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Posts Tagged ‘hagarde’

Le judicieux conseil (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019


 


 

Jacob Collins  - 06

Le judicieux conseil

Pourquoi cette rage,
Ô ma chair, tu ne rêves
Que de carnage,
De baisers !
Mon âme te regarde,
En tes joutes, hagarde :
Mon âme ne veut pas
De ces folâtres pas.
Aussi, parmi cette flamme,
Que venez-vous faire,
Ô mon âme !
Ah, laissez
Vos bouquets d’ancolie,
Et faites de façon
Que l’on vous oublie.

(Jean Moréas)

Illustration: Jacob Collins

 

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Madame, autour de vous tant de grâce étincelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


Albert Lynch _A_Lady_With_A_Fan

 

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle.
Mens blanda in corpore blando.

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle,
Votre chant est si pur, votre danse recèle
Un charme si vainqueur,
Un si touchant regard baigne votre prunelle,
Toute votre personne a quelque chose en elle
De si doux pour le coeur,

Que, lorsque vous venez, jeune astre qu’on admire,
Éclairer notre nuit d’un rayonnant sourire
Qui nous fait palpiter,
Comme l’oiseau des bois devant l’aube vermeille,
Une tendre pensée au fond des coeurs s’éveille
Et se met à chanter !

Vous ne l’entendez pas, vous l’ignorez, madame.
Car la chaste pudeur enveloppe votre âme
De ses voiles jaloux,
Et l’ange que le ciel commit à votre garde
N’a jamais à rougir quand, rêveur, il regarde
Ce qui se passe en vous.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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Ce miroitement (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Ce miroitement

Ce miroitement n’annonçait pas la lumière.
Je le savais, et toujours ce n’est rien.
La lueur d’un ancien regard perdu
empêchera le monde de briller.

Doucement hagarde, au sourire clair, déserte.
Des vertus, j’en ai honte.
Si je suis bonne c’est pour m’amuser.
Aride, impénétrable.

Pour rameuter les petites espérances,
m’en faire un nid qui ne serait pas froid,
le semblant d’un bien, tout comme.

Partir à l’aventure et poursuivie.
À parcourir à tout hasard le vide,
me divertira bien une fois un sourire.

Sans me démunir du désastre le miracle
d’un visage parmi les arbres, poignant.
Flammes vives pour moi mortes,
toutes pareilles, moi morte.

Plutôt qu’à vous qui voulez me combler,
je fais appel au désert inlassable.

(André Frénaud)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Je me souviens (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Je me souviens
D’ombres plus denses que le plomb
De regards impassibles
De rivières fourbues
De maisons rongées
De coeurs blanchis
D’hirondelles torpillées

Et de cette femme hagarde
sous l’explosion des armes.

Je me souviens
Du tumulte des sèves
De l’envolée des mots
De plaines sans discorde
Des chemins de clémence
Des regards qui s’éprennent

Et de ces beaux amants
sous les feux du désir
De tout ceci
De tout cela
Je me souviens
Et me souviens.

(Andrée Chedid)

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L’Azur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



L’Azur

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poète impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera la marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Eteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

– Le Ciel est mort. – Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché.

Car j’y veux, puisqu’enfin ma cervelle vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur.

En vain ! L’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angélus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! L’Azur ! L’Azur ! L’Azur !

(Stéphane Mallarmé)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Pauvre humanité (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2015



 

Michael Sowa (9)

Pauvre humanité
des petits matins hâtifs
avec tous ces écoliers
plaqués contre leur cartable
et le regard rouge
des mères pressées
et ces fonctionnaires
en imperméable
pauvre humanité hagarde
accrochée aux grilles
d’une fausse vie
en ces matins
au soleil éteint

(Françoise Campo-Timal)

Illustration: Michael Sowa

 

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