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SUR L’AIR D’UN MAÎTRE EN DIVINATION (Lù Yóu)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2023



Illustration: Dai Dunbang
    
SUR L’AIR D’UN MAÎTRE EN DIVINATION

Un chant au prunier
À l’écart de la grand-route, près du pont rompu,
Silencieux, solitaire, il fleurit à sa guise.
Voici déjà le crépuscule, et seul à son chagrin
Il subira encore le vent avec la pluie.

Sans intention de s’acharner pour gagner le printemps,
Seul à soutenir d’une volée de fragrances la jalousie.
Que ses fleurs fanent et tombent, réduites en boue et poussière,
Subsistera toujours ce parfum comme avant.

***

(Lù Yóu) (1125-1210)

Recueil: Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes Poèmes Song illustrés par Dai Dunbang
Traduction: du Chinois par Bertrand Goujard
Editions: De la Cerise

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Palissade (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2022




    
Palissade

Le chat noir de la palissade
Promène son museau partout,
C’est un pirate en ambassade,
Le chat noir qui s’en vient chez nous.
Dans le jardin ou sur le toit,
En mille et une escapades
De tous côtés, il est le roi.

Il est le tigre du Bengale
Et le prince des maraudeurs,
Sa moquerie est sans égale:
Ce chat-là est un chapardeur.

Il faut le voir, cet escogriffe,
Ce gracile animal ingrat
Qui lacère à grands coups de griffe
Les détritus de papier gras.
Il mène sa vie à sa guise,
Ne faisant que ce qui lui plaît,
Il se complaît dans des bêtises
Qui ne valent pas un couplet.

Et cependant si ce vaurien
Ne commet que des incartades
A la maison, on l’aime bien,
Le chat noir de la palissade.

(Henri Monnier)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Voilà de la pervenche en fleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire.
Un rien, l’heure qu’il est, l’état de l’atmosphère,
Un battement de cœur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C’est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d’octobre, à cinq heures du soir.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Le mont Cuivre (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



    

Le mont Cuivre

J’aime le mont Cuivre
c’est ma joie
Mille ans j’y resterais
sans retour
Je danse à ma guise :
ma manche flottante
Frôle, d’un seul coup
tous les pins des cimes !

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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MONSIEUR HOMME (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Oskar Kokoschka
    
Ça va, sans fiançailles,
Sans anneau nuptial,
Que le vin suffise
Et bois à ta guise
Si tu es un homme
Moi je suis ta femme,
Éteins la lumière il fera plus clair
Au feu de ma chair

Pour moi il n’est pas
De loi, de barrière,
Si tu es de fer
Moi je suis la flamme
Moi-même je suis le fer et la flamme
Prête à la tenaille, au chant du marteau,
Moi je suis le fer, toi le forgeron.

C’est ton coeur qui bat
En moi dans mes tempes,
Moi je suis la roue
Toi tu es la jante,
Fixe sur la roue cette jante ardente
Et que l’impair devienne pair
Dans la roue de feu.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le désert (Maître Eckart)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2015


desert

Ce point est la montagne
à gravir sans agir
Intelligence!
Le chemin t’emmène
au merveilleux désert,
au large, au loin,
sans limite il s’étend.
Le désert n’a
ni lieu ni temps,
il a sa propre guise.

Ce désert est le Bien
par aucun pied foulé,
le sens créé
jamais n’y est allé:
Cela est; mais personne ne sait quoi.
C’est ici et c’est là,
c’est loin et c’est près,
c’est profond et c’est haut,
c’est donc ainsi
que ce n’est ça ni ci.

***

Des puntez berk
stîg âne werk,
vorstenlichkeit!
der wek dich treit
in eine wûste wunderlîch,
die breît, di wît,
unmêzik lît.
dî wûste bat
noch zît noch stat,
ir wîse dî ist sunderlîch.

Daz wûste gût
nî vûz durch wût,
geschaffen sin
quam nî dâ hin:
us ist und weis doch nimant was.
us hî, us dâ
us verre, us nâ
us tîf, us hô
us ist alsô,
daz us ist weder diz noch daz.

(Maître Eckart)

Illustration

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