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Poésie

Posts Tagged ‘habiller’

Faut-il habiller l’amour (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



Illustration
    
Faut-il habiller l’amour en tenue de soirée
smoking et souliers cirés ?

Ou le laisser courir un peu débraillé
bermuda et chemise rayée ?

Faut-il l’emmitoufler de la tête aux pieds
pull chaussettes et bonnet ?

Ou le vêtir léger
jeans t-shirt et petit gilet ?

Eh bien moi je le sais je l’ai vu
l’amour est beau quand il est nu.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Quand je caresse mon amie (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Quand je caresse mon amie, mes yeux magnifient son regard,
mon tact habille et exalte sa peau qui glorifie la mienne.

L’ego vit et vaut de créer de l’ego chez autrui qui, alors,
peut le rendre au premier au décuple, en vie et en valeur.

(Michel Serres)

 

Recueil: Biogée
Traduction:
Editions: Dialogues

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Grenier (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018



Illustration
    
Grenier

Odeur de la famille !
Que j’aille me cacher
au grenier qui m’habille
de poudreuse clarté !

Que l’hirondelle crie
Que le chat me vienne voir,
la lucarne est emplie
de ciel et de silence

Ou si l’averse inonde
les tuiles murmurantes
que j’entre dans un monde
tout protégé d’absence.

Charbon du crépuscule,
l’ange t’apporte à moi !
J’entends le vent léger
qui marche sur le toit.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Le monde absent
Traduction:
Editions: Gallimard

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La poitrine est invisible (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Otto Mueller
    
La poitrine est invisible,
Mais tu caresses doucement
Ma main pose
Sur la soie molle qui t’habille.

Ton souffle fait calmement
Bouger ta chemisette,
Comme un vent léger sur l’ocan
Une voile immobile.

Tes joues brunies par la lune,
Le front et la racine
De tes noirs cheveux
Sont des rivages lointains, des eaux désertes.

Je les regarde puis,
Heureux, comme un naufragé
Devant un mirage
De montagnes célestes.

***

Invisibile è il petto ;
ma tu carezzi piano
la mia mano appoggiata
sulla soave seta che ti veste.

La camiciola calma
muove il tuo respiro,
corne un lieve vento nell’oceano
una vela immota.

Le tue guance brunite dalla luna,
la fronte e la radice
dei tuoi negri capelli
sono lidi remoti, acque deserte.

Io li guardo affranto,
felice, corne un naufrago
dinnanzi a un miraggio
di celesti montagne.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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LA CHAMBRE NOIRE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2018



 

Leslie Adams__femme à l'écharpe rouge

LA CHAMBRE NOIRE
(Extrait)

Je t’aurai tant aimée
que l’oubli ne pourra
donner une autre forme
au vide que j’habille.

Je m’en irai, manteau
de ta légère absence,
écharpe au cou du vent
qui portait ton visage.

Je passerai, serrant
les biens que tu me fus,
geôle de ton passé,
bouche de ton silence.

(Axel Toursky)

Illustration: Leslie Adams

 

 

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JEUX D’EAUX (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Don Hong-Oai dark-

JEUX D’EAUX

Eaux du matin
Eau primordiale
Seule la lumière t’échappe
qui t’a faite mère.

*

Eau matutinale
baignée, nue
du jour qui ruisselle.

*

Rosée, perle d’un chagrin.
Larme sans sel
pour le coeur fragile des fleurs.

*

Eau de lumière
astre de feu liquide,
tu éveilles
la soif du faire
et du possible

Eaux antiques
Eaux sibyllines
eaux pures
eaux douces
comme du premier âge du monde.

*

Eau qui parle
oraculaire
Et qui s’est tue.

Robe qu’habille
la statue nue
qu’on retire de la mer.

Eaux simples
Lac
plat,
muet.

*
Étang,
miroir
éteint.
*

Pluie
eau-de-vie triste.
Tu titubes
éclaboussant les murs.

*

Flaques
(qui claquent
sous le pas),
reflets
mous
du temps.

*

Givre, l’eau qui écrit
— en guise de pinceau
les moustaches du froid.

*

Source
qui lèche la terre
comme un chien
lèche sa blessure
et crèverait
de savoir
se guérir.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Don Hong-Oai

 

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À la lisière de la forêt (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Henri Rousseau dit le douanier-rousseau
    
À la lisière de la forêt, – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, –
la fille à lèvre d’orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés,
nudité qu’ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Illuminations
Traduction:
Editions:

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QUELQUES MOTS (Claude Prouvost)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Gabriel Ferrier  l

QUELQUES MOTS

Je t’écris quelques mots de nuit
Quelques fragments de ma banquise
Un flot d’espoir trop vite enfui
En laissant des mots de hantise

Je t’écris quelques mots de fleurs
Quelques parfums de pétulance
Un peu de faste et de couleurs
Pour peindre mes mots d’espérance

Je t’écris quelques mots d’azur
Quelques vigueurs de forteresse
Un incendie sur le futur
Pour brûler des mots d’allégresse

Je t’écris quelques mots d’amour
Quelques fournaises de ma vie
Ton souvenir en chaque jour
Habillant mes mots d’ambroisie

(Claude Prouvost)

Illustration: Gabriel Ferrier

 

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Quand je sens le vent (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Max Patte   
    
Quand je sens le vent, je voudrais être nu.
Que dire? Le chatouillement métaphysique : Il me semble que
Le vent m’habille avec la peau d’une autre vie.
Le vent m’enseigne que tous les corps sont infiniment dans le réel.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Carolus Duran
    
TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE…

Tandis que traversait la Belle,
Près des moineaux vinrent s’asseoir
Les colombes en ribambelle.

Frôlant la marche du trottoir
Apparut la claire cheville
Tel un point d’aube dans le noir.

Comme brise sous la charmille,
L’éраulе frémit. Un gamin
S’éprenait de la jeune fille.

Les éclats du ciel citadin
Et la démarche aérienne
Vous rendaient joyeux, plein d’entrain !

On souriait à cette Reine,
Racine et branche pour mon coeur,
Ce dont nul ne concevait peine.

Sur mes genoux, tout en douceur,
Empêchant qu’on vînt me la prendre,
Je la berçai. Mais j’avais peur.

Nul pourtant ne vint nous surprendre.
Ils étaient d’humeur amicale,
L’envie expirait sans attendre…

Et la Belle avançait, royale !
Et le vent svelte la suivait
Dans sa démarche triomphale.

La fraîcheur du vent l’habillait !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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