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Poésie

Posts Tagged ‘habitant’

Un seul rythme nous contient (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



    
un seul rythme nous contient
quand habitant dans l’amour notre danse égarée
nous échangeons d’une pleine respiration
l’éternité contre une joie

un rythme ou un poème
qui tient dans son étreinte nue
le sens inexprimé des choses

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Lettre à la femme aimée au sujet de la mort Fresque peinte sur un mur obscur
Traduction:
Editions: Cheyne

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Habitants-des-brumes (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Habitants-des-brumes :
L’amour en partie se souvient,
Mais qui sommes-nous,
Où nos regards déjà s’étaient-ils rencontrés —
Dans les lointains voyages de l’âme
Quelle est cette gloire oubliée?

***

Mist-dwellers:
Love in part remembers,
But who we are,
And where before our eyes had met
In soul’s far wanderings
What is that glory we forget?

(Kathleen Raine)

Illustration: Yves Tanguy

 

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LA CHUTE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018




LA CHUTE

Musique jamais entendue,
aimée dans des fêtes anciennes.
N’embrasserai-je plus jamais
celui qui viendra après la fin ?

Mais cette innocente nécessité de voyager
entre prières et hurlements.
Je ne sais pas. Je ne sais que le visage
aux cent yeux de pierre
qui pleure près du silence
et qui m’attend.

Jardin parcouru en larmes,
habitants que j’ai embrassés
lorsque ma mort n’était pas encore née.
Dans le vent sacré
ils tissaient mon destin.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Mondes innombrables ! (Camille Flammarion)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



    

Mondes innombrables ! Nous rêvons à eux.
Qui nous dit que leurs habitants inconnus ne songent pas à nous, eux aussi,
et que l’espace n’est pas travers par des vols de pensées
comme il l’est par les effluves de la gravitation universelle et de la lumière?

N’existe-t-il pas, entre les humanités célestes,
dont la Terre n’est qu’un modeste hameau,
une immense solidarité,
à peine pressentie par nos sens imparfaits

(Camille Flammarion)

 

Recueil: Astronomie des dames
Traduction:
Editions:

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SONGERIE CREUSE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration: Olga Naletova

    
SONGERIE CREUSE

A celui qui pense au néant
on fit pourtant voir
les jeux multiples
des ombres
drapeaux au-dessus d’hommes armés
carrefours au soleil voilé
laines douces aux mains vives
tresses de cheveux ornées
de rubans déchirants
battant de porte ouvert sur les champs
carreau de fenêtre
où frappe le fou serviable
pour héler en passant
un morne habitant.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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VERS LA MAISON (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Carlo Carra -Verso-casa--1939

VERS LA MAISON

Mon âme, s’il te semble
que nous avons assez erré pour atteindre le soir,
Ne pourrions-nous entrer dans notre chambre,
fermer la porte et nous faire un peu de printemps ?
Trieste, cité neuve,
semblable à une mâle adolescence,
qui a poussé sans forme ni mesure
entre la mer et les dures collines ;
où l’art ne s’est pas épanoui
ou alors c’est dans le coeur
de ses habitants, dans cette couleur
de jeunesse qui est sienne, dans ce mouvement divers ;
nous l’avons explorée tout entière, jusqu’en son plus lointain
recoin, la plus étrange des villes.
Et maintenant qu’avec le soir aussi se fait
vivace le besoin de retourner en nous,
ne pourrions-nous entrer là où avec tant d’amour
toujours je t’écoute, où tu peux, en bien, toi
changer une longue erreur.
De la peine la plus assidue,
de la misère la plus dure et la plus secrète,
mon âme, nous ferons aujourd’hui un poème.

(Umberto Saba)

Illustration: Carlo Carra

 

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Il n’y a qu’une vérité (Adayashanti)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Il n’y a qu’une vérité
Et en la recherchant
Dans une forêt de questions
Faites attention à ne pas vous heurter à un arbre.
Vous êtes comme l’habitant des bois
Qui cherche la forêt.
Que puis je y faire ?
Avez-vous déjà remarqué
Que vous cherchiez Dieu
Avec ses yeux ?

(Adayashanti)

Illustration: Carry Akroyd

 

 

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Le volet (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



le volet

la route est nue
et parfois la poussière se lève
devant l’habitant
qui recherchait des heures très riches
ses yeux se resserrent
tandis que dans le silence
le volet qui bat déchiquetant le plâtre
transforme le vent et les heures
en machine à vide

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Je suis l’habitant d’une tour (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Stéphanie Dozier 490 [800x600]

Je suis l’habitant d’une tour
Devenue au centre des rêves
La tour sensible de l’esprit :
Est-il un niveleur qui sache
Me la niveler en prairie ?

Gardienne de ma solitude
C’est elle que je sens virer
Car liée à nulle Babel
Ma tour est ivre d’ignorer
Les épousailles de la pierre.

Fine ou massive elle se sculpte
À même l’espace et je vois
Blanchir à l’aube ses créneaux :
Tour ouverte, pourquoi faut-il
Qu’en elle je reste muré ?

Je surveille depuis ma tour
L’ange humain d’avant ma parole,
Et peut-être serai-je lui
Si je déchiffre un jour les signes
Des musiques irrévélées.

Du haut de ma tour je respire
L’hysope et la rose de neige.
Mais vif oiseleur ne pourrai-je —
Pour le saisir et l’étrangler
— Dépister l’oiseau du vertige ?

(Jules Tordjman)

Illustration: Stéphanie Dozier

 

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Lorsque j’aimais (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

Illustration: Marc Chagall
    
Lorsque j’aimais

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

Un emportement lyrique
m’apportait, quoique trompeur,
une volupté unique,
un vif et ardent bonheur.

Toute chose il me montrait
sous le plus riant des jours,
donnant des airs de palais
au petit nid de l’amour.

Sa robe de pauvre allure
au vieux calicot déteint,
me semblait, je vous le jure,
faite de soie, de satin.

Deux bracelets de pauvresse
ornaient ses poignets ; pour moi
c’étaient bijoux de princesse,
qui ravivaient mon émoi.

Elle avait souvent la tête
couronnée de fleurs des champs ;
quel somptueux bouquet de fête
fut pour moi plus alléchant ?

Le sol était doux naguère,
quand près d’elle je marchais ;
soit il n’y avait point d’ornières,
soit la terre les cachait.

Aussi, moins touché je reste
par les rhéteurs, les savants,
que par le moindre des gestes
qu’elle m’adressait, avant.

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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