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Poésie

Posts Tagged ‘hache’

Qui suis-je (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Qui suis-je

Déjà s’envole le dernier des oiseaux
Et me voici de nouveau face à face
Yeux remplis de fourmis rouges
Lèvres rongées par le sel
Avec cette image à tête de sphinx
Et son sourire ambigu

QUI suis-je
La hache, le saule, la sonnerie d’alarme,
La girouette, l’itinéraire du vent,
La gamine en blouse bleue
Couverte de feuilles mortes,
La grue sur le port, le navire à quai
Le bock de bière sur le comptoir,
Le cimetière de bateaux,
Et ce matelot saoul qui rêve au grand large

QUI suis-je
Le brouillard sur le fleuve,
La tour et la foudre de sa tête
L’arbre et sa tempête
L’anse des eaux perdues
Le Café de la marine
Le chaland qui passe,
L’aiguille usée du phonographe
La complainte fanée des illusions

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Rose Tursi

 

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DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME

Dieu
J’ai fait le monde d’eau et d’argile,
Tu as fait l’Iran, la Tartarie et l’Ethiopie;
J’ai placé dans le sol le minerai de fer,
Tu as fait l’épée, la flèche et le fusil;
Tu as fait la hache pour l’arbre de la prairie,
Tu as fait la cage pour l’oiseau chanteur!

L’homme
Tu as créé la nuit et j’ai fait la lampe,
Tu as créé l’argile et j’ai fait la tasse,
Tu as créé les déserts, les montagnes et les forêts,
J’ai fait les vergers, les jardins et les bosquets;
C’est moi qui transforme la pierre en un miroir,
C’est moi qui transforme le poison en antidotes!

(Mohammad Iqbal)

 

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Arbre-résistance (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017




    
À l’ombre de l’ombre

Arbre-résistance

Ne plus bouger d’un pouce d’ici
Non tant fidèle à soi
qu’à la promesse de la Vie
Accueillir pluie comme vent
Cueillir gelée comme rosée
Fouiller racines et caresser nues
Endurer ouragans et ravages
Perdurer alliance terre-ciel
Contre tout attente

à la flamme à la rouille
Contre toute attente
Dévisager la violence humaine
Fixer des yeux massacres et cris
Prêter le flanc aux coups de hache
ou de machette
Être le corps entaillé jusqu’aux os
anneaux rompus tripes dehors

Porter haut cependant la frondaison
Dispensant l’onguent de l’unique ombre
Sur le dos brûlé de l’enfant orphelin
Non tant fidèle au monde
qu’à la promesse de la vie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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De qui pinçait ta corde étrangère (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



De qui pinçait ta corde étrangère
Il semble que ce coeur n’ait plus souci
Alors d’où vient l’émoi que tu fais naître
Vieille guitare, en mon âme triste ?

C’est comme si une chaude lumière
Au fond d’un val s’attardait à loisir
Quand dans leurs nues l’orage et la nuit
Auraient voilé le globe père —

C’est comme si le ruisseau en son miroir
Gardait le reflet de ses beaux saules
Bien que sous la hache, voici longtemps
Leurs cheveux lustrés aient mordu la poussière ;

De même, ô guitare, tes sons magiques
Ont tiré des larmes, éveillé des soupirs,
Ont fait resurgir le torrent ancien
Dont pourtant la source même est tarie !

***

For him who struck thy foreign string
I ween this heart hast ceased to care
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar ?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away —

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair
Though years ago, the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair:

Even so, guitar, thy magic tone
Hast moved the tear and waked the sigh
Hast bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

Illustration: Gérard Segear

 

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Soleil levant (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017


soleil_levant

« Les Condamnés – voient le Soleil levant
Avec une Volupté autre –
Car – lorsqu’il resplendira de nouveau
Ils doutent d’en être témoins –
L’Homme – demain – qui va mourir –
Ecoute l’Oiseau des Prés –
Car sa Musique émeut la Hache
Qui réclame sa tête –

Joie – pour qui le Soleil levant
Précède un Jour – Epris –
Joie – pour qui l’Oiseau des Prés
N’a qu’Elégie! »

(Emily Dickinson)

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À moi-même (Vladislav Khodassévitch)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



À moi-même

N’espère pas, n’attends plus rien :
Tout ce qui est, sans fin revient.
Que tes yeux fatigués se ferment,
Joue au sorcier dans tes poèmes,
Mais souviens-toi que l’heure approche –
Et rase ton cou pour la hache.

***

Себе

Не жди, не уповай, не верь:
Всё то же будет, что теперь.
Глаза усталые смежи,
В стихах, пожалуй, ворожи,
Но помни, что придет пора –
И шею брей для топора.

(Vladislav Khodassévitch)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Pain et sel (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Pain et sel (Broyt un zalts)

Le soleil est à tout le monde, mais plus qu’à tous
Il est mien.
Les racines des ténèbres,
Je n’en ai nul besoin. Je suis
Un enfant du soleil.
Je suis la vie même,
Et la trace d’un renard argenté sur la neige
Est ma mémoire.
La hache qui viendra me déraciner
Devra et saura rester soumise à mon emprise.
Je suis le silence.
Suis son pain et son sel.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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Il y avait sous un hangar (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



brouette-800x600

 

Il y avait sous un hangar
une brouette grise que sa fonction lassait
sur un mur chaulé des outils mal connus
une hache désormais sans écho
le jour debout dans une porte ouverte
et posée contre un chevalet
une scie dont la lame
dentelait la lumière

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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