015



 

Jia Lu   - (28)

RETOUCHE AU CONDAMNÉ

quelle âme est la plus gueuse
mon chant miserere
n’est que traces de doigts
sans texte les virgules
aux murs de la cellule
jardin des ténébreuses

(Daniel Boulanger)

Illustration: Jia Lu

 

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Au plus secret (Roland Dubillard)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2015


Poele_en_fonte

Est-il besoin, au fond, d’avoir un extérieur?
Au plus secret de la gueuse de fonte
Soufflent tous les vents, comme ailleurs.
Simplement, dans cet intérieur inhabitable,
C’est en bien plus petit qu’ils soufflent;
Et en plus riche; et en plus dense;
Et en silence.

(Roland Dubillard)

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LA CHANSON DE L’OUVRIÈRE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2015



LA CHANSON DE L’OUVRIÈRE

Les heurs crèvent comme une bombe ;
À l’espoir notre jour qui tombe
Se mêle avec le confiant.

Pique aiguille! assez piqué, piquant!
Les heurs crèvent comme une bombe.

Ici-bas tout geint, casse ou pleure ;
Rien de possible ne demeure
À ce qui demeurait avant.

Pique aiguille ! assez piqué, piquant !
Ici-bas tout geint, casse ou pleure.

Je suis lasse de cette vie,
Je veux dormir, ô bonne amie,
Laisse-moi reposer, assez !

Non, pique aiguille ! assez piquant, piqué !
Je suis lasse de cette vie.

Hâve par ma forte journée
Je blasphème ma destinée,
Feuille livide au mauvais vent;
Un peu de sang sur mes doigts coule,
L’heure râle, pleure et s’écoule.
Ah ! mon pain me rend suffocant.

N’importe, pique aiguille! piqué, piquant !
L’heure râle, pleure et s’écoule.

Pourquoi donc Dieu me rend-il malheureuse?
Je suis très pauvre et je vis presque en gueuse.
Hélas ! la peine est un fardeau pesant.

N’importe, pique aiguille ! piqué, piquant !
Pourquoi donc Dieu me rend-il malheureuse?

Tout dans l’abandon je le passe
Mon gagne-pain passe et repasse
Dans un seul même tournement.

N’importe, pique aiguille ! piqué, piquant !
Tout dans l’abandon je le passe.

(Emile Nelligan)


Illustration

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