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Poésie

Posts Tagged ‘hache’

DEPUIS QUE TU ES PARTIE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Jean-François Millet
    
DEPUIS QUE TU ES PARTIE

C’est depuis que tu es partie que sont plus froids.
Ici, le seau, le lait, le manche de la hache,
Et que le bois fendu s’affaisse et se détache.
Vois-le tomber, livide et tout roide à la fois!

Sur le sol sourd, le vent dans ses habits s’engage.
Il recherche sa proie, s’arrête, fouille et tranche,
Et de son tourbillon précipite les branches.
Frêle, la feuille alors bronche et tombe avec rage.

Moi, dans un doux vallon déjà je me croyais…
L’aube neuve épousait mes cheveux qui ondulent,
La plante de mes pieds brillait au crépuscule,
Et du Nord et du Sud tes seins me protégeaient.

Je suis assis, chétif… toi t’épanouissant,
Monde lointain, fleur de chiendent… Je te regarde.
Dans ton coeur bleu un ciel de cendre se hasarde
Moi langé par le soir qui tombe immensément…

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus
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Tantôt je suis la hache et tantôt je suis l’arbre (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Rockwell Kent 21 [1280x768]

Tantôt je suis la hache et tantôt je suis l’arbre
— ici, bourreau cruel, et là, tremblante victime;
mais toujours me remplit la même sombre haine.
Oh ! Dieu, n’être ni la hache ni l’arbre
— mais la blessure aux lèvres fraîches
et que partage un double amour égal !

(Luc Decaunes)

Illustration: Rockwell Kent

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Le vent peut déchirer le ciel que nous aimons (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



David Alfaro Siqueiros peace-1961

Le vent peut déchirer le ciel que nous aimons,
On aura beau briser ce chant à coups de hache,
Tu restes, mon amour, le radeau de limon
Pâle, émergeant toujours des brumes du voyage.

Je ne vois pas tes yeux mais je sais comme ils brillent.
Le vent noue à ton cou son collier de fraîcheur.
Tu pousses les verrous des portes de la peur
Et tu n’écoutes plus ce que les soldats crient.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: David Alfaro 

 

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Il suffisait donc (Bruno Grégoire)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Illustration
    
Il suffisait donc de se déchausser
pour ressentir autrement le monde
— comme une hache couchée ?

(Bruno Grégoire)

 

Recueil: L’épingle du jeu suivi de Sans
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Ma confiance (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Quand même je saurais le réseau de mes nerfs
aussi précaire que la toile d’araignée,
je n’en louerais pas moins ces merveilles de vert,
ces colonnes, même choisies pour la cognée,

et ces chevaux de bûcherons… Ma confiance
devrait s’étendre un jour à la hache, à l’éclair,
si la beauté de mars n’est que l’obéissance
du merle et de la violette, par temps clair.

(Philippe Jaccottet)

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PASTORALE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



 

PASTORALE

Au fin fond des tourbières et de l’attente,
aussi peu que le mot
qui était une attente aussi,
tout a été autre
qu’il n’est, la tourbière
continue de t’attendre, le mot
est une lanterne
que tu transportes jusqu’aux profondeurs
du vert, car même les racines
ont transporté la lumière, et même maintenant
ta voix
continue son chemin parmi les racines, de sorte que
partout où tombera une hache
toi, aussi, tu sauras que tu vis.

(Paul Auster)


Illustration: Vladimir Kush

 

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TABLEAU (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
TABLEAU

Une âpre femme arrive
qui jette dans la corbeille
les noix du grand noyer
tout peut bien être remis en cause
pour longtemps, pour toujours
paraît-elle dire à tous les autres.
Sort-elle du tableau
d’un vieux peintre oublié
où la vérité
approche le mystère ?
Les haillons troués
laissent voir un peu d’une gorge
un des hommes tressaille
près d’une hache, d’une chaise
à dossier courbe,
d’une pendule active.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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A l’étage – 850 (Christian Hillebrand)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



A l’étage – 850
Entrée d’air
Embouteillage de lampes

***

Dans le train
Illusion du bistrot
Partie de belote

***

Les femmes, au fond
Interdites à la tâche
Esclaves au jour

***

Dans la mine
Deux lampes se croisent
Une lumière

***

Au fond dans la veine Frida
Un fossile, dans le schiste
Poussière d’étoile imprimée

***

Coup de hache
Dans l’étai
L’odeur du pin s’échappe

(Christian Hillebrand)


Illustration

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LES BRODEUSES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Charles Frederic Ulrich
    

LES BRODEUSES

Un geste engendre un autre geste mémorable
Sous la lampe. Les brodeuses
Filent l’or dans le temps régulier des horloges.
Ce soir encore le temps oscille et nous ne savons pas
Quelle heure dans la nuit toute proche s’avance.
Pour qui l’ouvrage sur vos genoux, Marie ?
Hier, dans le sillon, Novembre a découvert
Une hache rouillée perdue dans la ténèbre.
Toujours le même geste de vos mains, sous la lampe qui tremble,
Puis les ciseaux détachent le fil de la bobine, vivement
Dans la chambre à côté, l’enfant s’est endormi,
Ignorant de la mort, bercé
Par la voix qui chantonne.
La moisson lèvera sur le sol où l’on a combattu,
Les grains se mêleront aux souvenirs des morts.
Vous n’avez pas sourcillé quand il a dit : voici
Ce que la herse a fait surgir de la vieille terre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LOIN, LÀ-BAS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration
    
LOIN, LÀ-BAS

Ô boeuf qui soufflait de la vapeur quand un jour je le vis,
tout enfant, sous le soleil du Nicaragua aux ors éclatants,
dans la féconde hacienda, pleine de l’harmonie
du tropique ; ô colombe des bosquets résonnants
au bruit du vent, des haches, des oiseaux et des fringants
taureaux, je vous salue, car vous êtes ma propre vie.

Lourd boeuf, tu évoques la douce matinée
qui appelait à la traite de la vache laitière,
quand mon existence était toute blanche et rosée,
et toi, roucoulante colombe des hautes terres,
tu incarnes dans mon printemps éloigné
tout ce que recèle la divinité printanière.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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