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Posts Tagged ‘(Gustave Kahn)’

Nuit sur la lande (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nuit sur la lande

Toi qui m’as désappris la douleur
sirène qui chante à la rade la meilleure
je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l’ardent épithalame
temple oisif aspirais du seuil de mes tentes
je te bercerai des légendes de l’attente.

Au portique de ta beauté
je suis venu chargé des toisons d’aurore
brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J’en ferai les tapis pour ta sérénité
et si l’heure chagrine attristait votre front
je le caresserai des aubes de ma passion.

(Gustave Kahn)

 

 

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Chansons d’amant (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



 

Chansons d’amant

Brèves sont les douces terres
lentes sont les mers
l’amer passé délétère
gît à mon diaphragme amer

Brève est la colline
si lente est la plaine
brève est la clairière
si lente la lapide

Par delà la colline et par delà la plaine
pas sur pas, coupe sur coupe, dans l’infini de ton haleine
je vais ma marche prisonnière

Mon bon cheval des luttes est mort le long des grèves
ma compagne mémoire s’est assoupie de rêve sans trêve
mon glaive s’est brisé contre Vécu du chevalier-frère
mon bouclier je l’ai laissé aux chanteuses de la taverne
ah ! des sources méconnues pour en onder mon front malade
et des seins portraits des siens pour que ma lèvre hiverne
Vers des cloches argentines
Vers des lèvres matutines …

Porche inconnu peut-être asile de celle qu’on destine
au misérable fils inéluctable des héros
peut-être ayant vaincu la menace de tes créneaux
verrai-je un sourire épanouir la fête de mourir
au pèlerin des morts d’aimer, -opposez vos haches et vos carreaux

(Gustave Kahn)

Illustration: Georges Antoine Rochegrosse

 

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Rien ne m’est plus que ta présence (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Rien ne m’est plus que ta présence
et les courbes souveraines de ta face
et les portiques de ta voix ;
Rien ne m’est plus que ton attente.

La halte inutile du temps ;
avant le frisson qui m’attend
et le charme de mes mains sur tes seins
Rien ne m’est plus que ta présence

De tes beaux yeux la paix descend comme un grand soir
et des pans de tentes lentes descendent gemmées de pierreries
tissés de rais lointains et de lunes inconnues
des jardins enchantés fleurissent à ma poitrine
cependant que mon rêve se clôt entre tes doigts
à ta voix de péri la lente incantation fleurit
imprégné d’antérieurs parfums inconnus
mon être grisé s’apaise à ta poitrine
et mes passés s’en vont défaillir à tes doigts.

Aux terres désertes du bonheur, nous demeurerons immobiles
les regards enfouis dans nos yeux : dans Vile
Vile imprévue, sans rade, sans mer et sans abords.
Au temple de ton geste mes vœux annelés d’or
baignés dans l’infini des yeux las de l’idole
rêveront des blancheurs des pourpres et des hyperboles
pour dire l’oraison de ton repos dans notre soir.

(Gustave Kahn)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Ta tristesse inconnue dans tes yeux (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Ta tristesse inconnue dans tes yeux, si loin dans la foule
et n’y pouvoir porter les paroles des baisers
et tes yeux mes bonheurs, soleils dans la foule
et n’y pouvoir dormir à l’ombre de tes cils et les baiser.

La magie de ta nuit brune et pâle qui demeure
hors mes mains et ma voix et le levier de mes fois
et ce perpétuel présent et ce hier si autrefois
en ce passé sans date où le cercle de tes bras seul demeure.

Et ce cher rêve de ne jamais mourir en toi
et la mémoire du parfum qui ne peut s’abolir en moi
oh vous, tous les instants, toutes les lignes, toutes les joies
baissez vos lèvres à moi, venez dormir en moi.

(Gustave Kahn)

Illustration

 

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Voix de l’heure implacable et lente (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2015



Voix de l’heure implacable et lente,
Timbre avertisseur du passé,
Encore un lourd pan de l’attente
Qui s’est écoulé fracassé !

Rien dans le passé, rien dans le présent…
Encore un lambeau d’heure évanouie !
Un semblant qui s’en va des printemps séduisants,
Un départ, un baiser, une note inouïe.

Oh ! le douloureux infini
Qu’on ressent au larges musiques,
Au-delà des clartés plastiques
Dans les puissances mécaniques,
Oh ! le douloureux infini !

Rien dans l’avenir, rien dans le remords ! –
Le coeur est blessé d’une flèche étrange ;
Un désir pénétrant et vague qui le mord,
Concert inexpliqué qu’un accroc bref dérange !

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

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La nuit c’est l’absence et la nuit c’est la ville (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



La nuit c’est l’absence et la nuit c’est la ville
c’est les regards clairs et les blondes grèves à leur front
la nuit c’est le caprice épars de leurs sourires.

La nuit c’est la caresse lasse à l’amant las
la chanson désapprise et rapprise, et reprise
et des lèvres en valves qui miment et frémissent

Et le manteau qui sèche à l’âtre
et le silence aux plis d’ombre à la pénombre
et le nombre oublié qui rêvasse à la chambre

Et parfois une étoile palpite comme en tendresse;
l’ambre et l’ombre d’un corps revêtu pour toujours
qui tressaille aux plaies mortes et doucement tenaille.

(Gustave Kahn)

 

 

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Ilot des lacs au fond des bois (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Ilot des lacs au fond des bois
cœur des fleurs élargies dans les soirs
tours d’ivoire et sons de cor aux clairières des bois
divans dans l’éventail des anciens soirs.

Chœur des captives énamourées
vers l’orée, l’arcade qui se dérobe au loin des pas
les bois troublés qui fuient et passent
et les allures des anciens cœurs énamourés

Et l’Eden attristé et les heures dans les soirs
et celle qui pleurait sans douceur ni nonchaloir

(Gustave Kahn)

Illustration: Anna Lea Merritt

 

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Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve
rêve de brèves sèves au jardin magique
magie des fleurs closes aux rêves nostalgiques
aux jardins d’été j’ai bâti mon rêve.

Aux jardins d’automne j’ai vécu mon rêve
le cœur de mon rêve saignait dans les armées :
ah d’ignorées partances et de venues inconnues
l’oripeau de mon rêve gisait à mes pieds nus.

Au désert d’hiver je suis mort en mon rêve
essor découronné vers les brèves sèves ;
au seuil du jardin, glaive emphatique et nu
un sourire connu, fleuri dans les années.

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Chansons d’amant (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Chansons d’amant

Je rêvais d’un oiselet
qu’un enfant cruel torturait
pour sentir palpiter ses flancs.

Je rêvais d’une terre comme maternelle
avec des siestes d’ombre et des frôlis d’ailes
et des allées de rêves blancs.

Je rêvais comme d’une sœur
aux lèvres uniques de douceur
et belle et chaste et femme et sœur.

(Gustave Kahn)

Illustration

 

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Pâle efflorescence de sèves (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



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Pâle efflorescence de sèves
mémoires des drapeaux d’adolescence.

Dans la grise désolation des grands murs
par la courbe monotone de la rue plate
dans la tristesse et le gel liquide de la rue plate
mémoires en triste efflorescence
vous rêvez les automnes mûrs.

Ces passants sont éphémères
en la minute et l’éternité
qu’importent leurs pas arrêtés
et le vol bref de leurs chimères.

(Gustave Kahn)

Illustration: James Zwadlo

 

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