Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘hache’

D’Etincelles notre rencontre… (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



D’Etincelles notre rencontre…
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé.

(Emily Dickinson)

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Glace rouge (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

L’an mil huit cent douze en Russie
quand les soldats faisaient retraite
au milieu des cadavres
d’hommes et de chevaux
avait gelé le vin robuste
la hache du sapeur
dut alors partager
entre tous même moribonds
le bloc de glace rouge
à forme de futaille
qu’aucun musée
n’eût pu jamais garder.

(Jean Follain)

 

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Les bras copiés collés (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Les bras copiés collés
unis au ras du sexe
beaucoup de bruit
la nuit
une fente de noir
greffée dans la matière
Sa tête
tachée de rouge exprès
bien mal payée la chair
Les yeux fermés
on se dit tout
ou presque
Mots tièdes
hachés menu
on cerne le silence
on parle sous la lumière

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Gérard Segear
    
DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES

De qui pinçait tes cordes étrangères,
Ce coeur, autant qu’il semble, n’a plus cure :
D’où vient dès lors l’émoi que tu réveilles
En mon esprit chagrin, vieille guitare?

C’est comme si le chaleureux soleil
S’attardait encore au fin fond du val
Après que des nues d’orage et de nuit
En auraient offusqué le globe père.

C’est comme si le miroir du ruisseau
Toujours retenait l’image des saules
Encor que la hache eût de longue date
Couché leurs cheveux d’argent dans la poudre.

Pareillement, guitare, ta magie
A fait jaillir les pleurs, éveillé le soupir,
Enjoint à l’ancien torrent de couler
Quand la source même en était tarie!

***

FOR HIM WHO STRUCK THY FOREIGN STRING

For him who struck thy foreign string,
I ween this heart hath ceased to care;
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay,
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away.

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair,
Though years ago the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair.

Even so, guitar, thy magic tone
Has moved the tear and waked the sigh,
Has bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Qui suis-je (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



 

Qui suis-je

Déjà s’envole le dernier des oiseaux
Et me voici de nouveau face à face
Yeux remplis de fourmis rouges
Lèvres rongées par le sel
Avec cette image à tête de sphinx
Et son sourire ambigu

QUI suis-je
La hache, le saule, la sonnerie d’alarme,
La girouette, l’itinéraire du vent,
La gamine en blouse bleue
Couverte de feuilles mortes,
La grue sur le port, le navire à quai
Le bock de bière sur le comptoir,
Le cimetière de bateaux,
Et ce matelot saoul qui rêve au grand large

QUI suis-je
Le brouillard sur le fleuve,
La tour et la foudre de sa tête
L’arbre et sa tempête
L’anse des eaux perdues
Le Café de la marine
Le chaland qui passe,
L’aiguille usée du phonographe
La complainte fanée des illusions

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Rose Tursi

 

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DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME

Dieu
J’ai fait le monde d’eau et d’argile,
Tu as fait l’Iran, la Tartarie et l’Ethiopie;
J’ai placé dans le sol le minerai de fer,
Tu as fait l’épée, la flèche et le fusil;
Tu as fait la hache pour l’arbre de la prairie,
Tu as fait la cage pour l’oiseau chanteur!

L’homme
Tu as créé la nuit et j’ai fait la lampe,
Tu as créé l’argile et j’ai fait la tasse,
Tu as créé les déserts, les montagnes et les forêts,
J’ai fait les vergers, les jardins et les bosquets;
C’est moi qui transforme la pierre en un miroir,
C’est moi qui transforme le poison en antidotes!

(Mohammad Iqbal)

 

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Arbre-résistance (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017




    
À l’ombre de l’ombre

Arbre-résistance

Ne plus bouger d’un pouce d’ici
Non tant fidèle à soi
qu’à la promesse de la Vie
Accueillir pluie comme vent
Cueillir gelée comme rosée
Fouiller racines et caresser nues
Endurer ouragans et ravages
Perdurer alliance terre-ciel
Contre tout attente

à la flamme à la rouille
Contre toute attente
Dévisager la violence humaine
Fixer des yeux massacres et cris
Prêter le flanc aux coups de hache
ou de machette
Être le corps entaillé jusqu’aux os
anneaux rompus tripes dehors

Porter haut cependant la frondaison
Dispensant l’onguent de l’unique ombre
Sur le dos brûlé de l’enfant orphelin
Non tant fidèle au monde
qu’à la promesse de la vie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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De qui pinçait ta corde étrangère (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



De qui pinçait ta corde étrangère
Il semble que ce coeur n’ait plus souci
Alors d’où vient l’émoi que tu fais naître
Vieille guitare, en mon âme triste ?

C’est comme si une chaude lumière
Au fond d’un val s’attardait à loisir
Quand dans leurs nues l’orage et la nuit
Auraient voilé le globe père —

C’est comme si le ruisseau en son miroir
Gardait le reflet de ses beaux saules
Bien que sous la hache, voici longtemps
Leurs cheveux lustrés aient mordu la poussière ;

De même, ô guitare, tes sons magiques
Ont tiré des larmes, éveillé des soupirs,
Ont fait resurgir le torrent ancien
Dont pourtant la source même est tarie !

***

For him who struck thy foreign string
I ween this heart hast ceased to care
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar ?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away —

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair
Though years ago, the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair:

Even so, guitar, thy magic tone
Hast moved the tear and waked the sigh
Hast bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

Illustration: Gérard Segear

 

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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