Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘habitable’

A côté de chaque ligne, il y a un vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



 

Illustration
    
A côté de chaque ligne, il y a un vide.
Est-ce l’ombre que la ligne projette
ou le modèle qu’elle copie ?
De toute manière, qu’est-ce qui soutient la ligne
et comment ne se perd-elle pas dans le vide ?

Sous chaque couleur, il y a un vide.
Chaque couleur est-elle la naissance d’un abîme
ou seulement sa surface habitable ?
De toute façon, que dit ainsi la couleur
et que dirait-elle s’il n’y avait pas de vide ?

Dans chaque corps, il y a un vide.
Le corps est-il un refuge du néant
ou seulement un malentendu entre ses cavités ?
Mais alors pourquoi, au lieu de corps,
n’y a-t-il pas diverses densités de vide ?

Dans la pensée même est le vide.
Est-il une condition de la pensée
ou est-ce à l’inverse la pensée qui le crée?
Néanmoins, pourquoi tant de fantômes de fantômes
et non le vide en sa plénitude de vide?

(Roberto Juarroz)

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bâtir le royaume (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2018




    
Bâtir le royaume à mains nues
Au fond de la nuit abyssale
Sur les cailloux entrechoqués
De l’habitable étincelle.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La poésie (Aldo Pellegrini)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



    

La poésie n’est rien d’autre que cette violente nécessité d’affirmer son être qui anime l’homme.
Elle s’oppose à la volonté de ne pas être qui guide les foules domestiquées
et à la volonté d’être par les autres qui se manifeste chez ceux qui exercent le pouvoir.

Les imbéciles vivent dans un monde artificiel et faux :
attachés au pouvoir qu’ils peuvent avoir sur autrui,
ils nient la pleine réalité de l’humain au bénéfice de schémas creux.

Le monde du pouvoir est un monde vide de sens, hors du réel.
La poésie est une mystique du réel.

Le poète cherche dans le mot, non pas un mode d’expression,
mais une manière de participer à la réalité.
Au moyen du verbe, le poète n’exprime pas le réel : il y participe.

La porte de la poésie n’a ni clef ni verrou :
elle se défend par sa qualité d’incandescence.
Seuls les innocents, accoutumés au feu purificateur,
peuvent ouvrir cette porte de leurs mains ardentes et accéder à la réalité.

La poésie prétend accomplir la tâche suivante :
que ce monde ne soit pas seulement habitable pour les imbéciles. »

(Aldo Pellegrini)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA COMÈTE QUI RIT (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
LA COMÈTE QUI RIT

Je caresse le mot « cristal ».
J’ouvre un livre qui m’aime.
Je dis aux domestiques :
« On livrera vers les cinq heures
une comète ;
prenez-en soin :
c’est pour nourrir ma légende malade. »
Je sors. Où est la rue ?
Et l’univers, pourquoi disparaît-il
le seul jour de l’année ,
où il est habitable ?
Je rentre.
Où est le livre ?
Où sont les serviteurs ?
Je n’entends plus le mot « cristal ».
Mais voici la comète,
qui rit, qui rit.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bâtir le royaume à mains nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Bâtir le royaume à mains nues
Sur les cailloux entrechoqués
De l’habitable étincelle

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | 1 Comment »

Leurs maisons étaient blanches de silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



berthe-morisot-18-800x600

Leurs maisons étaient blanches de silence
leurs nuits lisses de caresses

Les couleurs restaient profondes
en leur avidité première

Leurs espérances navigables
leurs deuils habitables

Un poème parfois éclairait en eux
des lieux sans lumière

(Georges Bonnet)

Illustration: Berthe Morisot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POÈME (Sándor Bihari)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



paroles-e

POÈME

Dès le premier mot me battre à travers
le jardin et le vent confondus.

Entre notre faire éclaboussé de mort et de traîtrises,
entre nos âges, nos visages.

Pas à pas sur mes nerfs — comme, sur le cerveau,
l’écho de la peur qui résonne.
Allant à l’aube d’une unique parole habitable.

(Sándor Bihari)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu entres au cœur de l’espace (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Tu entres
au cœur de l’espace
comme dans un nid
où tu poserais les ailes

Un duvet de rose
à tes pieds
pour te consoler
du poids de la terre

Et toujours
autour de toi
cette douceur de l’air
qui te dit
que toute chose
est habitable
ici-bas.

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Auguste Toulmouche

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maintenant je suis de retour (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



Maintenant je suis de retour
Et loin de Ravenne
Je n’entends plus l’oiseau
Qui chante près de la tombe
Là, un instant, en sortant
De cet autre ciel
J’ai cru les cieux ouverts
Par cette eau jaillissante
L’espace habitable
Pour un autre souffle
Mais la lumière laisse
Une empreinte d’ombre
Sous le pas qui fuit
Pousse l’herbe du désir

(Heather Dohollau)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les rayons de la roue convergent au moyeu (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



roue-konark_sun_temple

Les rayons de la roue
convergent au moyeu.
Ils convergent vers le vide.
Et c’est grâce à lui
que le char avance.
Un vase est fait d’argile
mais c’est son vide
qui le rend propre à sa tâche.
Une demeure est faite de murs
percés de portes
et de fenêtres,
mais c’est leur vide
qui la rend habitable.
Ainsi,
l’homme construit des objets,
mais c’est le vide
qui leur donne sens.
C’est ce qui manque
qui donne
la raison d’être.

(Lao Tseu)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :