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Ô Fontaine Bellerie (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Helena Nelson-Reed
    
Ô Fontaine Bellerie

Ô Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu’au bord de ton ruisseau,

Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle :
Pource en ce pré verdelet
Vois ton Poète qui t’orne
D’un petit chevreau de lait,
A qui l’une et l’autre corne
Sortent du front nouvelet.

L’Été je dors ou repose
Sur ton herbe, où je compose,
Caché sous tes saules verts,
Je ne sais quoi, qui ta gloire
Enverra par l’univers,
Commandant à la Mémoire
Que tu vives par mes vers.

L’ardeur de la Canicule
Ton vert rivage ne brûle,
Tellement qu’en toutes parts
Ton ombre est épaisse et drue
Aux pasteurs venant des parcs,
Aux boeufs las de la charrue,
Et au bestial épars.

Io ! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qui darde
Avec un enroué bruit
L’eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

(Guillaume de Lorris)

 

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Le printemps (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



    

Le printemps

C’était le matin, eût-on dit,
Cinq ans ont bien passé depuis,
Au mois de mai, par un beau jour,
Au temps plein de joie et d’amour,

Au temps où toute chose est gaie,
Car on ne voit buisson ni haie
Qui, en mai, se parer ne veuille
Et couvrir de nouvelle feuille.

Les bois recouvrent leur verdure,
Qui sont secs tant que l’hiver dure,
La terre même se délecte
De la rosée qui l’humecte

Et oublie la pauvreté
Où elle a tout l’hiver été.
La terre alors devient si fière
Qu’elle change sa robe entière ;

Et sait si joliment la faire
Que de couleurs elle a cent paires,
D’herbes, de fleurs indes et perses,
Et de maintes couleurs diverses.

La robe qu’ainsi je décris
Donne à la terre tout son prix.
Les oiseaux, demeurés muets
Cependant que le froid régnait,

Et le temps mauvais et chagrin,
Sont, en mai, grâce au temps serein,
Si gais qu’ils montrent en chantant
Qu’en leur coeur a de joie tant

Qu’il leur faut bien chanter par force.
Le rossignol alors s’efforce
De chanter et mener grand bruit.
Lors s’en donne à coeur joie aussi

Le perroquet, et l’alouette.
Il faut que jeunesse se mette
À être gaie et amoureuse :
C’est la saison belle et heureuse.

Qui n’aime en mai a l’âme dure,
Quand il entend, sous la ramure,
Des oiseaux les doux chants piteux.

(Guillaume de Lorris)

 

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Elle était blanche comme un lys (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
Elle était blanche comme un lys,
Le teint, le front clairs et polis,
La chair tendre comme rosée
Et simple comme une épousée:
Taille grêle, ensemble charmant,
Sans fard et sans déguisement,
Car elle n’avait, je vous jure,
Besoin d’atours ni de parure.
Ses blonds cheveux étaient si longs
Qu’ils venaient battre ses talons,
Bien faits son nez, ses yeux, sa bouche.
Moult grande douceur au cœur me touche
(M’assiste Dieu!) quand je revois
Tous ses charmes comme autrefois!
N’était si belle femme au monde!
Bref, elle était jeunette et blonde,
Au regard doux, sade et plaisant,
Au corps rondelet, svelte et gent.

(Guillaume de Lorris)

 

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