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Poésie

Posts Tagged ‘hache’

Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Soleil levant (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017


soleil_levant

« Les Condamnés – voient le Soleil levant
Avec une Volupté autre –
Car – lorsqu’il resplendira de nouveau
Ils doutent d’en être témoins –
L’Homme – demain – qui va mourir –
Ecoute l’Oiseau des Prés –
Car sa Musique émeut la Hache
Qui réclame sa tête –

Joie – pour qui le Soleil levant
Précède un Jour – Epris –
Joie – pour qui l’Oiseau des Prés
N’a qu’Elégie! »

(Emily Dickinson)

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À moi-même (Vladislav Khodassévitch)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



À moi-même

N’espère pas, n’attends plus rien :
Tout ce qui est, sans fin revient.
Que tes yeux fatigués se ferment,
Joue au sorcier dans tes poèmes,
Mais souviens-toi que l’heure approche –
Et rase ton cou pour la hache.

***

Себе

Не жди, не уповай, не верь:
Всё то же будет, что теперь.
Глаза усталые смежи,
В стихах, пожалуй, ворожи,
Но помни, что придет пора –
И шею брей для топора.

(Vladislav Khodassévitch)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Pain et sel (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Pain et sel (Broyt un zalts)

Le soleil est à tout le monde, mais plus qu’à tous
Il est mien.
Les racines des ténèbres,
Je n’en ai nul besoin. Je suis
Un enfant du soleil.
Je suis la vie même,
Et la trace d’un renard argenté sur la neige
Est ma mémoire.
La hache qui viendra me déraciner
Devra et saura rester soumise à mon emprise.
Je suis le silence.
Suis son pain et son sel.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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De qui pinçait ta corde étrangère (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



De qui pinçait ta corde étrangère
Il semble que ce coeur n’ait plus souci
Alors d’où vient l’émoi que tu fais naître
Vieille guitare, en mon âme triste ?

C’est comme si une chaude lumière
Au fond d’un val s’attardait à loisir
Quand dans leurs nues l’orage et la nuit
Auraient voilé le globe père —

C’est comme si le ruisseau en son miroir
Gardait le reflet de ses beaux saules
Bien que sous la hache, voici longtemps
Leurs cheveux lustrés aient mordu la poussière ;

De même, ô guitare, tes sons magiques
Ont tiré des larmes, éveillé des soupirs,
Ont fait resurgir le torrent ancien
Dont pourtant la source même est tarie !

***

For him who struck thy foreign string
I ween this heart hast ceased to care
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar ?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away —

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair
Though years ago, the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair:

Even so, guitar, thy magic tone
Hast moved the tear and waked the sigh
Hast bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

Illustration: Gérard Segear

 

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Il y avait sous un hangar (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



brouette-800x600

 

Il y avait sous un hangar
une brouette grise que sa fonction lassait
sur un mur chaulé des outils mal connus
une hache désormais sans écho
le jour debout dans une porte ouverte
et posée contre un chevalet
une scie dont la lame
dentelait la lumière

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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LITANIES DU PETIT HOMME (Félix Leclerc)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Nikolay Butkovskiy 030

LITANIES DU PETIT HOMME

Et sur le chiffonnier
À côté de tes bas
Ma paye et mon tabac
Et sous le tisonnier
Une brassée de bois
Pour illuminer la soirée

Et depuis tant d’années
Ton coeur qui ne dit mot
Le mien qui parle trop
Ma hache à affiler
La maison à trouver
Nos quatre mains ont bien travaillé

Il vient au cinéma
Le visage qui te plaît
Le mien qui est si laid

Le loyer augmenté
Je t’aime plus que la vie
Les jurons que j’ai dit aujourd’hui

J’ai mal à ton côté
Tu as mal à mes yeux
C’est vrai c’est faux c’est les deux!

Et ce petit bouquet
Tout frais dedans ta main
Demain sera de l’engrais, ça c’est vrai

On est seul au monde
Chacun dedans son corps
Ensemble chacun son bord

Rendez-vous dans mille ans
Plus loin que l’Italie
Plus loin que ce pays

(Félix Leclerc)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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L’écorce ne suffit pas (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

L’écorce ne suffit pas. Elle roule
des échardes en surnombre, elle échangera
le moellon contre la sève,
le sang contre le tourbillon des vannes,
tandis que la feuille est picorée, tavelée
d’air, et combien de temps encore, ridée
ou enroulée, entre chien et loup,
pendant combien de temps risquera-t-elle
la hache pour se repaître de son avantage ?

(Paul Auster)

 

 

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SYMPHONIE INACHEVEE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



SYMPHONIE INACHEVEE

Tu m’as très peu connu là-bas, sous le soleil du châtiment
Qui marie les ombres des hommes, jamais leurs âmes.
Sur la terre où le cœur des hommes endormis
Voyage seul dans les ténèbres et les terreurs, et ne sait pas vers quel pays.

C’était il y a très longtemps — écoute, amer amour de l’autre monde —
C’était très loin, très loin — écoute bien, ma sœur d’ici —
Dans le Septentrion natal où des grands nymphéas des lacs
Monte une odeur des premiers temps, une vapeur de pommeraies de légende englouties.

Loin de nos archipels de ruines, de lianes, de harpes,
Loin de nos montagnes heureuses.

— Il y avait la lampe et un bruit de haches dans la brume,
Je me souviens,

Et j’étais seul dans la maison que tu n’as pas connue,
La maison de l’enfance, la muette, la sombre,
Au fond des parcs touffus où l’oiseau transi du matin
Chantait bas pour l’amour des morts très anciens,
dans l’obscure rosée.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

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