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Poésie

Posts Tagged ‘haine’

Il suffit d’un regard (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




    
Il suffit d’un regard pour que germe la haine
et déferle l’angoisse au fond des galaxies
il suffit d’un regard pour que mon être porte
aux sommets du plaisir les épaves de toi

Il suffit d’un regard pour que pleure la neige
et que monte la sève au levain de l’amour

il suffit d’un regard pour se tordre et s’enfuir
et d’un regard aussi pour que gicle le rêve!

Il suffit d’un regard pour que gronde la pierre
d’un regard qui embrasse et moule l’univers
il suffit d’un regard pour dans une prière
voir s’étendre la vie au néant vaste et mou !

(Nadia Tueni)

 

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L’art (Herman Melville)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Eugène Delacroix
    
L’art

En des moments sereins, heureux, nous rêvons
A nombre de beaux projets inincarnés.
Mais pour donner forme, créer de la vie qui palpite,
Que de choses dissemblables doivent se rencontrer et s’unir
Flamme pour fondre — vent pour geler ;
Patience affligée — énergies joyeuses ;
Humilité — mais orgueil et dédain ;
Intuition et savoir — amour et haine ;
Insolence — respect. Tout cela doit s’unir
Et se fondre avec le coeur mystique de Jacob,
Pour lutter contre l’ange — l’art.

(Herman Melville)

 

Recueil: L’Oeil du Poète Herman Melville
Traduction: Christophe Marchand-Kiss et Charles Cestre
Editions: Textuel

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Le monde est en flammes (Mahava Sutra)(Sagesse bouddhique)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    
Le monde est en flammes, ô disciples !
De quel feu est-il embrasé ?
Du feu du désir, du feu de la haine,
Du feu de l’ignorance.

(Mahava Sutra)(Sagesse bouddhique)

 

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De l’oiseau sur le toit (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration 
    
De l’oiseau sur le toit
je ne vois dans l’herbe
que l’ombre
comme sur ton visage
la passante inflexible qu’il accueille
et qui demeure au loin
Dehors est sans haine
sans compassion
rompu en soi
Dehors guérit de la fatigue

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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LE STATUAIRE ET LA STATUE DE JUPITER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE STATUAIRE ET LA STATUE DE JUPITER

Un bloc de marbre était si beau
Qu’un Statuaire en fit l’emplette.
« Qu’en fera, dit-il, mon ciseau ?
Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ?

Il sera Dieu : même je veux
Qu’il ait en sa main un tonnerre.
Tremblez, humains. Faites des voeux ;
Voilà le maître de la terre. »

L’artisan exprima si bien
Le caractère de l’Idole,
Qu’on trouva qu’il ne manquait rien
À Jupiter que la parole.

Même l’on dit que l’ouvrier
Eut à peine achevé l’image,
Qu’on le vit frémir le premier,
Et redouter son propre ouvrage.

À la faiblesse du sculpteur
Le Poète autrefois n’en dut guère,
Des dieux dont il fut l’inventeur
Craignant la haine et la colère.

Il était enfant en ceci :
Les enfants n’ont l’âme occupée
Que du continuel souci
Qu’on ne fâche point leur poupée.

Le coeur suit aisément l’esprit :
De cette source est descendue
L’erreur païenne, qui se vit
Chez tant de peuples répandue.

Ils embrassaient violemment
Les intérêts de leur chimère.
Pygmalion devint amant
De la Vénus dont il fut père.

Chacun tourne en réalités,
Autant qu’il peut, ses propres songes :
L’homme est de glace aux vérités ;
Il est de feu pour les mensonges.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Pour mon Coeur (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Pour mon Coeur

Mystérieux, amer et terrible, ô mon coeur,
Eloigne enfin de toi la haine et la rancoeur !

Sache combien est grand ce bienfait qu’on te donne
De pouvoir pardonner, ô mon coeur ! et pardonne !

Ne garde plus l’amer souvenir des joies dues !
Et qu’il soit comme un mot effacé sur les nues !

Sois léger et sois doux comme l’ombre d’une aile,
O mauvais coeur, tenace et méchant et fidèle !

O mon coeur ! exhalant, dans un vaste soupir,
Le pardon retenu, sache enfin t’attendrir !…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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LA CHANSON DES BAISERS (A. Gallais)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
LA CHANSON DES BAISERS

Quelle est cette pure caresse :
Caresse qui berce le cœur
Et fait éclore la jeunesse
Au paradis d’Amour vainqueur ?
Quelle est cette pure caresse
Dont chacun garde souvenir
Et que nulle douleur ne blesse.

Que rien ne fait s’évanouir ?
C’est le baiser de l’enfant à la mère.
C’est le baiser de la mère à l’enfant
Dont la douceur est fraîche et printanière :
Baiser chaste et divin du Bonheur triomphant !

Quel est ce frisson qui transporte
Et verse à l’être mille émois
Quand l’Amour naissant nous apporte
A vingt ans ses troublants abois ?
Quel est ce frisson dont notre âme
Est soudain joyeuse en ce jour,
Et dont la merveilleuse flamme
Fait de nous des dieux sans retour ?

C’est le baiser de l’amant à l’amante,
C’est le baiser de l’amante à l’amant
Dont la chaleur intime et pénétrante
Des paradis charnels anime le roman !

Quelle est donc cette étreinte chère,
Qui se donne auprès d’un berceau,
Cependant que, la mine fière,
D’orgueil on ressent un tressant?
Quelle est donc cette étreinte amie
Qui témoigne de l’union
Sans calcul, par l’Amour bénie
De deux âmes à l’unisson?

C’est le baiser de l’époux à l’épouse,
C’est le baiser de l’épouse à l’époux,
En contemplant, de tendresse jalouse,
L’enfant de leur désir riant à ses joujoux !

Quel est donc ce froid qui nous glace
A l’approche du froid hiver.
Alors que mainte ride trace
Sur nos fronts son sillon de fer ?
Quel est donc ce froid qui traverse
Nos regards recherchant le ciel ?
Quel est donc ce glas qui nous berce
De son calme rythme éternel ?

C’est le baiser de la Mort à la Vie,
C’est le baiser de la Vie à la Mort :
Baiser qui tue et la haine et l’envie,
Baiser juste où chacun, riche ou pauvre, s’endort !

(A. Gallais)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Si je suis avec mon Amour (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017




Je ne crains pas les coups du sort,
Je ne crains rien, ni les supplices,
Ni la dent du serpent qui mord,
Ni le poison dans les calices,
Ni les voleurs qui fuient le jour,
Ni les sbires ni leurs complices,
Si je suis avec mon Amour.

Je me ris du bras le plus fort,
Je me moque bien des malices,
De la haine en fleur qui se tord,
Plus caressante que les lices ;
Je pourrais faire mes délices
De la guerre au bruit du tambour,
De l’épée aux froids artifices,
Si je suis avec mon Amour.

Haine qui guette et chat qui dort
N’ont point pour moi de maléfices ;
Je regarde en face la mort,
Les malheurs, les maux, les sévices ;
Je braverais, étant sans vices,
Les rois, au milieu de leur cour,
Les chefs, au front de leurs milices,
Si je suis avec mon Amour.

Blanche Amie aux noirs cheveux lisses,
Nul Dieu n’est assez puissant pour
Me dire :  » Il faut que tu pâlisses « ,
Si je suis avec mon Amour

(Germain Nouveau)

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Ballade du coeur qui a tant battu (Péguy)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Coeur qui a tant rêvé
Ô coeur charnel
Ô coeur inachevé
Coeur éternel

Coeur qui a tant battu
Ô coeur profond
Ô coeur trouveras-tu
Jamais le fond

Coeur qui a tant battu
D’amour, d’espoir
Ô coeur trouveras-tu
La paix du soir

Coeur tant de fois pétri
Ô pain du jour
Coeur tant de fois meurtri
Levain d’amour

Coeur qui a tant battu
D’amour, de haine
Coeur tu ne battras plus
De tant de peine.

(Péguy)

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L’ÉCHO (Théodore Botrel)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



L’ÉCHO

Rôdant, triste et solitaire,
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié, le coeur très las :
La vie est triste ici-bas !
… L’écho m’a répondu : Bah !

Écho, la vie est méchante !
Et, d’une voix si touchante
L’écho m’a répondu : Chante !

Écho, écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’écho m’a répondu : « Crois ! »

« La Haine en moi va germer :
Dois-je rire ? ou blasphémer ? »
Et l’écho m’a dit : « Aimer ! »

Comme l’écho des grands bois
Me conseilla de le faire :
J’aime, je chante et je crois…
… Et je suis heureux sur terre !

(Théodore Botrel)

 

 

 

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