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Posts Tagged ‘(Guy de Maupassant)’

LA MADONE (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
LA MADONE

I

Vous m’avez donné, Madame,
Un étrange chapelet
Qui m’a pris le coeur et l’âme
Comme un agile filet !

Où sont mes goûts de naguère ?
On me disait libertin !
Aujourd’hui je n’ai plus guère
Que des soifs de sacristain.

Je me prosterne et je prie,
Chaque jour à deux genoux,
La bonne Vierge Marie
Qui, d’en Haut, veille sur nous.

II

Je récite l’Angelus,
Brûlant d’une ardeur nouvelle !…
Mais ne vous étonnez plus…
Mon secret – je le révèle !

Au fond du ciel étoilé
La Vierge m’est apparue
Découvrant son front, voilé
Par un grand manteau de nue !

J’ai cru… N’ai-je point rêvé ?
Oui j’ai cru… Dieu me pardonne !
En bredouillant mes Ave
Que c’était vous la Madone.

(Guy de Maupassant)

Découvert ici: https://nicole-pessin.com/

 

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Quand une femme (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
Quand une femme est pour nous l’être d’élection, de charme constant, de séduction infinie,
la caresse devient le plus ardent, le plus complet et le plus infini des bonheurs.

(Guy de Maupassant)

 

 

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A une dame (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
A une dame en lui envoyant un bout de la corde d’un pendu

Voici la corde d’un pendu
Que je mets à vos pieds, Madame,
C’est, pour une charmante femme,
Un présent bien inattendu.

Mais si, comme on l’a prétendu,
Cette corde est un sûr dictame
Pour les maux du corps et de l’âme,
Gage d’un bonheur assidu;

Moi qui, plaignant le pauvre diable
D’avoir été si misérable,
Accusais le ciel malfaisant,

Moi dont le coeur était si tendre !
Voilà que je trouve à présent
Qu’il a fort bien fait de se pendre !

(Guy de Maupassant)

 

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Une seule caresse donne cette sensation profonde (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



 

 

Une seule caresse donne cette sensation profonde, immatérielle
des deux êtres ne faisant plus qu’un, c’est le baiser.

Tout le délire violent de la complète possession
ne vaut cette frémissante approche des bouches,
ce premier contact humide et frais,
puis cette attache immobile,
éperdue et longue,
si longue !
de l’une l’autre.

(Guy de Maupassant)


Illustration: Auguste Rodin

 

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Au bord de l’eau (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Au bord de l’eau

Des grenouilles faisaient un grand charivari ;
Une caille très loin jetait son double cri,
Et, comme préludant à quelque sérénade,
Des oiseaux réveillés commençaient leurs chansons.
Le vent me paraissait chargé d’amours lointaines,
Alourdi de baisers, plein des chaudes haleines
Que l’on entend venir avec de longs frissons,
Et qui passent roulant des ardeurs d’incendies.
Un rut puissant tombait des brises attiédies.
Et je pensai : « Combien, sous le ciel infini,
Par cette douce nuit d’été, combien nous sommes
Qu’une angoisse soulève et que l’instinct unit
Parmi les animaux comme parmi les hommes. »
Et moi j’aurais voulu, seul, être tous ceux-là !

Je pris et je baisai ses doigts ; elle trembla.
Ses mains fraîches sentaient une odeur de lavande
Et de thym, dont son linge était tout embaumé.
Sous ma bouche ses seins avaient un goût d’amande
Comme un laurier sauvage ou le lait parfumé
Qu’on boit dans la montagne aux mamelles des chèvres.
Elle se débattait ; mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l’immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse,
Haletait fortement avec de longs sanglots ;
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, nos sens, nos soupirs se mêlèrent.
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d’amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l’ombre effarés s’envolèrent.

(Guy de Maupassant)

 Illustration: Dimitra Milan   

 

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Elle était charmante ainsi (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2016



Konstantin Razumov  4ec_XXXL [800x600]

Elle était charmante ainsi,
et dans son regard fuyant
mille choses m’apparurent,
mille choses ignorées jusqu’ici.
J’y vis des profondeurs inconnues,
tout le charme des tendresses,
toute la poésie que nous rêvons,
tout le bonheur que nous cherchons sans fin.
Et j’avais un désir fou d’ouvrir les bras,
de l’emporter quelque part pour lui murmurer à l’oreille
la suave musique des paroles d’amour.

(Guy de Maupassant)

Illustration: Konstantin Razumov

 

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C’était une voisine que j’avais (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



C’était une voisine que j’avais :
une petite ouvrière, sans doute,
avec une grâce toute parisienne,
une mignonne tête blonde
sous de cheveux bouclés aux tempes ;
cheveux qui semblaient une lumière frisée,
descendaient à l’oreille,
couraient jusqu’à la nuque, dansaient au vent,
puis devenaient, plus bas,
un duvet si fin, si léger, si blond ,
qu’on le voyait à peine,
mais qu’on éprouvait une irrésistible envie
de mettre là une foule de baisers.

Sous l’insistance de mon regard,
elle tourna la tête vers moi,
puis baissa brusquement les yeux,
tandis qu’un pli léger, comme un sourire prêt à naître,
enfonçant un peu le coin de sa bouche,
faisait apparaître aussi là
ce fin duvet soyeux et pâle
que le soleil dorait un peu.

La rivière calme s’élargissait.
Une paix chaude planait dans l’atmosphère,
et un murmure de vie semblait emplir l’espace.
Ma voisine releva les yeux, et, cette fois,
comme je la regardais toujours, elle sourit décidément.

Elle était charmante ainsi,
et dans son regard fuyant mille choses m’apparurent,
mille choses ignorées jusqu’ici.
J’y vis des profondeurs inconnues,
tout le charme des tendresses,
toute la poésie que nous rêvons,
tout le bonheur que nous cherchons sans fin.

Et j’avais un désir fou d’ouvrir les bras,
de l’emporter quelque part pour lui murmurer à l’oreille
la suave musique des paroles d’amour.

(Guy de Maupassant)

Illustration: Mandy Tsung

 

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