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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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Flamme d’eau (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Flamme d’eau
guide-moi
jusqu’à la mer de feu

(André Breton)


Illustration: Claire Bianchi

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Sinon la ligne de lumière (Elie-Charles Flamand)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



Sinon la ligne de lumière…
rien ne nous guidera
vers la margelle

(Elie-Charles Flamand)


Illustration

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VERS LE POÈME (Jorge Guillén)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2021



Illustration: Mathieu Levis
    
VERS LE POÈME

… Mon coeur ne peut arrêter de rimer.
(JUAN RUIZ)

Je sens un rythme en moi qui se détache
De ce vacarme où je vais sans chemin
Et m’accordant au charme neuf, soudain
J’accède à la clarté d’une terrasse,
Où quelque main me guide et vient tracer
Limpide un ordre où je puis me déprendre
Du démon murmurant plus malicieux
Que le silence pur sous la menace.
Et se rejoignent maintenant à la surface
Du mauvais songe les paroles résolues
À s’éclairer lucides en un volume.
Le son m’invente une effigie de chair.
La forme redevient ma sauvegarde.
Vers un soleil mes peines se consument.

Cantique, 1950. Trad. : Éditions Gallimard, 1995.

***

HACIA EL POEMA JORGE GUILLÉN

… Mi corazôn de trovar non se quita.
JUAN RUIZ.

Siento que un rimo se me desenlaza
De este barullo en que sin meta vago,
Y entregándome todo al nuevo halago
Doy con la claridad de una terraza,

Donde es mi guía quien ahora traza
Limpido el orden en que me deshago
Del murmullo y su duende, más aciago
Que et gran silencio bajo la amenaza.

Se me juntan a flor de tanto obseso
Mal soñar las palabras decididas
A iluminarse en vivido volumen

El son me da un perfil de carne y hueso.
La forma se me vuelve salvavidas.
Hacia una luz mis penas se consumen.

(Jorge Guillén)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Le voyage (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



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Le voyage

Dans l’océan du ciel d’avril, gonflant leurs voiles,
Les nuages, pareils à de légers bateaux,
Naviguent, éclatants, vers des îles d’étoiles,
Avec la majesté des cygnes sur les eaux.

Ils voguent, sans troubler d’un remous l’onde bleue ;
Leur marche est paresseuse et leur but est lointain.
Depuis une heure, ils n’ont pas fait plus d’une lieue ;
Pour leur voyage, ils sont partis dès le matin.

Ce soir, pour les guider resplendira la lune,
Comme un phare dressant sa clarté sur la mer ;
Ils glisseront alors sur l’onde calme et brune,
Et dans l’ombre le port leur apparaîtra clair.

Atteindront-ils jamais les îles fortunées,
Les blancs petits bateaux de l’océan divin ?…
Hélas ! rêves déçus de toutes nos journées,
Bonheur, archipel d’or cherché toujours en vain !

(Albert Lozeau)

 

 

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Dans la barque oubliée (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration: James Jacques Joseph Tissot
    
Dans la barque oubliée,
le fil des reflets
nous emporte le
long des rives
aux verts contrastés.

Jaillissent des boutons rosés,
curieux, par milliers,
tendus vers le bleu du ciel.
Avec urgence
ils froissent leurs pétales de soleil.
Les friselis des arbres fleurissent
retiennent leur rire
devant le vert franc
des nuages de canopée bien taillés.

bambous
bambous noirs
bambous
bambous droits
pulse le vert tendre

A travers les entrelacs des branches
la transparence s’apprivoise.
Elle verdit
au plus près des nervures,
le grand écart de la sève
qui n’attend plus.

Lumière à ne plus savoir
à voguer sur l’instant
à fermer nos paupières chlorophylles.

Les pierres ont guidé nos errances.
Le pont moussu n’a pas arrêté notre barque
et sans cesser
la lumière douce du couchant
nous berce encore dans son sillage.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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IN MEMORIAM (Miguel Alejandro Valerio)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2021



    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian,
Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Farsi, Bulgarian, Icelandic,
Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Gujarati, Serbian, Macedonian

Poem of the Week Ithaca 662 « In Memoriam »
by Miguel Alejandro Valerio (Dominican Republic)

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

IN MEMORIAM

À Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Psalm 130

Ce matin
la mort est venue pour toi.
Qui l’a guidée ?
Toi, Dieu miséricordieux ?

Aucun cliché ni aucun vers
n’offre de consolation
quand la mort frappe
à la mauvaise porte
à trois heures du matin.

(Miguel Alejandro Valerio)

Traduction: Elisabeth Gerlache

***

In Memoriam

voor Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Psalm 130

Deze ochtend
kwam de dood voor jou.
Wie heeft hem gestuurd?
Jij, barmhartige God?

Er is geen cliché of vers
dat troost biedt
als de dood aanklopt
aan de verkeerde deur
om drie uur ‘s ochtends.

Vertaling: Germain Droogenbroodt

****

IN MEMORIAM

A Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Salmo130

Esta mañana la muerte
vino por ti.
¿Quién la mandó?
¿Tu, Dios misericordioso?

No hay cliché o verso
que consuele
cuando la muerte
llama a la puerta equivocada
a las tres de la madrugada.

MIGUEL ALEJANDRO VALERIO

***

IN MEMORIAM

To Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Psalm 130

This morning Death
came for you.
Who sent her?
You, merciful God?

There is no cliché nor verse
that may console
when Death
knocks at the wrong door
at three in the morning.

English Translation by Florence Russo

***

***

IN MEMORIAM

da Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Salmo 130

Stamattina la morte
venne per te.
Chi la mandò?
Tu, Dio misericordioso?

Non c’è verso né cliché
che sia di consolazione
quando la morte
bussa alla porta sbagliata
alle tre del mattino.

Traduzione in Italiano di Florence Russo

***

IN MEMORIAM

Für Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Psalm 130

Heute Morgen
kam der Tod für dich.
Wer hat ihn geschickt?
Du, Gott der Barmherzigkeit?

Es gibt kein Klischee, keinen Vers
der Trost bieten kann
wenn der Tod
an die falsche Tür klopft
um drei Uhr morgens.

Übersetzung: Wolfgang Klinck

***

EM MEMÓRIA

Para Kevin, 1983-2012

Et copiosa eum redemptio
Psalm 130

Esta manhã a morte
veio para ti.
Quem a enviou?
Tu, Deus misericordioso?

Não há clichê ou verso
que console
quando a Morte
bate à porta equivocada
às três da madrugada.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

IN MEMORIAM

A Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Salmu 130

Stamatina la morti
vinni pi tia.
Cu la mannau?
Tu, Diu misiricurdiusu?

Nun c’è versu né cliché
ca ponnu cunzulari
quannu la morti
tuppulia a la porta sbagghiata
a li tri dâ matinata.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

IN MEMORIAM

pentru Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
Psalm 130

Azi-dimineață, moartea
a venit după tine.
Cine a trimis-o?
Tu, Milostive Doamne?

Nici un clișeu sau vers
nu este în măsură să consoleze
atunci când moartea bate
la ușa greșită
la trei dimineața.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

KU PAMIĘCI

Kevinowi, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemptio
[‘I obfite u niego odkupienie’]
Psalm 130

Tego ranka Śmierć
przyszła po ciebie.
Kto ją przysłał?
Czy Ty, miłosierny Boże?

Nie ma frazesu ani wersetu,
żeby pocieszył,
kiedy Śmierć
zapuka do niewłaściwych drzwi
o trzeciej nad ranem.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΜΝΗΜΟΣΥΝΟ

Σήμερα το πρωί
ήρθε ο Θάνατος
για να σε πάρει.
Ποιός τον έστειλε;
Εσύ φιλόσπλαχνε Θεέ;

Καμιά εικόνα
κανένα ποίημα
δεν σε ξαλαφρώνει
όταν ο Θάνατος
χτυπά τη λάθος πόρτα
τρεις το πρωί.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated by Manolis Aligizakis

***

缅 怀

致凯文1983-2012

今早晨死亡
来找你。
谁派她来的?
你,仁慈的上帝?

没有陈词滥调也没有诗句
能安慰你
当死亡
在凌晨三点
敲错了门。

原作:多米尼加共和国 米格尔·亚历杭德罗·瓦莱里奥
英译: 佛罗伦萨·鲁索
汉译:中 国 周道模 2020-12-11
Translation into Chinese by William Zhou

***

ذكرى

إلى كيفن ، 1983-2012

apud eum redemptio
المزمور 130

حضر الموت هذا الصباح
جاء من أجلك.
مَن أرسله؟
مَن بعَثه يا رب، يا رحيم؟

لا كلمات رثاء، ولا قصائد
تواسي المرء
عندما يقرع الموت بابه
في الثالثة فجرا.
ميغيل أليخاندرو فاليريو (جمهورية دومينيكانا)

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

मृत्युलेख

एक मृत व्यक्ति की स्मृति में लिखा
केविन के लिए, 1983-2012

एट कोपियोसा एपुड ईम रिडेम्पशन
भजन 130

आज सुबह मौत
आपके लिए आया।
उसे किसने भेजा?
आप, दयालु भगवान?

न कोई ठप्पा है और न ही छंद
यह सांत्वना दे सकता है
जब मौत
गलत दरवाजे पर दस्तक देता है
सुबह के तीन बजे।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur

***

ケビン(1983-2012)を悼んで

今朝、死神が君のところにやってきた。
誰が遣わせたのだ?
神様、それは慈悲深いあなたですか?

死神が朝3時に
あやまって戸をたたく時、
慰めるための言葉も
詩の一節もありはしない

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

در حافظه

به کوین،
۲۰۱۲-۱۹۸۳
از اعماق تو را صدا زده ام.130 مزامیر

امروز صبح مرگ
برای تو می آید.
چه کسی فرستادش؟
تو، خداوند مهربان؟

هیچ آیه ای وجود ندارد
که تسلی دهد
وقتی مرگ
دری را اشتباهی میزند
در ساعت ۳ صبح.

میگل الهاندرا والریو، (دامینیک ریپابلیک)
ترجمه: سپیده

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

IN MEMORIAM

На Кевин, 1983-2012

Et copiosaapudeumredemption
Psalm 130

Тази сутрин Смъртта
дойде за теб.
Кой я изпрати?
Ти ли, милостиви Боже?

Не съществува клише или стих,
които могат да утешат,
когато Смъртта
чука на грешната врата
в три през нощта.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

IN MEMORIAM

Til Kevins, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemption
Sálmur 130

Í morgun kom
Dauðinn til þín.
Hver sendi hann?
Þú, miskunnsami Guð?

Enginn frasi eða vers
getur huggað
þegar Dauðinn
fer dyravillt
klukkan þrjú um nótt.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Florence Russo
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

IN MEMORIAM

Кевину, 1983-2012

…и многое у Него избавление
Псалтырь 130

Утром сегодня
пришла за тобою Смерть.
Кто же позвал ее?
Ты, милосердный Бог?

Нету на свете ни строчки
для утешения,
если стучится Смерть
в три утра
не в ту дверь.

Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

SA PAG-AALA-ALA

Para kay Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemption
Psalm 130

Ngayong umaga Kamatayan
ay dumating para sa iyo.
Sino ang nagsugo sa kanya?
Ikaw ba, mahabaging Diyos?

Walang kataga o salita
ang makakapag-aliw
kapag ang Kamatayan
ay kumatok sa maling pintuan
ika-tatlo ng umaga.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

לזכרו

מיגואל אלחנדרו וולריו, הרפובליקה הדומיניקנית
1983-2012 ,לקווין
« וְ הִ רְ בָּ ה עִ ּמו פְ דּות », תהילים קל’, ז’

הַ ּמָּ וֶת בָּ א אֵ לֶיך
הַ ב קֶ ר.
מִ י שָּ לַח או תו ?
הַ אִ ם אַ תָּ ה, אֱֹלהִ ים רַ ב-הַ חֶ סֶ ד ?

אֵ ין בִ ּטּוי או שִ יר
שֶ יְ כו לִ ים לְ נַחֵ ם
כְ שֶ הַ ּמָּ וֶת
ּדו פֵק עַ ל הַ ּדֶ לֶת הַ ֹּלא נְכו נָּה
בְ שָּ לו ש לִ פְ נו ת ב קֶ ר.

מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

நினைவையொட்டி

கெவினின் 1983 – 2012

காலை மரணம்
உனக்காக வந்தது
அவளை யார் அனுப்பியது?
நீ, கருணையுள்ள இறைவா:

ஆதரவளிக்கும்
வெறும் சொற்றொடர் அல்ல,
கவிதையும் அல்ல
மரணம்
அதிகாலை மூன்று மணிக்கு
தவறான கதவைத் தட்டும்பொழுது!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

BO BÎRANÎNÊ

Ji Kevin re 1983 – 2012

Îro vê beyaniyê
mirin ji te re hat.
Kê ew şand?
Te, xwedêyê dilovanîyê?

Tu kilîşe yan helbest tune ne
ku silikînê bikin
gava mirin
li deriyê çewt dide
di katijmêra sisiyan de li dema sibê.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

IN MEMORIAM

Do Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemption
Psalm 130

Tháinig an Bás faoi do dhéin
ar maidin.
Cé a sheol chugat É?
Tusa, a Dhia uilethrócaireach?

Níl ann don cliché ná den véarsa
a thugann sólas
nuair a chnagann an Bás
ar an doras mícheart
san adhmhaidin.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach (ruabreathnach.com)
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

સ્મરણાંજલિ

કેવિન માટે, ૧૯૮૩-૨૦૧૨

આ સવારે મૃત્યુ
તારે માટે આવ્યું.
કોણે મોકલ્યું હશે?
કૃપાળુ પ્રભુએ?

ઘસાયેલાં વાક્યો કે પંક્તિઓથી
સાંત્વન ન અપાય
જ્યારે મૃત્યુ
ખટખટાવે ખોટા કમાડ
સવારના ત્રણને સુમારે

અનુ. ઉદયન
Translation into Gujarati by Udayan Thakker

***

IN MEMORIAM

Za Kevin, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemption
Psalm 130

Jutros je Smrt
došla po tebe.
Ko je posla?
Ti, milostivi Bože?

Nema fraze ni stiha
koje bi utešile
kad Smrt
zkuca na pogrešna vrata
u tri ujutru.

S engleskog prevela S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

কেভিন এর উদ্দেশ্যে, ১৯৮৩- ২০১২
এবং মুক্তির পূর্ণতা
গীতসংহিতা ১৩০

স্বরণে

এই সকালে মৃত্যু এসেছিল
তোমার জন্য ।
কে তাকে পাঠিয়েছিল?
তুমি ক্ষমাশীল ঈশ্বর?

সেখানে নেই কোন গতানুগতিক অজুহাত বা শ্লোক
যা দিতে পারে সান্তনা
যখন মৃত্যু
কড়া নাড়ে ভুল দরজায়
ঠিক রাত তিনটায় ।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

ВО СЕЌАВАЊЕ

На Кевин, 1983-2012

Et copiosa apud eum redemption
Psalm 130

Утрово Смртта
дојде по тебе.
Кој ли ја испрати?
Ти ли, семилостивиот Бог?

Не постои клише ниту стих
кои можат да утешат
кога Смртта
ќе зачука на погрешна врата
во три часот наутро.

Translation into Macedonian by Daniela Andonovska-Trajkovska

(Miguel Alejandro Valerio)

 

Recueil: ITHACA 662
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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PIERRE OUVERTE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020


 


 

Richard Texier 3

(sur une « pierre trouée » de Richard Texier)

PIERRE OUVERTE

je parle de la pierre ouverte
écriture innombrable

chambre d’échos
de la voix de la pensée
à la rumeur du monde

parcours ébloui
traversée des voix
et des signes

je parle de la pierre ouverte
plongée dans le blanc
du temps
happée vers son propre centre
comme un dieu sans visage

je parle de la pierre ouverte
dans la nuit des filons
je parle de sa pensée
qui remonte les fleuves
de sa morsure
d’éternité

je parle de la pierre
où s’écrit
la passion des étoiles
noyau de tendresse
élégance à vif

je parle d’une pierre
qui me dit
laisse-toi guider
par mon chaos
laisse-toi toucher
par l’immensité

je parle de la pierre ouverte
qui met le cap
au seul vertige
je parle de la pierre
qui apprivoise
tous les hasards

dans le déploiement
de sa nuit solide
en son très lent foudroiement
creusant sans fin
son exil intérieur

je parle d’une pierre
qui est depuis toujours
ce qu’elle veut devenir

je parle de cette pierre
où se déchiffre encore
la fournaise des jeunes soleils

je parle
d’une boussole éperdue
qui me dit
il n’y a jamais
de pourquoi
quand la création
commence à chaque seconde

je parle de la pierre ouverte
comme d’une empreinte
imprimée
par le coeur
piège à rosée
séisme alangui

je parle de la pierre ouverte
pour aimanter les comètes
faire ricocher
l’infini

je parle d’une pierre
aux yeux de lune brûlée
égarée
dans le pur frémissement
de ses syllabes nocturnes

je parle d’une pierre
qui me demande
de quel côté le cosmos
est-il posé
de quel côté le vertige
de quel côté la brèche

je parle de la pierre ouverte
qui pense
en eau profonde
qui prie
au fond des mondes

je parle de la pierre ouverte
en chute libre
vers la lumière

(Zéno Bianu)

Illustration: Richard Texier

 

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RYTHMES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2020




    
RYTHMES

Tout débuta
Dans l’arythmie
Le chaos

Des vents erratiques
S’emparaient de l’univers
L’intempérie régna

L’indéchiffrable détonation
Fut notre prologue

Tout fut
Débâcle et dispersion
Turbulences et gaspillage
Avant que le rythme
Ne prenne possession
De l’espace

Suivirent de vastes accords
D’indéfectibles liaisons
Des notes s’arrimèrent
Au tissu du rien
Des courroies invisibles
Liaient astres et planètes

Du fond des eaux
Surgissaient
Les remous de la vie

Dans la pavane
Des univers
Se prenant pour le noyau
La Vie
Se rythma
Se nuança

De leitmotiv
En parade
De reprise
En plain-chant

La Vie devint ritournelle
Fugue Impromptu
Refrain
Se fit dissonance
Mélodie Brisure
Se fit battement
Cadence Mesure

Et se mira
Dans le destin

Impie et sacrilège
L’oiseau s’affranchissait
Des liens de la terre

Libre d’allégeance
Il s’éleva
Au-dessus des créatures
Assujetties aux sols
Et à leurs tyrannies

S’unissant
Aux jeux fondateurs
Des nuages et du vent
L’oiseau s’allia à l’espace
S’accoupla à l’étendue
S’emboîta dans la distance
Se relia à l’immensité
Se noua à l’infini

Tandis que lié au temps
Et aux choses
Enfanté sur un sol
Aux racines multiples
L’homme naquit tributaire
D’un passé indélébile

Le lieu prit possession
De sa chair
De son souffle
Les stigmates de l’histoire
Tatouèrent sa mémoire
Et sa peau

Venu on ne sait d’où
Traversant les millénaires
L’homme se trouva captif
Des vestiges d’un monde
Aux masques étranges
Et menaçants

Il s’en arrachait parfois
Grâce aux sons et aux mots
Aux gestes et à l’image
À leurs pistes éloquentes
À leur sens continu

Pour mieux tenir debout
L’homme inventa la fable
Se vêtit de légendes
Peupla le ciel d’idoles
Multiplia ses panthéons
Cumula ses utopies

Se voulant éternel
Il fixa son oreille
Sur la coquille du monde
À l’écoute
D’une voix souterraine
Qui l’escorte le guide
Et l’agrandit

Alors
De nuits en nuits
Et d’aubes en aubes
Tantôt le jour s’éclaire
Tantôt le jour moisit

Faiseur d’images
Le souffle veille

De pesanteur
Le corps fléchit

Toute vie
Amorça
Le mystère
Tout mystère
Se voila
De ténèbres
Toute ténèbre
Se chargea
D’espérance
Toute espérance
Fut soumise
À la Vie

L’esprit cheminait
Sans se tarir
Le corps s’incarnait
Pour mûrir
L’esprit se libérait
Sans périr
Le corps se décharnait
Pour mourir

Parfois l’existence ravivait
L’aiguillon du désir
Ou bien l’enfouissait
Au creux des eaux stagnantes

Parfois elle rameutait
L’essor
D’autres fois elle piétinait
L’élan

Souvent l’existence patrouillait
Sur les chemins du vide
Ou bien se rachetait
Par l’embrasement du coeur

Face au rude
Mais salutaire
Affrontement
De la mort unanime
L’homme sacra
Son séjour éphémère
Pour y planter
Le blé d’avenir.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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